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distingue des deux autres par les caractèressuivants : Antennes en massue, c’est-à-direplus ou moins renflées à l’extrémité. Corpsgénéralement peu velu, petit relativementaux ailes et présentant un rétrécissementnotable entre le corselet et l’abdomen. Lesquatre ailes d’égale consistance et d’égalegrandeur quoique de forme différente, nonretenues ensemble par un frein ( voy. cemot) et se relevant perpendiculairementl’une contre l’autre dans l’état de repos , àquelques exceptions près. Trompe cornée,plus ou moins longue et toujours roulée enspirale dans le repos.
A ces caractères tirés de l’insecte parfaitviennent se joindre secondairement, c’est-à-dire sans pouvoir être mis sur la même ligne,malgré l’opinion contraire de quelques ento-mologistes , ceux fournis par les premiersétats. Ainsi l’on a observé que toutes les che-nilles connues des Diurnes, car on n’en con-naît encore qu’une faible partie, ont seizepattes et se métamorphosent à l’air libre,sans se renfermer dans des coques, exceptédans la tribu entière des Hespérides et quel-ques genres de celles des Papilionides et desPiérides, où elles s’enveloppent d’un légerréseau avant de se changer en chrysalides.Dans ce cas, celles-ci ont des formes arron-dies comme chez les Crépusculaires et lesNocturnes , tandis que toutes les autres sontplus ou moins anguleuses et suspendues,tantôt perpendiculairement à l’horizon, ettantôt parallèlement au plan de position.Dans le premier cas , elles sont attachéespar l’extrémité anale de l’abdomen et parconséquent elles ont la tête en bas; dans lesecond cas, outre qu’elles sont retenuescomme celles-ci par la pointe abdominale,elles le sont par un lien transversal entou-rant comme une ceinture le milieu du corps.Ces deux modes d’attache présentent quel-ques exceptions ou quelques anomalies quiseront mentionnées aux tribus ou aux genresdans lesquels elles existent.
Du reste, les Lépidoptères diurnes ont unfaciès si différent des Crépusculaires et desNocturnes, qu’il suffit d’un peu d’habitudepour les distinguer de ceux-ci à la premièrevue, et de faire attention à la forme des an-tennes pour sortir d’incertitude, dans le casoù ce faciès serait douteux. En effet, chez lesDiurnes seuls, les antennes sont réellement
en massue, c’est-à-dire terminées par un ren-flement tantôt brusque , tantôt se formantinsensiblement au-delà du milieu de la tige,ce qui les distingue dans ce dernier cas decelles des Zygènes qui appartiennent auxCrépusculaires, et chez lesquelles ce renfle-ment part de beaucoup plus bas et diminuesensiblement avant d’arriver à l’extrémitéde l'antenne , qui est alors plutôt fusiformeque claviforme. Indépendamment de cela lesantennes des Zygènes sont contournées encornes de bélier.
Ainsi que l’indique leur nom, les Diurnesne volent que pendant le jour, encore faut-ilpour cela que le soleil ne soit obscurci paraucun nuage. Excepté quelques espèces, ilsne se montrent que pendant les heures lesplus chaudes de la journée, c’est-à-dire deonze heures à trois. Organisés essentielle-ment pour s’abreuver du nectar des fleurs,c’est un charmant spectacle que de les voirvoltiger de l’une à l’autre, dérouler leurlongue trompe et la plonger dans leurs co-rolles , dont l’éclat est presque toujourseffacé par celui de leurs ailes. Cependantpar un contraste singulier avec l’élégancede leurs formes et la vivacité de leurs cou-leurs, la plupart des Nymphalides préfèrentau suc miellé des fleurs la partie fluide desexcréments des animaux , et même de leurscadavres en putréfaction ; quelques espècesdu g. Yanesse sucent avec avidité les fruitspourris et les liquides sécrétés par les plaiesdes arbres. Quant aux localités qu’ils habi-tent, elles varient suivant les tribus ou lesgenres, et même les espèces: les uns pré-fèrent les terrains secs et arides; les autres,les prairies et le bord des eaux. Il en est quine se trouvent que dans les pays de plaine,tandis que d’autres sont propres exclusive-ment aux montagnes ; mais dans tous lescas, ce sont les contrées boisées et incultesqui en recèlent le plus. Quelques espècesseulement fréquentent nos jardins et noschamps cultivés, parce que leurs chenillesvivent sur les plantes à notre usage. Enfin,comme dans tous les insectes des autres or-dres , ce sont les régions à la fois les pluschaudes et les plus humides qui produisentles Lépidoptères diurnes les plus grands etles plus beaux, témoins ceux des Moluques ,du Brésil et de la Guiane.
Latreille, dans la partie entomologique du