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de l'Esturgeon , et le Taisait périr en lut su-çant le sang. Il est très probable ici qu'ils’agissait d’une Ammocette { Pelromyzonbranchialis ), si toutefois Pline ne donnaitpas le nom de poisson à tout animal vi-vant constamment dans l’eau , comme on leverrait faire de nos jours, pour quelques Hi-rudinées, par des hommes qui ne se pique-raient pas d’une grande exactitude en par-lant des productions de la nature. Quoi qu’ilen soit, le Clupea de Pline était fort diffé-rent de nos Harengs , de nos Sardines, denos Aloses, Poissons réunis par Arlédi etpar Linné , et ensuite par leurs copistes, augenre Clupea. Il comprenait, dans l’espritd’Arlédi, le Hareng , l’Alose , l’Anchois etla Sardine. Cette dernière espèce est mal ca-ractérisée par cet ichthyologisle ; mais l’es-pèce qu’il confond avec elle en est voisine etdu même genre. Cette coupe était donc na-turelle et bien formée. Linné y ût entrerplusieurs autres espèces, puisque, dans la10 e édition, il en porte déjà le nombre à dix ;mais il commence à l’altérer, car, en con-servant dans la diagnose du genre le nombrehuit pour les rayons branchiostèges , il yplaçait des espèces qui en ont davantage , etd’autres qui en ont moins , et qui, exami-nées avec détails, ne sont pas du mêmegenre que le Hareng ou la Sardine. Bloch etLacépéde augmentèrent encore la confusiondans ce genre, jusqu’à ce que Cuvier, repre-nant tout ce travail, et y portant son esprit desaine et admirable critique, ait fait du genrede Linné une famille naturelle sous le nomde Ctupes, et ait laissé à l’un des genres qui lacomposentle nom latin de Clupea , pour dési-gner la coupe qui comprendra le Hareng, laSardine, et les espèces voisines de nos mersou des mers étrangères, ot en n’y comprenantpas les Aloses, qui constituent un autre genrede celle famille. Nous traiterons de tous cesgenres à leurs articles respectifs comme nousl’avons déjà fait pour celui de l’Alose.
Quant à la famille des Clupes, elle est ca-ractérisée par la forme de sa mâchoire supé-rieure, bordée, comme dans les Salmonoides,par de petits intermaxillaires , et par desmaxillaires qui prennent quelquefois unallongement si considérable, qu’on les pren-drait pour des barbillons ; et elle diffère decelle-ci par l’absence de nageoire adipeuse.Le corps est comprimé, le ventre souvent
tranchant, les écailles sont grandes et ordi-nairement peu adhérentes. L’estomac est al-longé , le pylore entouré d’un grand nombrede cæcums ; la vessie, souvent très grande,communique ordinairement directementavec le fond de l’estomac.
Un grand nombre de ces Poissons ont lesmêmes habitudes que les Saumons ; ils en-trent dans les rivières, et y remontentsouvent assez haut en troupes innombra-bles pour y frayer. Les Clupes sont aussi,comme eux , sujets au même dépérissementaprès avoir lâché leur frai. Ils descendentà la mer pour s’y développer dans ses pro-fondeurs , et n’en sortir que pour atteindrele même but de la reproduction de l’espèce.
(Val.)
CLUSEAL. BOT. PH. POyez CLUNEAU.
CLUSIA (Ch. Lécluse, botaniste français du xvi* siècle, mort en 1609). bot. ph. —Genre type de la famille des C.lusiacées et dela tribu desClusiées, formé par le père Plu-mier, et renfermant vingt-cinq ou trente es-pèces, la plupart encore peu connues et in-complètement décrites. Ce sont en généraldes arbres guttifères, d’un port élégant,dressés ou s’appuyant sur les arbres voisins,qu’ils enlacent et étouffent souvent, à feuillesamples, épaisses, lisses, luisantes,énerves,très entières, décussées-opposées ; à pétiolesrenflés-spathulés ou comme cucullés à labase, éstipulés ; les fleurs, souvent grandes,belles, blanches , roses , rouges ou jaunes ,ordinairement nutar.tes, sécrètent de leurtorus une espèce de résine.
Les auteurs ne sont pas d’accord sur le ca-ractère sexuel de ces arbres, car il résulte deleurs descriptions qu’ils seraient ou monoï-ques , ou hermaphrodites-polygames, oumême dioiques. Endlicher , résumant les opi-nions de ses devanciers ( Gen. PL, 5458), lesdit seulement hermaphrodites-polygames.Or une des principales et des plus belles es-pèces (le C. rosea, observée par Jacquin, enAmérique , et par nous , dans les serres duMuséum d’histoire naturelle, où elle fleuritdepuis plusieurs années, semble ne produireque des fleurs femelles. Les échantillons con-servés dans les plus riches herbiers sont tel-lement incomplets, qu’on ne saurait asseoir,d’après leur examen , une opinion vraimentrationnelle sur leur sexualité complète, sé-parée ou mixte. Malheureusement, sur les