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embarrassés qu’ils sont d’appliquer leurcritérium.
Voici comment s’exprime à ce sujet unzoologiste qui s’est fait le représentant unpeu fougueux des doctrines finalistes (M. Hol-lard, Nouveaux éléments de Zoologie ) :
« L’élément que nous offre immédiate-ment la nature est l’individu... mais l’indi-vidu n’est pas, comme le disent certainesécoles, la seule réalité naturelle: autrement^humanité serait une fiction, et toute sociétéserait impossible. Par-delà l’individu setrouve l’Espèce, l’Espèce non moins réelleffue l’individu, bien qu’ellenesecirconscrivePas, comme celui-ci, dans l’espace et dansle temps de manière à tomber sous nos yeuxsous une forme concrète... Nous définironsdonc l’Espèce , un type d’organisation , deforme et d’activité rigoureusement déterminéesQui se multiplie dans l’espace et se perpétuedans le temps par génération directe et d’uneManière indéfinie ( 1 ). »
Ce qui frappe dans cette école, qui necraint rien tant que le doute, et qui, dansl’ignorance du principe des êtres , ce qu’ellea de commun avec les autres zoologistes,a flfirme pourtant d’une manière si audacieu-Se ment positive, c’est qu’elle raisonne sousEmpire d’idées préconçues. Pour dissi-muler la faiblesse de ses preuves, elle a^andonné le langage rigoureux de la sciencee t adopté celui si obscur de l’école phi-l°sophique moderne, qui ne procède que para bstractions, comme si les mots plus ou moins^ a t>ilement inventés pouvaient étayer une^uctrine qui repose sur des entités. Lemalheur de notre système actuel d’éduca-**°u est de donner des mots pour des idées,et des abstractions pour des réalités. Une foisSllr cette route glissante on va plus loin queV e le veut la raison , et l’on peut dire adieua mm es les déductions froides et logiques ;*m s’égare dans le monde des théories, et l’onev ient même impuissant à comprendre lamatérialité des faits. Les grands mots na-m**e, vie , force , loi , agent , sont dans ce cas ;sont de simples abstractions élevées à laa uteur de réalités ; ce sont les personnifi-ions de phénomènes dont la cause est in-Con nue ; aussi ne faut-il les regarder que
£) J’avouerai que j e ne comprends pas cette phraséologieC h j si ^ , et je suis convaincu non seulement de 1 inu-v „i ’ nia * s même du danger d’employer un langage qui ne5ri5e la science. On m’a reproché de vouloir faire de
comme des mots nécessaires dans la démon-stration et ne s’en servir que comme de ter-mes conventionnels dont on ne peut ni nedoit même donner de définition rigoureuse.
Ce qu’on peut reprocher à l’école finalistedont M. de Blainville est le chef, et c’est laseule qui soit logique, à part sa base , quiest contestable, c’est de repousser toute cer-titude en dehors de la sienne, et d’être si ab-solue que sa méthodenaturelle ne ressembleen rien à celles qui portent le même nom. Elleatout changé, jusque da-ns les divisions su-périeures de la classification ; et, pour ré-pondre à des hypothèses nouvelles, elle a crééune langue spéciale.
C’est elle qui impute à crime à MM. Geof-froy-Saint-Hilaire , les plus fermes soutiensde l’école philosophique, de ne pas s’effrayerdu doute qui plane sur la science et la me-nace de ruine. A cela je répondrai : puisquela famille, le genre, dont chacun se sert, etqui échafaudent la science, sont bien recon-nus pour artificiels, pourquoi n’en dirait-onpas autant de l’Espèce? Et quand bien mêmeon admettrait l’individu comme unité zoolo-gique, en quoi la société humaine serait-elle,comme elle le dit, menacée de boulever-sement? Elle est un fait que ne peuvent dé-truire ni les théories ni les systèmes ; et sielle est en contradiction avec des vérités re-connues , c'est une preuve qu’elle s’appuiesur une base erronée ; en la modifiant dequelque manière que ce soit, elle n’en con-tinuera pas moins de subsister. Les animauxqui vivent en société depuis tant de siècles ,comme les Abeilles , les Fourmis et tantd’autres, ne s’occupent pas de savoir si l’Es-pèce est une réalité ou une fiction, et l’asso-ciation n’en subsiste pas moins normale etrégulière , agglomération d'individus rete-nus les uns près des autres par un lien com-mun, le sentiment de la sociabilité , dont lacause nous est inconnue ; mais qui n’en estpas moins un fait. Dans l’impuissance oùnous sommes de constater autre chose quedes faits matériels, bornons là notre rôle ; et,puisque la vérité absolue nous échappe ,contentons-nous de la vérité relative.
L’école finaliste va donc chercher dans la
la science pour le peuple, en m’opposant que c’est une li-gueur trop précieuse pour qu’elle soit mise dans des vases deterre. Je l’ai tant de fois vue profanée dans l’intérêt desvanités individuelles que je me suis cru la vulgarisationpermise.