388
CRU
soit de la solidité à leur articulation. Lesmuscles antagonistes qui doivent mettre enjeu le levier s'attachent au bord de celui-cidans l’un et l’autre espace compris entre cesdeux jointures, et il en résulte que les mou-vements d’une pièce ne peuvent avoir lieuque suivant un seul plan. Les articulationssont de l’ordrede celles appelées par les ana-tomistes des ginglymes angulaires, et les le-viers ne peuvent exécuter des mouvementsvariés qu’à la condition d’offrir un nombreconsidérable d’articulations, dont les direc-tions varient entre elles. Dans le tronc cettediversité n’existe jamais ; les anneaux mo-biles s’articulent entre eux latéralement, defaçon que ces pièces ne peuvent se mouvoirque dans le sens vertical, et déterminer soitla flexion, soit l’extension du corps ; mais lesmembres jouissent en général d’une mobi-lité plus grande, ayant la faculté de se cou-der dans divers sens. Il est aussi à noterqu’en général, les muscles fléchisseurs sontbeaucoup plus puissants que les extenseurs.
Les Crustacés vivent presque tous dansl'eau : aussi est-ee principalement au moyende la natation qu’ils changent de place ; maisla plupart d'entre eux peuvent aussi mar-cher et sont pourvus d’organes affectés spé-cialement à cet usage. La natation a lieutantôt par les mouvements des membres dela portion moyenne ou thoracique du corps,tantôt par ceux de l’extrémité postérieuredu tronc. A l’aide des premiers l’animal seporte en avant ou de côté , et par le moyendes seconds il recule avec une grande rapi-dité. Chez les espèces dont l’extrémité posté-rieure sert comme rame natatoire, l'abdo-men se compose toujours d’un certain nombrede segments mobiles les uns sur les autres,et se termine par une nageoire horizontale,qui est en général composée de cinq lamesdisposées en éventail. L’une de ces piècessituée sur la ligne médiane n’est autre choseque le dernier anneau de l’abdomen trèsaplati ; tandis que les deux pièces de chaquecôté sont formées par les membres du pé-nultième segment, dont le développementest très considérable ; elles sont insérées surun article basilaire commun, qui, à son tour,naît de la partie latérale et postérieure dupénultième anneau. Chez quelques Crusta-cés essentiellement nageurs (les BranchipesctlesLimnadics par exemple), tous les mem-
CRU
bres situés à la suite de l’appareil buccal sontélargis, foliacés, et propres à agir seulementà la manière de rames flexibles ; mais chezles espèces conformées pour marcher, aussibien que pour nager, ou qui sont essentiel-lement terrestres, ce sont seulement le*membres des divers anneaux appartenant àla portion thoracique du corps qui consti-tuent des pattes pour la locomotion. C’estalors la branche interne du membre qui, sedéveloppant beaucoup plus que les autresparties, ou même existant seule, s’allongeen forme de petite colonne articulée, et at-ténuée vers le bout. Lorsque la patte doit ser-vir alternativement à la marche et à la nage,son dernier article est aplati et élargi, tandisque les pattes destinées exclusivement à lamarche se terminent par un article coniqueou styliforme. Enfin il arrive souvent aussique ces organes deviennent en même tempsdes instruments de préhension, et alors leurdernier article se reploie contre le précédentà la manière d’une griffe , ou bien le pénul-tième article se prolonge parallèlement a»dernier, de façon à constituer avec lui unepince à deux branches.
Sensibilité. — D'après la nature du sque-lette tégumentaire des Crustacés , il est évi-dent que la sensibilité tactile ne peut être quetrès obtuse sur la plus grande partie de I®surface du corps de ces animaux. Ce sens pa-rait s’exercer principalement par l’intermé-diaire des appendices qui appartiennent ausecond et au troisième anneau céphalique,et qui constituent les antennes. Dans quelquesCrustacés des ordres inférieurs, ces organe»sont rudimentaires ou disparaissent mêmecomplètement, et dans d’autres espèces onn’en trouve qu’une paire; mais, dans l’iwrnense majorité des cas , il en existe deu*paires situées au-devant de l’appareil buccalet en arriére des pédoncules oculaires lors-que les yeux sont mobiles. Dans leur état deplus grande simplicité , ils ont la formed’une tige grêle, arrondie et articulée, dontla portion basilaire, plus grosse que le reste,constitue une sorte de pédoncule ; mais quel-quefois il nait à l’extrémité ou à la base dece pédoncule soit une pièce lamellaire, so' 1un ou deux appendices filiformes qui sem-blent représenter le palpe et le fouet de*membres thoraciques. Ces antennes jouis-sent ordinairement d'une sensibilité irt *