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métaphysique ia définition de l’Espèce. D’au-tres naturalistes ( l’école de Cuvier est dansce cas) ont dogmatisé sans se préoccuper deces considérations transcendantes ; et, en re-gardant les êtres qui les entouraient, ils ontconclu de la fixité actuelle des formes à l’im-mutabilité des Espèces. C’est sur cette théo-rie que sont fondées les définitions qui ensont données comme le critérium.
Buffon a défini l’Espèce : « Une successionconstante d’individus semblables entre euxet capables de se reproduire. »
Ainsi, dès le principe, l’Espèce fut décla-rée avoir pour caractères essentiels : 1° laressemblance, 2<> la succession par voie degénération.
Cette formule a été considérée par la plu-part des zoologistes comme un critérium in-faillible, et ils l’ont tous adoptée. Cuvier,qui avait commencé par douter et fini par affir-mer, a exprimé de la manière suivante lecaractère auquel on distingue l’Espèce : « Laréunion des individus descendus l’un del’autre ou de parents communs , et de ceuxqui leur ressemblent autant qu’ils se ressem-blent entre eux. »
De Candolle a adopté une formule à peuprès semblable : «L’Espèce , dit-il, est la col-lection de tous les individus qui se ressem-blent plus entre eux qu’ils ne ressemblent àd’autres ; qui peuvent, par une fécondationréciproque, produire des individus fertiles,et qui se reproduisent par la génération detelle sorte qu’on peut, par analogie, les sup-poser tous sortis originairement d’un seulindividu ou d’un seul couple. »
Pourtant le même auteur, d’accord sur cepoint avec Buffon et Cuvier, qui l’avaient,avant lui, formulé à peu près dans les mê-mes termes, quoique d’une manière plusabsolue , ajoutait : « Cette idée fondamen-tale est évidemment fondée sur une hypo-thèse ; mais elle est cependant la seule quidonne une idée réelle de ce que les natura-listes entendent par Espèce . Le degré de res-semblance qui nous autorise à réunir lesindividus sous cette dénomination est trèsvariable d’une famille à l’autre; et il arrivesouvent que deux individus qui appartien-nent réellement à la même Espèce diffèrentplus entre eux en apparence que des espècesdistinctes : ainsi l’Épagneul et le Chien danoissont, à l’extérieur, plus différents entre eux
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que le Chien et le Loup, et les variétés de nosarbres fruitiers offrent plus de différencesapparentes que bien des espèces.
Après les naturalistes qui ont cru à l'exis-tence absolue de l’Espèce, viennent deshommes éminents de toutes les époques quiont exprimé nettement leur doute sur l’exis-tence réelle de l’Espèce considérée commetype de l’unité organique.
Linné , le réformateur de la science, aexprimé ce doute dans ses AmœnitatesAcad. ( vol. VI, p. 296 ). Il dit : « Depuislongtemps je suppose, et comme je n’osel’affirmer, je présente mon opinion commeune hypothèse, que toutes les Espèces d’unmême genre ont formé dans le principe uneseule espèce; mais que s’étant propagéespar des générations hybrides, de même quetous les congénères sont issus d’une mêmemère, des pères différents ont engendré lesdiverses espèces. »
Après lui vient Lamarck, connu pour lereprésentant le plus franchement avoué dela non-existence de l’Espèce. Il a émis cetteopinion dans ses écrits les plus philosophi-ques , et il en ressort nécessairement unecroyance formelle à l’individualité des êtres"
« On a appelé Espèce , dit-il (Philosophiezoologique , vol. I, p. 54 et suiv.), toute col-lection d’individus semblables qui furentproduits par d’autres individus pareils à eux*Cette définition est exacte; car tout individujouissant de la vie ressemble toujours, atrès peu près, à celui ou à ceux dont il P r0 ~vient. Mais on ajoute à cette définition l asupposition que les individus qui composentune Espèce ne varient jamais dans leur ca-ractère spécifique , et que conséquemment
l’Espèce a une constance absolue dans la na-ture. C’est uniquementcette supposition queje me propose de combattre, parce que lespreuves évidentes obtenues par l’observation
constatent qu’elle n’est pas fondée.
est tous les jours démentie aux yeuxdeceuxqui ont beaucoup vu, qui ont longtempssuivi la nature, et qui ont consulté avecfruit les grandes et riches collections de nosMuséums... Les Espèces des genres (nom-breux en Espèces ) rangées en séries et rap-prochées d’après la considération de leursrapports naturels présentent, avec celles qu*les avoisinent, des dissemblances si légèresqu’elles se nuancent, et que ces Espèces s