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pour l’emblème de la sagesse ; la Chouelteesl aussi inséparable de Minerve que l’Aiglel’est de Jupiter. Les érudits ont cherché àexpliquer le pourquoi de cette prédilection ,et pas un n’y a réussi. Athénée dit, d’apresAristophane , que les Chouettes étaient trèsnombreuses en Attique, et que cet oiseaudevint l’emblème d’Athènes , q ui était la villede Minerve. D’autres disent que c’est parcequecette déesse avait des yeux de Chouette.Esope dit, dans un apologue, que cet oiseaua su plaire à Minerve, à cause de la pénétra-tion avec laquelle il découvre les secrets del’avenir ; mais l’origine de ce rapprochementtout allégorique vient sans doute de l’aircalme et réfléchi des Oiseaux de nuit, dontla tranquillité, pendant le jour, sembleraitêtre un signe de méditation profonde etl’indice d’une grande sagacité.
Les Grecs, en regardant les Chouettescomme des symboles de sagesse et de pru-dence , avaient apporté un correctif aux ré-pugnances qu’excitaient ces Oiseaux, et nousn’avons pas de justification pour l’aversionqu’ils nous inspirent, et pour la proscrip-tion dont ils sont l’objet. Il semblerait quedisgracieux et nuisible fussent deux termesinséparables, etnous croyons excuser notrepersécution par notre répugnance. Les Ra-paces diurnes, hardis voleurs, viennent aumilieu de nos basses-cours enlever nos Pou-les et nos Pigeons, détruisent le gibier des-tiné à nos plaisirs ; en leur faisant la guerrenous usons de représailles. Les Chouettesne sont pas dans ce cas : en détruisant lespetits Rongeurs qui vivent aux dépens denos récoltes, et les insectes qui pullulentdans nos champs, elles nous rendent assez deservices pour qu’on leur pardonne le meur-tre de quelques petits Oiseaux, leurs crisaigus et discordants, et leur air gauche etridicule. Si l’on examinait de prés les Oiseauxde nuit, on verrait que leur plumage estloin d'être désagréable. Ils n’ont pas, il estvrai, le plumage brillant du Colibri, maisleurs teintes fauves sont agréablement va-riées. Le Harfang , au plumage blanc mêléde noir dans sa jeunesse, blanc de neigedans son âge adulte; l’Elfraic, à la couleurcannelle, si finement tachetée de brun;et le grand Duc , dont le plumage plus sé-vère est pourtant plus chaudement teinté ,nous montrent que les Oiseaux de nuit sont
aussi jolis que la plupart des Gallinacés etque presque tous les Rapaces diurnes. Noustirons à notre insu avantage de leur pré-sence, et nous ne leur en savons nul gré.En élevant les petites espèces dans nos jar-dins, dans nos greniers, et en les laissant semultiplier en paix, nous comprendrions bienmieux notre intérêt qu’en mettant le longde nos murs des pots pour donner à cou-ver aux Moineaux , petits pillards qui nousgrugent pour nous témoigner leur grati-tude.
Tous les Oiseaux de nuit s’apprivoisentavec facilité et deviennent familiers ; ils n’ontbesoin que de quelques jours pour devenirles utiles commensaux de la maison , et ilstémoignent alors une confiance égale à tousceux qui les approchent. Les Chiens cepen-dant les effarouchent un peu par la pétu-lance de leurs mouvements, et ils s’habituentplus facilement aux mœurs silencieuses etnonchalantes du Chat. On élève des grandsDucs, qui ne se montrent jamais aussi mé-chants que les Rapaces diurnes ; le Nacuruluvit en domesticité dans les maisons, et n’atta-que aucun des Oiseaux de la basse-cour, aumilieu desquels il vit en paix, si l’on a soinde lui donner à manger. L'Effraie, l’espècela plus farouche, s’apprivoise quand elle estprise jeune. La Chouette à terrier et le Cho-liba sont dans le même cas. Le Scops se fa-miliarise sans peine , et sait trouver sa sub-sistance si on le néglige, sans pour celachercher à s’échapper.
J’ai successivement eu dans ma maisonun moyen Duc et une Chevêche. Le premieravait son plumage adulte quand il me futdonné, et on le laissa immédiatement courirdans le jardin ; chaque soir seulement onl’allait chercher pour lui donner à souper.Au bout de quelques jours, il vint lui-mêmefrapper à la porte à l’heure accoutumée,sauta sur la table, et demanda à manger parun cri sourd et peu articulé. Le repas ter-miné, il descendait au jardin , et passait lanuit à se promener sans incommodité pourle jardinier. Dès que le jour paraissait il serelirait dans un coin à demi éclairé, etparaissait assez offusqué par la lumière. Ilne tarda pas à être étranglé par un Boulc-Dogue , de la cabane duquel il s’était appro-ché sans défiance. La Chevêche, non moinsfamilière / avait plus de gentillesse; elle se