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de passage. Ils arrivent chez nous en avril,â l’époque où les arbres commencent à secouvrir de feuillage , et chantent peu deours après; à mesure qu’on remonte versle Nord on les voit arriver plus lard, et enSuède ils ne paraissent qu’à la mi-mai. Dansces climats rigoureux, vers la fin de juillet,ils se préparent à partir, et chez nous ils nepartent qu’à la fin d’août ou à la mi-sep-tembre. Les jeunes oiseaux nés dans le Nordse voient jusqu’en octobre , suivant la dou-ceur de la température. Ils passent la Médi-terranée , gagnent l’Afrique sans doute, et sevoient à Malte deux fois par an ; en Sar-daigne , on commence à les voir à la mi-avril, et à la fin d’août leurs chants ontcessé.
Ces oiseaux partent seuls pendant la nuit,quelquefois par eouple et au nombre de troisau plus. Les mâles reparaissent quelquesjours avant les femelles, et reviennent tou-jours dans les mêmes cantons.
Les ennemis des Coucous sont rarementles oiseaux de proie, mais les Chats, lesRenards , les Martres, les.Eelettes, les Rats,tes Corbeaux , les Geais , etc.
On peut encore mettre au nombre de leursennemis, non pas à cause du mal qu’ils leurfont, mais de la haine qu’ils leur portent,les oiseaux insectivores dans le nid desquelsils vont déposer leurs œufs ; les Pirolls et lesHirondelles, sans être exposés aux mêmesinconvénients, ne peuvent les voir paraîtresans les poursuivre en criant. Le Coucou,malgré son caractère hargneux, fuit devantces faibles adversaires.
Les parasites du Coucou sont plusieurs es-pèces i e Philoptércs et de l.iotheum.
On ne connai t pas la durée exacte de la viedu Coucou; on peut seulement inférer desfaits de la vie du nôtre qu’ils doivent vivreassez longtemps ; car Naumann voit depuis25 ans un même Coucou revenir dans lemême canton, et il le reconnaît à son chantparticulier.
La chasse du Coucou est fort difficile :leur caractère sauvage et défiant empêchequ’on ne les approche, surtout les adultes.Les jeunes, moins expérimentés, sont plusfaciles â tuer. On prend cependant les vieuxa l’appeau , et j’ai connu un garde, granddestructeur de Coucous, qui imitait si par-faitement leur cri, qu’il n’en passait pas dans
son district qu’ils ne vinssent à sa voix se per-cher assez près du lieu où il était caché pourqu'il pût les tirer.
La chair du jeune Coucou n’est pas mau-vaise, et l’on peut même en automne man-ger la chair de cet oiseau , qui est très mai-gre au printemps; mais sa réputation em-pêche qu’on ne le serve sur les plus pauvrestables, dans bien des pays. On peut ensuitese demander si le plaisir de faire un acted’adresse, en tirant un oiseau d'une appro-che difficile , peut autoriser à donner lamort à un être essentiellement utile, et quin’a même pas le privilège de satisfaire lasensualité du meurtrier.
On ne sait à quoi attribuer la défaveurdans laquelle est tombé cet oiseau, qui estcertes un des plus utiles, et qui ne fait jamaispayer ses services par des dégâts. Dans beau-coup de pays cependant on regarde le Cou-cou comme un oiseau de mauvais augure-On croit en Allemagne que le cri du Coucouest pour les enfants qui l’entendent au prin-temps un indice certain du nombre d’an-nées qu'ils passeront sur cette terre; pourles jeunes filles, il présage le temps qui doits’écouler jusqu’à ce qu’elles aient trouvéunépoux. Les vieilles femmes, qui n’ont plusde prétention nià une longévité fabuleuse, nià l’amour, se contentent d’aller modeste-ment prendre la terre de la motte sur la-quelle il était posé quand elles l’ont entenduchanter pour la première fois, et la croientbonne contre les puces. On attribue la mêmevertu à la terre qui se Irouve sous le pieddroit de celui qui l’entend chanter en desemblables circonstances.
Aujourd’hui même, malgré le progrès deslumières, on entend dire encore dans lescampagnes que le Coucou se change en oi-seaude proie vers la Saint-Jacques , et qu auprintemps , reprenant sa forme première,il revient dans nos climats sur le dos duMilan , qui se prête complaisamment autransport. On veut qu’il jette sur les végé-taux une bave de laquelle naissent desinsectes qui le tuent; c’est sans doute l’é-cume des Cercopes qu’on a prise pour la sa-live du Coucou. Comme la migration de cetoiseau a en soi quelque chose d’extraordi-naire, on a cru, en trouvant dans les arbrescreux des Coucous trop jeunes ou trop ma-lades pour partir, et dépouillés de leur plu-