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Tome troisième.
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CHO

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laissait volontiers caresser, à toute heure dela journée, sans être incommodée par le grandjour, et souvent elle sortaitd’elie-même pourchercher des Insectes , dont elle faisait unedestruction fort active. Elle continua sachasse très avant dans la saison ; et à uneépoque où les Insectes se montrent à peine,elle en mangeait encore assez pour rejeterdeux fois le jour une pelote de débris d’ai-les, d’élytres, etc., grosse à peu près commele bout du doigt. Quoiqu’elle mangeât volon-tiers de tous les aliments qu’on lui présen-tait , elle aimaitsurtout la viande crue, et jel’ai vue plus d’une fois restée pendue par lesongles et le bec àun morceaud’intestin, pen-dant plus de dix minutes, sans lâcher prise.Chaque fois qu’on essayait de le lui retirer ellepoussait un cri aigu et strident, et témoignaitune vive colère. La vue des petits Oiseauxlui causait de l’irritation ; elle se jetait sou-vent même avec fureur sur des Oiseaux enpeau, et les frappait de ses ailes à coups re-doublés. Quand ils étaient assez légers pourqu’elle pût les emporter, elle s’envolait avec,et se retirait dans un coin pour les y plumersans trouble.

A la même époque vivait dans la maisonun Choucas, qui s'était pris d’une affec-tion singulière pour mon Chien. La Che-vêche fuyait ce dernier; mais elle recher-chait la compagnie d’un jeune Chat aveclequel elle jouait, et je les ai plus d’une foistrouvés couchés ensemble dans un panierassez étroit pour qu’ils fussent obligés de sepresser réciproquement afin d’y trouverplace.Le Choucas et la Chevêche étaien t enne-mis mortels, et après plusieurs rencontresdans lesquelles le Corbeau, malgré son becrobuste et la supériorité desa taille, n’avaitpas eu le dessus, ils s’évitaient mutuelle-ment, et s’étaient pour ainsi dire partagé lejardin : chacun avait son district et n’ensortait pas. La nuit arrivée, la Chevêche devenait maîtresse absolue du terrain, etcourait partout à petits pas, mais si préci-pités qu’on les eût pris pour le trottinementd’un Rat. Elle répondait par un petit cri :cri, cri, cri, au nom deHoit-lwu qui lui avaitété donné, et se plaisait fort dans notre com-pagnie, qui lui devint funeste ; car elle futécrasée vers le commencement de l’hiver,après avoir eu l’extrémité du tarse fracturé.Sans paraître chercher l’eau d’ellc-mcrnc ,

elle buvait chaque fois qu’on lui en présen-tait, et plongeait dans le vase le bec tout en-tier sans témoigner trop de défiance.

Jamais je ne l’ai vue se baigner; maischaque fois qu’il pleuvait, elle allait se cou-cher sur le sable les ailes étendues, et té-moignait par un frémissement général leplaisir qu’elle éprouvait. Elle paraissait éga-lement aimer à s’étendre dans la poussière,et restait quelquefois immobile dans le sablependant un quart d’heure, les ailes ouverteset la tête appliquée contre la terre.

Par une habitude commune à tous les Oi-seaux de ce groupe , lorsque quelque chosefixait son attention , elle ouvrait de grandsyeux, se gonflait en hérissant ses plumes,se dressait sur ses pattes , et s’accroupissaitplusieurs fois de suite en tournant la tète eten faisant des mines fort amusantes.

Si nos Oiseaux de proie nocturnes d’Europe sont tous susceptibles d’être apprivoisés,ils ne peuvent néanmoins vivre dans l’escla-vage étroit d’une volière, et ne se plient aujoug de la domesticité qu’à la condition derester libres. Tous ceux qu’on a cherché àélever en captivité sont morts au bout dequelques jours , après avoir refusé obstiné-ment toute nourriture, à moins cependantqu’on ne les ait pris fort jeunes; mais onne peut trouver aucun plaisir à élever encage des Oiseaux tristes et au plumage som-bre , et l’on a plus d’avantage à les laisserlibres ; ils rendent alors dans les jardins devéritables services. Il va sans dire que lespetites espèces, plus insectivores que carni-vores , sont celles qu’il faut élever de préfé-rence.

J’ai déjà dit que tous les Oiseaux haïssentmortellement les Chouettes, et les poursuisvent avec acharnement dès qu’ils les aper-çoivent pendant le jour. On s’est servi decette antipathie pour faire tomber dans lepiège des Oiseaux de toutes sortes. On dres-sait jadis le Duc pour la chasse des Falco-nidées, et au moyen d’un oiseau bien dressé,on attirait le Faucon , le Gerfaut , Hiero-falco candidans, le Lanier, Falco laniarius,l’Émérillon , Falco assalon, et le Hobereau ,Falco subbuieo. A peine un de ces Oiseaux .

[ quelle que fût la distance, apercevait-il le! Duc que l’oiseleur faisait voleter pour fixer| leur attention , qu’il descendait sur l’arbre-! au-dessous duquel était la loge renfermant