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Tome cinquième.
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ÉLÈ

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la femelle, elles ne sont pas saillantes horsdes lèvres. Un de nos naturalistes dit que lesdéfenses servaient à ces animaux mons-trueux à sillonner le sol et en arracher desracines pour leur nourriture ; mais ceci meparaît d’autant plus hasardé que je doutebeaucoup qu’un Eléphant puisse porter lapointe de ses défenses sur le sol, vu leurcourbure et surtout la brièveté du cou, quine permet que très peu à l’animal de baisserla tête. D’ailleurs ce fait, s’il était vrai, con-damnerait les femelles des Indes et les Koes-cops d’Afrique, qui manquent de défenses,à se nourrir autrement que ceux qui en sontarmés, et, en bonne critique , ceci n’est passupposable. Ce qu’il y a de plus certain, c’estqu’elles lui servent d’armes défensives etoffensives; qu’elles protègent la trompe re-pliée entre elles deux quand l’Éléphant perceà travers les bois épineux et fourrés qu’ilhabite ; qu’elles lui servent encore à écarteret maintenir les branches pour frayer un pas-sage à la trompe, lorsqu’elle va cueillir aumilieu d’un arbre touffu les sommités ten-dres des rameaux feuillés dont il se nourrit.

La trompe, ainsi que nous l’avons dit,jouit d’une grande mobilité dans tous lessens. Assez longue pour atteindre la terre,sans que l’animal soit obligé de baisser latête, c’est à la fois l'organe du tact, de lapréhension et de l’odorat. Contre ses enne-mis c’est une arme d’une puissance terrible ;il saisit son assaillant, l’enlace dans ses re-plis, le presse, l’étouffe, le brise, le lancedans les airs, ou le renverse pour l’écrasersous ses pieds. Dans les actions ordinairesde la vie, la trompe est un instrument com-parable à la main; elle saisit et enlève lesplus petites choses; il peut, avec elle, dé-boucher une bouteille, ramasser la pluspetite pièce de monnaie ; il s’en sert pourporter les aliments à sa bouche, poursou-

• lever de lourds fardeaux et les poser sur son

I dos ; pour boire, en la remplissant d’eau

• et laissant retomber cette eau dans sagorge, etc. ; enfin , pour me servir d'une ex-pression de Buffon, elle lui sert de bras etde main.

Dès la plus haute antiquité , on a soumisces animaux, non à la domesticité, ils n’ensont pas capables, mais à la captivité ; on lesa dressés à faire le service de bêtes desomme et de trait, et, ayant l’invention des

armes à feu, on les employait très utilementctja guerre. On leur plaçait sur le dos unesorte de petite tour en bois, dans laquellese postaient des archers et des arbalétriers »qui, hors d’atteinte, incommodaient beau-coup l’ennemi. Depuis l’invention des fusilset des canons, on ne s’en sert plus q uecomme bête de luxe ou de transport, etaulieu de porter de farouches soldats, ils nesont plus montés aujourd’hui que par desrajas efféminés etleurs femmes avilies. C’estun très grand sujet de gloire pour un princeasiatique que d’avoir un grand nombred’E"léphants dans ses écuries, et il se croit anfaîte de la grandeur quand il peut en possé-der un ou deux blancs. Chaque Éléphant estconfié aux soins d’un homme que les Indiensnomment mahond , et que nous appelonscornac . Pour le conduire, il se met assis ouà cheval sur sou cou , et il dirige sa marcheen lui tirant légèrement l’oreille du côté oùil veut le conduire, au moyen d’un bâtondont le bout est armé d’un petit crochet defer. Les princes indiens se servent souventde ces animaux pour faire la chasse au tig resans beaucoup de danger, car si la bêt®féroce fait mine de se jeter sur le chasseur,l’Éléphant, dit-on, la terrasse aisément avecsa trompe, et la foule aux pieds.

En Orient, les Éléphants ont été connusdès la plus haute antiquité, et nous savonspar Justin et Diodore que les Indiens s’enservaient pour se défendre contre les entr®'prises de Sémiramis. Mais il n’en a pas étéde même en Europe . Au tèmps d’Homérconconnaissait, en Grèce , l’usage de l’ivoîr®»mais certainement on ne savait pas d’où «Jprovenait, ni quel animal le fournissait- S*l'on s’en rapportait à un passage de CosiuaSIndicopleustes, c’était d’Éthiopie que l’° nexportait l’ivoire employé par les arts dansl’empire romain, en Perse et même dansl’Inde , mais il est permis de douter de cefait. Avant Salomon, cette précieuse suhstance n’était pas connue des Juifs ; ,na * s . â j^temps du prophète Amos elle devint très amode à Jérusalem , au point qu’on en décoraitnon seulement les meubles, maisencoles maisons. , .

L’Éléphant ne fut parfaitement connu ®

Grecs qu’à l’époque des guerres d’Alexan ^

et, ce qu’il y a de très curieux, c’est quristote, le professeur du célèbre conquéran *