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Tome quatrième.
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plus des deux autresque ceux-ci ne diffèrententre eux, on peut dire que les Crocodiliensactuels ne constituentdans leur ordre qu’uneseule famille, c'est-à-dire un seul véritablegenre linnéen.

I-es Crocodiles se nourrissent exclusive-ment de chair, et les Poissons forment leurpâture la plus ordinaire. Le Gavial paraitn’en pas rechercher d’autre, et ses longuesdents, à peu près disposées sur son museauétroit et allongé comme celles des Dauphinsplatanistes et de certains autres animauxcarnassiers fluviatiles et d’embouchure, luipermettent de saisir aisément les poissons lesplus lisses et ceux dont le corps est le mieuxprotégé. Les Crocodiles et les Caïmans ont lagueule plus élargie; leur corps, moins al-longé , leur permet de se mouvoir plus aisé-ment lorsqu’ils ne sont pas submergés, etsouvent ils s’embusquent dans les maréca-ges pour attraper les Oiseaux aquatiques,les Mammifères et même d’autres Reptiles.Quand ils ont saisi une proie volumineuse,ils l’entraînent sous l’eau, et après l’avoir as-phyxiée , ils la laissent macérer dans quel-que endroit retiré : c’est ainsi que des hom-mes sont parfois enlevés par les Crocodiles,« mais on croit à tort qu’ils sont avalés par cesanimaux.

Tous les Crocodiliens ont besoin d’unetempérature assez élevée : aussi, dans les par-ties froides de l’Amérique , où l’on en trouveencore, s’engourdissent-ils pendant la mau-vaise saison. Sous l’équateur, les grandes cha-leurs de l’été les endorment également, etcette espèce d’estivation coïncide avec le des-sèchement des lacs où ils se tenaient. Pourles conserver longtemps en captivité dansnos climats , il faut aussi les soustraire à lasécheresse et au froid. Au Muséum, on lestient à demi plongés dans des cuves cons-tamment chaudes ; mais ils témoignent ra-rement une grande activité. Souvent mêmeleur affaissement est tel qu’on pourrait lescroire morts. On n’en a pas encore vu pro-duire ni même s’accoupler chez nous. Onles nourrit avec de la viande; mais ils res-tent quelquefois plusieurs mois sans manger,et cependant ils ne maigrissent guère, cequi dépend surtout du peu de perméabi-lité de leur enveloppe tégumentaire. Lors-qu’ils sont dans l’eau et qu’on met des pois-sons vivants avec eux, ils les prennent et

les avalent, mais il faut leur faire déglutirles morceaux de viande, de bœuf parexemple, qui font la hase de leur alimen-tation. Dans les moments d’activité, ilscherchent à mordre, et leur colère a quelquechose d’effrayant par la grande ouverture deleur bouche, dont les dents aiguës sont alorscomme autant d’aiguillons menaçants, et parl’espèce de rugissement qu’ils produisentenintroduisant ou chassant l’air de leur respi-ration. Dans les circonstances défavorablesoù ils sont placés, quelques soins qu’on ailpour eux, ils profitent peu, et leur accroisse-ment, même dans les jeunes, est extrême-ment lent. La durée de leur existence paraitconsidérable. Plusieurs répandent une odeurmusquée, due à des glandules renferméessous la gorge dans deux petites poches.

On connaît 15 ou 18 espèces de ces ani-maux , mais qui n’ont pas encore été rap-portées toutes à l’état vivant en Europe ;c’est de l’Amérique septentrionale qu’ils nousviennent le plus souvent. La ménagerie duMuséum possède en ce moment un Caïmanau museau de brochet, long de prèsde8 pieds14 espèces de Crocodiliens sont décrites avecsoin dans le 3 e vol. du grand ouvrage erpé-tologique de MM. Duméril etBibron.i Nous commencerons l’énumération des| espèces anciennement ou nouvellement cou-; nues par les Caïmans.

PREVU ES SOUS-GENRE.

Caïmans.

On ne les trouvequ’en Amérique,et les pré-tendus Caïmans dont on a parlé aux Philip'pines et ailleurs, dans l’ancien monde sontbien sûrement des Crocodiles propremeiddits; mais ils ne sont pas, comme on Pavaitd’abord écrit, les seuls Crocodiliens de l’Auie-rique, ce continent nourrissant aussi deu*véritables Crocodiles (1). Le caractère essentieldesCaïmans est d’avoir les dents inférieuresde la 4' paire enfoncées dans des fossettes de I*mâchoire supérieure. Celles de la l r * P a,resont aussi dans ce cas comme dans I es cr°'codiles. D’autres traits distinctifs de ces Rep

tiles sonl tirés de la forme légèrement arrondie de leurs pattes de derrière, de l’absenceà peu prés complète de crête dentelée le 1°“^du bord postérieur de celles-ci , et de

{i) Cracoditus rhombifer Pt acutui.