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Milésies recherchent l’Aubépine, que les Syr-phies préfèrent la Mélisse , la Renoncule , etque les Tachinaires affectionnent les Daucus et les Heraclæum. Pendant l’été et l’automne,la pulpe des fruits sucrés attire des essaimsde Muscides ; d’autres enlèvent la miellée desPucerons répandue sur les feuilles, ou l’hu-meur qui découle des ulcères des arbres.Enfin toutes nos substances alimentaires at-tirent dans nos habitations la Mouche do-mestique , ce type des parasites.
De tous les organes des sens dont les Dip-tères paraissent doués, le plus développé chezeux , du moins chez les Muscides, c’est l’o-dorat, bien qu’on n’en connaisse pas le siège.Ce qui le prouve d’une manière incontes-table , c’est que les espèces de cette tribu quiont coutume de déposer leurs œufs dans lesmatières animales décomposées, trompéespar l’odeur de chair putréfiée qu’exhalentcer-taines plantes , telles que les Siapelia , 1 ’A-rum dracunculus , le Phallus impudicus , etc.,vont les confier à différentes parties de cesplantes. Elles peuvent cependant s’assurerpar la vue et leurs organes tactiles de leurerreur; mais l’impressionodorifique est tel-lement puissante, qu’elle l’emporte sur cellede la vision et du toucher, et fait dévierl’instinct de ces insectes dans un de ses actesles plus importants, la conservation de l’es-pèce ; car on conçoit que les larves qui nais-sent de ces œufs meurent d’inanition aumilieu d’une substance végétale qui ne peutles nourrir.
Les amours, quoique généralement mysté-rieuses chez les Diptères , laissent quelque-fois percer le voile qui les enveloppe. C’estdans les airs que l’union des sexes a le plussouvent lieu; elle provoque tantôt ces réu-nions innombrables de Tipulaires et d’An-thomyes dont les danses aériennes sont dedoux préludes, tantôt les évolutions soli-taires du Taon impétueux, qui vole en uninstant à l’extrémité de la longue avenued’une forêt, s'arrête pour regarder autour delui, se précipite à l’autre extrémité, s’arrêteencore en recommençant cent fois le mêmemanège, jusqu’à ce qu’enfin, découvrantune femelle, il s’élance à sa poursuite. Chezles Empides, les amours sont toujours pré-cédées d'une chasse aux petits Insectes, etl’on voit souvent la femelle , quoique réunieau mâle, continuer à sucer sa proie.
Lorsque les soins de la maternité com-mencent, c’est alors surtout que les Diptères déploient l’instinct dont la nature les a silibéralement doués. Cette faculté, qui n’apas encore été bien expliquée, leur suggèreles précautions les plus variées pour assu-rer la subsistance de leur progéniture , etquelquefois les ruses les plus raffinées pouratteindre ce but (1). Les uns, comme tantd’autres insectes, se bornent à confier leursœufs à la terre ; d’autres les déposent sur lescorps en décomposition , qui doivent servirde pâture à leurs larves. Une partie des Né-mocères et des Notacanthes les répandentsur les eaux, en les réunissant quelquefoisavec beaucoup d’industrie en légers radeaux.Il y en a, tels que les Cécidomyies et lesTéphrites , qui les fixent sur les bourgeonsdes plantes, où il se forme dès ce momentdes galles dans lesquelles les larves se dé-veloppent comme celles des Cynips et desDiplolèpes. Plusieurs races destinent à leurpostérité une nourriture animale. Les Syr-phies placent leurs œufs au milieu des grou-pes de Pucerons , et leurs larves , quoiqueaveugles, y trouvent la plus ample pâture;les Volucelles donnent pour berceau à leurslarves les nids des Bourdons, où elles exer-cent de grands ravages. Les Tachines se mon-trent encore plus redoutables aux autres in-sectes, et particulièrement aux Lépidoptères :elles insèrent leurs œufs sur les Chenilles,comme les Ichneumons ; les larves y viventde la substance adipeuse qui y abonde, etles font périr en se développant. Quelquesunes d’entre elles déploient un instinct bienplus compliqué : elles destinent pour alimentà leurs petits les cadavres d’insectes queles Hyménoptères fouisseurs ont portés dansleurs souterrains pour la nourriture de leurslarves. Afin d’efiectuer ce hardi dessein,la Tachine épie le moment où le Philanthesort du trou où il a déposé ses œufs sur laproie qu’il renferme, et elle y dépose éga'lement les siens. La larve de la Tachine ,plus hâtive que celle de l’Hyménoptère , dé-vore avant elle la victime qui était destinée àcelle-ci, et ne lui en laisse que la peau. Enfibun instinct non moins admirable se mani-feste dans les OEstrides. Ces Diptères dépn"
(,) On n vu cependant plus haut, au sujet de l’odorat. T 1 ®cet instinct les trompe quelquefois.