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comme ce genre est extrêmement nom-breux en espèces , je les diviserai, en rai-son des contrées qu’elles habitent, en Ecu-reuils européens , américains , asiatiques etafricains .
En général, les Ecureuils ont les mœurstellement semblables, que l’on peut donnerde leur histoire une esquisse qui s’appliqueà toutes les espèces. « L’Écureuil, dit Ruf-fon,est, un joli petit animal qui n’est qu’àdemi sauvage, et qui, par sa gentillesse, parsa docilité, par l’innocence même de sesmœurs , mériterait d’être épargné ; il n’estni carnassier ni nuisible, quoiqu’il saisissequelquefois des oiseaux. Sa nourriture or-dinaire sont des fruits, des amandes, desnoisettes, de la faîne et du gland. Il est pro-pre, vif, très alerte, très éveillé, très in-dustrieux ; il a les yeux pleins de feu, laphysionomie fine, le corps nerveux, lesmembres très dispos; sa jolie figure est en-core rehaussée, parée, par une belle queueen forme de panache, qu’il relève jusque sursa tête, et sous laquelle il se met à l’ombre.On ne le trouve point dans les champs, dansles lieux découverts, dans les pays de plaine;il n’approche jamais des habitations; il nereste point dans les taillis, mais dans les boisde hauteur, sur les vieux arbres des plusbelles futaies. Il ne s’engourdit pas commele Loir pendant l’hiver ; il est en tout tempstrès réveillé, et pour peu que Ton touche au-près de l’arbre sur lequel il repose, il sort desa bauge, fuit sur un autre arbre, ou se cacheà l’abri d’une branche. Il a la voix écla-tante, et plus perçante encore que celled’une Fouine; il a de plus un murmure àbouche fermée, un petit grognement de mé-contentement qu’il fait entendre toutes lesfois qu’on l’irrite. Il est trop léger pour mar-cher, il va ordinairement par petits sauts,et quelquefois par bonds; il a les ongles sipointus elles mouvements si prompts,qu’ilgrimpe en un instant sur un hêtre dont l’é-corce est lisse. Les Écureuils semblent crain-dre l’ardeur du soleil ; ils demeurent, pen-dant le jour, à l’abri de leur domicile, dontiis sortent le soir pour s’exercer, jouer, fairel’amour et manger. Ce domicile est propre,chaud , impénétrable à la pluie. C’est ordi-nairement sur l’enfourchure d’un arbrequ’ils l’établissent : ils commencent partransporter des bûchettes qu’ils mêlent,
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qu’ils entrelacent avec de la mousse ; ils laserrent ensuite, ils la foulent et donnent as-sez de capacité et de solidité à leur ouvragepour y être à l’aise et en sûreté avec leurspetits : il n’y a qu’une ouverture vers lehaut, juste, étroite, et qui suffit à peine pourpasser ; au-dessus de l’ouverture est unesorte de couverture en cime qui met le toutà l’abri, et fait que la pluie s’écoule et nepénètre pas. Ils produisent ordinairementtrois ou quatre petits. Us entrent en amourau printemps, et mettent bas au mois de maiou au commencement de juin. Ils muent ausortir de l’hiver. Us se peignent, ils se p 0 "lissent avec les mains et les dents ; ils sontpropres ; ils n’ont aucune mauvaise odeur*Leur chair est assez bonne à manger, et I epoil de leur queue sert à faire des p** 1 ^ceaux. »
Ce que dit là Buffon se rapporte partie**'fièrement à notre Écureuil commun, ettrouve son application dans un grand nom"bre d’espèces exotiques. Cependant, P ol,fl’un comme pour les autres, il y a quelqueobservations qui ont échappé au grand na"turaliste, et que nous devons mentionne*ici. Quelques Écureuils ont une vie isolée»solitaire, mais par couples ; car le mâle nbandonne jamais sa femelle; d’autres, atfcontraire, vivent en troupes de plus d'uu ecentaine. Tous sont sédentaires, et s'él° ,xgnent fort peu delà forêt qui les a vus naî tre 'Linné , Klein, Schæffer; le poète-voyageU*’Regnard , qui nous a tant débité deabsurdes sur les Lapons , et Buffonmême, nous ont dit que des troupes de P e ^Gris voyagent, et que pour passer d eS ^vières, ils s’embarquent sur des morcea.^d’écorce qui leur servent de bateaux; d ules gouvernent en traversant lecouran 1 ^moyen de leur queue qu’ils étalent au v ^et dont ils se servent comme d’une voile-telles histoires n’ont pas besoin d’êtr ertées. La queue de l’Écureuil ne luimais de gouvernail, quoi qu’en aientdü ^tains auteurs , et cela par une raisonsimple, c’est que cet animal craint à
l’eau, et n’y entre jamais ; si elle lu * 5 j jise gouverner, c’est dans les airs, n Vfait ses bonds prodigieux qui le tranS ^ u j
d’un arbre à un autre, à douze ou
pas de distance, comme j’en ai
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témoin. Mais elle ne peut pas non
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