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Tome cinquième.
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EAU

EAU

ce fleuve potable, en frottant, avec un paind’amandes ou de légumes farineux, les pa-rois des vases dans lesquels ils la conservent.

Le repos et l’exposition prolongée à l’airsuffisent pour précipiter les carbonates etautres sels calcaires qui rendent les eauxparticulièrement impropres au savonnageet à la cuisson des légumes. Mais on peutobtenir un précipité immédiat à l’aide d’unepetite quantité de carbonate de soude; onsubstitue ainsi au sel calcaire un sel de soudequi est sans inconvénient.

L’eau des marais les plus fangeux et lesplus méphitiques devient claire, limpide etparfaitement potable, quand on la traite parle charbon, qui, comme on sait, jouit de lapropriété d’absorber les gaz.

Quanta l’eau de mer, on n’a trouvé jus-qu’à présent d’autre moyen de la purifierque la distillation ; mais on conçoit que ceprocédé, en raison du volume des appareilset du combustible nécessaire n’est pas tou-jours d'un facile usage. On vient cepen-dant d’inventer tout récemment un appa-reil à l'aide duquel la distillation de l’eaude mer est devenue une opération desplus simples , et déjà l’on a fait avec suc-cès , sur plusieurs bâtiments de la marineroyale, l’application de cette heureuse dé-couverte.

§ II. Bien que toutes les eaux dont nousvenons de parler renferment des substancesminérales, elles ne constituent point cepen-dant celles qu’on est convenu d’appelerEaux minérales : ce nom est exclusivementréservé à des eaux de source , qui. soit parl'élévation de leur température, soit par lanature et la proportion des substances qu’ellestiennent en dissolution, deviennent propresau traitement de certaines maladies. Toutesles eaux de la terre contenant des principesminéraux, quelques auteurs, se piqpantd’une plus grande exactitude d’expression,ont pensé qu’il conviendrait d’appeler Eauxmédicinales celles qui exercent une actionthérapeutique; toutefois, malgré leurs ef-forts , l’ancien usage a prévalu, et l’on con-tinue de désigner ces dernières eaux sous lenom d’Eaux minérales.

L’histoire des eaux chargées d’une assezgrande quantité de principes étrangers pourqu’on les regarde comme minérales , appar^tient, il est vrai, à la chimie, quant à leur

composition spéciale ; mais elle se rattacheégalement à la géologie, si l’on a égard auxphénomènes généraux de leur composition etde leur gisement, rapportés aux terrainsd’où elles sortent. Malheureusement pour lascience, on a jusqu'à présent tenu bienplus grand compte de l’influence thérapeu-tique de ces eaux, et par conséquent de leurcomposition chimique, que de leur positiongéognoslique ; en sorte que, parmi les nom-breux ouvrages sur les eaux minérales, ilen est bien peu, il n’en est même pas quifasse connaître la nature de la roche de la-quelle elles sortent immédiatement, et à plusforte raison, celle des terrains où elles pren-nent leur origine, car elles peuvent venirprimitivement d’un terrain fort éloigné decelui qui leur donne issue; et l’on conçoitque plus cette issue s’éloigne des terrainsregardés comme les plus inférieurs de lacroûtedu globe, plus il devientdifficilede dé-terminer celui auquel on peut rapporter l’ori-gine de l’eau à laquelle elle donne passage.

Ces difficultés, inhérentes au sujet lui-même, sont encore augmentées par le peu decertitude des observations propres à faireconnaître la nature des roches d’où sortentimmédiatement les eaux minérales, et parsuite celle des terrains dont çes roches fontpartie. Le professeur Brongniart a néanmoinstenté ( Dict . des scienc. natur mi édité par Le-vrault, tome XIY, pages 10 et suivantes) d’é-tablir quelques règles pour faciliter l’étudedes eaux minérales considérées sous le pointde vue de leur origine.

« En faisantquelque attention, ditlesavantacadémicien, aux différences assez tranchéesde température et de principes que présen-tent les eaux minérales des terrains les pl uSinférieurs et des terrains les plus supé-rieurs, on peut établir, avec une grand®probabilité, et à quelques exceptions près»que les eaux minérales de ces derniers ter-rains ne viennent pas d’une grande p r °'fondeur, et n’ont pas traversé, ayant d’arriv erà la surface, la série de toutes les formation 8qui se sont succédé depuis le granit ; ni alSaussi il résulte de ces régies, déduites ® 11partie des faits connus , que les général^qu’on peut établir sur la position des ean*minérales ne présentent quelque es P 0,r f ,vérité que pour les terrains les plus inrieurs et pour les plus supérieurs. »