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Tome troisième.
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malgré la brièveté de ses ailes, entreprenddes voyages plus ou moins longs. On saitqu’il est sédentaire dans quelques pays,tandis qu’il est véritablement de passagedans d’autres.

Le Harfang , qui n’est pas naturel à l’Is-lande , y parait quelquefois, etil vient alorsdu Groenland . En 1817, on en prit un dansees parages ; il s’était perché sur le mâtd’un navire pour s’y reposer. Quoiqu’il soithabitant des régions boréales, on en voitquelquefois jusqu’en Livonie , où ils nichent;ees Oiseaux se montrent aussi accidentelle-ment en Allemagne et même en Hollande ,où l’on en tua en 1822.

La Chouette à longue queue, Sir. nisoria ,est dans le même cas : tout en habitantles contrées arctiques, elle vient jusqu’enAllemagne et même en France , mais jamaiselle ne descend jusque dans les pays mé-ridionaux. La Ch. de Tengmalm se voitaussi quelquefois dans le nord de l’Italie ;tandis que Meisner dit qu’en Suisse c’estun oiseau sédentaire. La Ch. nébuleuse,Sir. neimlosa , est de passage dans le Nord ;la Hulotte , Sir. aluco , vit et niche dans leNord, et en automne descend vers le Midi.La Ch. à huppes courtes , Str. braehyoïos,est de passage régul ier en Hollande, où on latrouve en automne sur le bord de la mer.— M. Boié a fait observer que cet oiseausuit les migrations des Lemmings, et quandces petits Quadrupèdes voyageurs arriventdans les contrées septentrionales, ils sontescortés par des Chouettes. Cet oiseau, gé-néralement assez rare en Suisse , ne s’yvoit qu’à l’époque du passage des Bécasses.Peut-être leurs voyages n’ont-ils pas d’autrescauses , et Pline dit que, dans leurs migra-'lions, les Cailles sont escortées d’un certainnombre d’Oiseaux de nuit, qui chaque joursans doute en enlèvent quelques unes.

La chair des jeunes Chouettes est d’un goûtassez agréable, et les Indiens de l’Amériqueseptentrionale estiment beaucoup en hiverla chair du Harfang , qui est fort gras danscette saison. Chez nous, les adultes ontla chair dure, amère , et quelquefois mêmefétide.

On remarque que les Chouettes portentavec elles une odeur fade et nauséabonde,dont la cause est inconnue. On l’attribueà leur séjour dans des lieux étroits et hu-

mides; mais celte odeur, qui persiste dansceux qu’on élève dans les maisons, est par-ticulière à ces Oiseaux, et tient peut-être àleur genre de nourriture.

Le genre Sirix est répandu depuis la Lapo-nie jusqu’à Java : ce qui n’empêche pas queccs Oiseaux ne paraissent plus essentiellesment propres aux contrées arctiques. Leurprésence dans les pays méridionaux ne pour-rait, vu cet habitat de prédilection, s’expli-quer que par leur genre de vie. Retirésdans des forêts profondes, ils éprouventune chaleur moins brûlante que dans lesplaines, et ils y trouvent un milieu plus sup-portable.

Un grand nombre d’espèces ont une dis-tribution géographique fort étendue. Ainsile grand IJucse trouvedepuis la Russie jus-qu’au cap de Bonne-Espérance . La Chouette,,le moyen Duc. le Scops, l’Effraie, sont dansle même cas, et leur plumage y subit à peinedes modifications. Le Harfang est le mêmepartout; la Ch.des monts Ourals,qui se trouveen Laponie, en Suède, en Russie et jusqu’enAllemagne , prouve l’inconvénienldedonnercomme noms spécifiques des noms de loca-lités que viennent contredire les découvertesnouvelles.

Plusieurs espèces ne dépassent pas cer-taines latitudes. Ainsi la Ch. chevêche,Sir. passerina, ne se voit jamais au-delà du55' degré, et d’après d’Azara, la Ch. suindane se trouve que vers le 27 e degré. La Che-vêche caburée se voit à l’est des Andes, et laChevêche à collier dans la zône torride.

L’Europe possède 14 espèces de Chouet-tes , dont quelques unes se trouvent aussidans les contrées les plus diverses, et l’A-mérique septentrionale n’est guère plusriche que l'Europe. L’Afrique n’en a de soncôté qu’un petit nombre, surtout dans lesparties les plus chaudes ; mais les deux con-tinents les plus riches en Oiseaux de nuitsont l’Asie, surtout les îles de la Sonde ,d’où l’on a rapporté des espèces nouvelles,en partie à pieds nus, et l’Amérique méri-dionale, encore plus favorisée sous ce rap-port; elle en a seule plus de 20 espèces,en admettant que celles rapportées et dé-crites par les voyageurs soient bien des es-pèces distinctes. La Nouvelle-Hollande, en-core inexplorée dans les parties centrales,ne parail posséder qu’un petit nombre d'es-