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Tome cinquième.
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confondent, en quelque sorte, les unes avectes autres, ne laissant presque aucun moyende fixer par l’expression les petites différen-ces qui les 'distinguent... Par la suite destemps, la continuelle différence des situa-tions des individus dont je parle, qui viventet se reproduisent dans les mêmes circon-stances , amène en eux des différences qui

deviennent en quelque sorte essentielles àteur être : de manière qu’à la suite de beau-coup de générations qui se sont succédétes unes aux autres , ces individus , qui ap-partenaient originairement à une autre Es-pèce , se trouvent à la fois transformés en

Une Espèce nouvelle distincte de l’autre.

Eour l’hornme qui ne juge que d’après leschangements qu’il aperçoit lui-même, cesNiutations sont des états stationnaires quitei paraissent sans bornes, à cause de labrièveté d’existence des individus de son Es-pèce. Parmi les corps vivants, les Espè-

ces n’ont qu’une constance relative et nes °nt invariables que temporairement. »

Telle est l’opinion d’un des plus profondsNaturalistes dont s’honore la science fran *Çaise.

Je citerai après lui l’opinion de DuhamelMonceau, celle de Féburier, de Poi-teau,de Sageret, etc., qui nient la fixité deEspèce , et j’y ajouterai celle de Poiret [Le-Çoti$ de Flore , p. 251), que je reproduis d’au-tent plus volontiers que quelques pages plushaut il niait l’individu comme type d’unité

0r ganique :

* Outre les causes locales, dit-il ( qui peu-vent produire de nouvelles Espèces), on peutJjNcore ajouter le grand nombre d’étamines°ntla plupart de ces plantes sont pourvuesjtes Bruyères, les Géraniums , les Ficoïdes,s Euphorbes, etc.), d’où il doit résulter,^Nand leur poussière est dispersée par les^ents, si violents dans ces contrées (au Gap),N mélange favorable à la production desantes hybrides. Nous voyons, en effet,^ les genres les plus nombreux en Espèces. plupart, les plus fournis d’étamines:

^. s sont ceux cités plus haut, ainsi que les‘teosas, les Rosiers , les Renoncules, less néïïl °nes, les Cistes, etc. Ces genres gros-u Ssent tous les jours et renferment, de plus,Nombre considérable de variétés. »

$ér r ^ Surne sa discussion ( p. 255) par uner,e de propositions, dont je me bornerai à

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énoncer la première, comme celle qui fait lemieux connaître la pensée de l’auteur« lo il se forme, quand les circonstancessont favorables, de nouvelles Espèces deplantes à la surface du globe, soit par lechangement de localité , soit par le moyend'autres Espèces congénères. »

Les zoologistes comparateurs, de leur côté,qui font autorité dans la science, et dont lestravaux contribuent à établir sur des basesde plus en plus fixes la philosophie zoologi-que, regardent les Espèces comme les tempsd’arrêt de développement de l’Espèce laplus élevée qui peut servir de type ; et cettepensée était, comme on l’a vu, celle deLinné , qui ne voyait dans les genres et les Es-pèces d’une famille que les modifications or-ganiquesquilesfonts’éleverdansl’échelledesêtres pour arriver à des types plus parfaits.

Les observations d’organogénie sont trèsnombreuses sur ce point, et semblent con-firmer pleinement cette idée de l'évolu-tion successive desêtresdes plus simples jus-qu’aux pluscompliqués,dontchaque groupe,chaque Espèce, représente un des pointsd'é-volution. Voyez les observations de M. Du-moulin sur la Limnœa ovalis. « Le test, dit-il , commence à se former à l’extrémité del’embryon. D'abord il présente la forme dutest d’une Patelle ; mais, en s’accroissantchaque jour, il passe tour à tour par les for-mes de la Testacelle, de la Crépidule, del’Ancyle, du Cabochon, et, lorsque l'animaléclôt, il présente celle delà Succinée. «Voilàdonc, dit M. Serres (art. Organogénie deYEncycL nouvelle ), un des plus savantsinterprètes de la philosophie anatomique,cinq Espèces de coquilles qui ne sont qu’unpoint d’arrêt permanent des cinq formestransitoires que traverse en se développantles coquilles de la Limnée ovale.

Les travaux de M. Rathke ont aussi dé-montré que l’Écrevisse présente à un certainpoint de son développement embryonnairel'organisation des Anatifes et des Balanes.

Ces faits sont autant de difficultés qui con-tredisent à l’hypothèse de la fixité de l'Es-pèce zoologique (1).

(i) Je ne conçois pas qu’en admettant, comme cela a lieu aqjjourd’hui, la doctrine de l’Epigénèse, la seule qui satisfasse lesesprits rigoureux , et qu’après avoir étudié les métamorpho-ses sans nombre qui s’opèrent pendant l’évolution embryon-naire, au sein même de l’œuf, de l’utérus ou de la graine, onpuisse soutenir l’opinion de l’éternité des Espèces, Cette