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Tome cinquième.
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ELE

détonation d'une arme à feu sans prendrefuite, et que depuis l'invention de cesarmes , on n’a pu l’employer qu’à porter lesbagages. La première condition d’intelli-gence, c’est la mémoire : or, l’Eléphant ena moins que le Chien, moins que le Cheval.M. Corse, qui dirigea longtemps dans l’Inde les Éléphantsde la compagnie anglaise, nousen fournira la preuve, en nous affirmantqu’un Éléphant pris au piège et retourné à lavie sauvage, peut redonner deux fois dansle même piège, ce que ne font que les ani-maux les plus stupides. Une femelle d’Élé-phant sauvage ne reconnaît pas son petit, sielle en est éloignée seulement pendant deuxjours, ce qui arrive inévitablement quandils sont pris ensemble dans la keddah ouenceinte de chasse. Quelquefois le jeuneÉléphant reconnaît sa mère, mais il la trouveinsensible à ses supplications. Ceci, je pense,n’est pas une preuve d’intelligence. Dansune troupe d’Eléphants sauvages, les mèresne savent pas même distinguer les petits quileur appartiennent, et se laissent téter partous indistinctement.

Il est remarquable que l’Éléphant n’est etn’a jamais été un animal domestique, maisbien un captif qui n’obéit qu’à la crainte.Quel-que privé qu’il soit, il ne manque jamais dese sauver dans les bois pour reprendre sa viesauvage dès qu’il en trouve l’occasion : aussi,lorsqu’il est en marche, faut-il qu'il ait tou-jours son cornac ou mahoud sur le dos, pourle maintenir, l’intimider et l’empêcher des’enfuir. L’amour delà liberté est aussi grandchez lui que chez les animaux les plus fa-rouches, et chez les femelles il l’emportemême sur l’amour maternel : aussi ne laisse-t-on pas ces dernières libres de leurs lienspendant qu'elles allaitent, car l’expériencea prouvé qu’elles abandonnent leur enfantsans regrets pour fuir, toutes les fois que lacirconstance le leur permet.

On a dit, et Buffon a répété, que l’Élé-phant était plein de décence, qu’il ne s’ac-couplait pas en esclavage par pudeur, et quenour cela, il n’avait jamais produit en cap-tivité. Il y a là autant d’erreurs que de mots.Cet animal ne connaît pas plus la pudeurque les autres animaux, et on en a eu lapreuve à la ménagerie de Paris . Nous avonsdéjà dit que dans le temps d’Élien et de Co-lumelle ils se reproduisaient à Rome ;

ÈLÈ

M. Corse en a vu se reproduire en captivité,dans l’Inde , et il donne sur ce sujet des dé-tails aussi précieux que singuliers ( Tran~sact. philos . de la Soc. roy. de Londres ). E n1793, il fit mettre sous le même hangar unmâle d’Éléphant et une femelle en chaleur.Le 27 juin, il fit détacher le mâle, qui la cou-vrit en présence des gardiens et d’une foulede curieux. « Après quelques jeux et qucl-» ques caresses, dit M. Corse, le mâle monta» les deux jambes de devant sur la femelle,» étreignant ses épaules avec ses pieds et» pressant son front avec sa trompe. Le sur*» plus se passa à peu près de la même ma"» nière et dans le même temps que le même» acte entre un Cheval et une Jument. *Trois mois étaient à peine écoulés que lamelle montra, par des signes certains, qu'ell®était pleine, et ses mamelles, que ces ani"maux ont sur la poitrine, commencèrent aenfler. Elle mit bas le 16 mars de Panne®1795, c’est-à-dire vingt mois et dix-hüj*jours après avoir été couverte. Sonavait trente-cinq pouces et demi de haut. flparaît que les femelles entrent en chaleur*non à des époques fixes, mais dans toutes I e8saisons, car, parmi celles que l’on prendsauvages, il s’en trouve souvent de plein® 8 ;et l’on a remarqué qu’elles mettent bas

toutes les époques de l’année. Buffon s

est

font

le

trompé quand il a dit que le petit tétait avecsa trompe: M. Corse a certifié le contrait*

Le pis sort de la mamelle horizontalement

de manière que le petit, car elles n’enjamais qu’un par portée, peut aisémentsaisir avec le coin de sa bouche. La crm 8sance de l’Éléphant est fort lente, et ^grandit encore à l’âge de vingt-deux ans,qui porte approximativement sa vie à cecinquante ans, si les observations de BUsur la longévité des animaux sont justes-Les voyageurs et les historiens ont sin»lièrement exagéréla grandeur des Éléph aI1 'et particuliérement de celui des Indes . 'taille ordinaire est de 6 pieds 6 P° uce ^ eS7 pieds et 1/2, pour les femelles, et pourmâles de 8 à 9 pieds. Le plus grand quM. Corse avait, mesuré sur le garrot, 9 P^.7 pouces français (10 pieds 6 pouces ang ,sa longueur, du front à l’origine de la q 11

était de 14 pieds 9 pouces. Ce qui a

pu

trom'

cet

per les voyageurs sur les dimensions de ^énorme animal, c’est que les Indiens, 8