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pèces de Chouettes , parmi lesquelles l'Effraieest une des pl us communes. Au reste, ce queje dis ici est fondé seulement sur les donnéesactuelles , et l’on doit avouer que le dé-brouillement de la distribution géographiquede ces Oiseaux réclame encore des travauxlongs et sérieux.
Le cri des Chouettes n’a pas un caractèreuniforme; il varie suivant les espèces, etsouvent même la phonation est différentedans la même. Ainsi elle est triste et lugubredans leur cri de rappel et stridente dans lasurprise et la crainte, ce qui est sans douteen partie cause de l’aversion qu’inspirentles Soix, qui troublent par leur voix, quenous trouvons funèbre, le silence des nuits ;erreur grossière, puisque nous prenonspour les gémissements de la douleur ou lessons discordants de la haine et de la colèrele chant d’amour de ces Oiseaux.
Notre Chat-Huant, Str.siridula, fait enten-dre un cri sonore et traîné, en prononçanthou-hou , hou-hou. Ce cri est à peu près celuidu grand Duc, qui émet en volant le sonlugubre debou-hou,pou-hou,(m d’autres fois,c’est un simple jurement, semblable à ce-lui du Chat. Dans la grande Chevêche, Sir.ulula , c’est un hurlement approchant dessyllabes hou-hou, liou-hou, hou-hou, d’où lenom de Ulula en latin, de Huhu en allemand ,quisontde véritables onomatopées. L’Effraie,Sir. flummea, a la voix aigre et lamentablequ’on représente par les sy llabes crei, grei-grei, gre-grei , et d’autres fois c’est un souf-flement non mains triste che , chei, chue,Le Hibou, Sir. ous, répète sans cesse pen-dant la nuit un gémissement grave et pro-longé, clou, cloud. Notre Chevêche, Str. pas-serina, pousse en volant le cri de pou, pou,pou mais quand elle est posée, c’est un au-tre cri, plus aigre, qui peut être représentépar gniac, oc, prononcé avec précipitation,OU de cri, cri , cri, cri. Le Choucou, Sir.choucou, répète aussi un cri, cri, cri, cri, fortaigre et prolongé, qui devient plus précipitédans l’émotion, L’Urucurea pousse souventle cri d’alarme tchei-tchei ou le hou-houplaintif des autres espèces. Le cri de rappeldes Cholibas est lourourou-ioutou. La frayeurchange la voix des Chouettes , qui prennentpresque toutes alors le cri strident des Oi-seaux de proie diurnes. Elles font aussi cra-quer leur bec à la manière des Perroquets,
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et plus particuliérement quand elles secroient menacées.
Les peuples de tous les temps et de tousles pays ont attribué aux Chouettes uneinfluence malveillante. Pline dit, au cha-pitre XII de son livre X, que tous les Oiseauxqui volent la nuit et ont les ongles crochus,tels que la Chevêche , Noclua, le grand Duc,Bubo , et la Hulotte, Ulula, surtout le grandDuc, sont d’un mauvais présage, principale-ment en cequi touche les affaires publiques.Cet oiseau , dit-il, aime non seulement leslieux déserts , mais encore ceux qui sonthorribles et d’un accès difficile. C’est unmonstre qui ne crie ni ne chante , mais gé-mit et se plaint toujours : aussi n’apporte-t-ilque de mauvaises nouvelles quand on le voitde jour en ville ou quelque autre part que cesoit. Pline ajoute cependant, comme un cor-rectif de celte impression défavorable, qu'ilconnaît plusieurs maisons sur lesquelles legrand Duc s’est posé , sans qu’il y soit pourcela arrivé de malheur. Sous le consulat deSextus Papilius Ister et de Lucius Pédanius,un Duc pénétra jusque dans le Sancla sanc-lorum, par suite de quoi, le 5 mars suivant,on fit des processions générales pour apai-ser les dieux Ce préjugé, dont l’origine nenous est pas connue, est demeuré jusqu’ànous assez profondément enraciné, et leshabitants des campagnes regardent encoreles Chouettes comme desOiseaux de sinistreprésage; l’on croit que la présence de l’Ef-fraie sur la maison d’un malade est un pro-nostic de mort.
Ces préjugés n’ont pas empêché les méde-cins du moyen-âge, dont la science étaitpuisée dans les contes merveilleux des an-ciens auteurs sur les propriétés des corps ,de conseiller l’administration de certainesparties de ces animaux dans de graves ma-ladies. Les oeufs de l’Effraie, entre autres,passent pour avoir la propriété de causer uneaversion invincible pour le vin, quand onles avale délayés dans de l’eau-de-vie. Onne sait à quoi s’en tenir sur ce sujet: car onn’a pas trouvé de buveurs qui voulussentl’essayer.
Par une contradiction bien singulière etdigne d’être inscrite au livre des folles idéesde l’humanité , ces mêmes Oiseaux de pré-sage sinistre ont été choisis, par ceux quinous ont transmis leurs crovancesgrossières,