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Tome cinquième.
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M. I. Geoffroy-Saint-Hilaire a nettement ex-primé son doute sur cette question dans sonHistoire des Anomalies , t. III, p. 606. « Lesystème de la fixité des Espèces, dit-il, end’autres termes, cette hypothèse toute gra-tuite que les Espèces aujourd’hui existantesont été créées initialement, et se sont trans-mises immuables depuis leur origine, estencore la base presque universellement ad-mise en zoologie. La définition de l’Espèce,telle qu’elle est presque partout reproduite,est fondée sur cette grave abstraction ; etc’est sur la définition de l’Espèce que s’élè-vent, à leur tour, successivement, les défi-nitions du genre, de la famille et de tous lesgroupes supérieurs, II est donc vrai de direque l’échafaudage tout entier de la classi-fication zoologique repose sur une base bienpeu solide, puisqu’il est suspendu sur levide... L’hypothèse de la fixité des espècesest à son tour devenue l’origine de tous cesabus de la doctrine des causes finales qui,pour la plupart des zoologistes, ont si long-temps tenu lieu (il aurait fallu dire tiennentencore lieu ) de toute philosophie... » Je re-grette de ne pouvoir citer tout ce passage,écrit à un sage point de vue philosophique ;on y reconnaît une étroite communauté depensée avec son père et Lamarck ; ce n’étaitpas à lui de déserter une si belle cause.

Ainsi les opinions les plus divergentes sontclairement établies : 1° les uns soutiennentl’Eternité et l’immutabilité des Espèces;2o d’autres, leur fixité, sans remonter plushautque l’observation actuelle, et se conten-tant de cette preuve ; 3° certains croient àl’Epèce , mais à sa variation incessante parsuite des modificateurs ambiants et du croi-sement des Espèces congénères ; 4° un petitnombre de naturalistes, et l’on trouve parmieux les hommes du plus haut mérite et dela plus noble indépendance, nient l’Espèceabsolue et ne voient que des individus sou-mis à toutes les modifications superficiellesou profondes que produisent les agents ex-térieurs , et groupés, pour les besoins de

croyance n’est logiqqe que pour ceux qui admettent la doc-trine de la préexistence et de l’emboîtement des germes ; ilsont alors, à part l’observation qui les contredit, le champlibre pour établir leurs hypothèses génésiaques ; mais quelest le zoologiste , quelque ennemi qu’il soit des doctrinesphilosophiques, qui oserait défendre les idées des zoologistesthéologiens du siècle dernier? Aucun; ils se contententde faire servir la science aux besoins de leurs théories ,comme s’il pouvait y avoir deux vérités, deux certitudes.

l’étude, en coupes arbitraires de différentsordres ; opinion que je crois conforme à l'ob-servation.

Je ne m’arrêterai pas à réfuter longuementl’opinion des naturalistes qui soutiennentl’éternité des Espèces, et qui voient dans lesêtres organisés une création faite d’un seul jet,et se perpétuant sans altération depuis prèsde six mille ans : toutes les preuves géolo-giques sont contre eux, et je ne sais com-ment ils peuvent, en présence de tant defaits qu’eux-mêmes enregistrent et étudient,soutenir leur opinion. Tout annonce dansles corps vivants, animaux ou végétaux, un

modèle primitif varié à l’infini, remanié sous

toutes les formes, et s’élevant des plus sim-ples aux plus complexes, conformément àune loi d’évolution si capricieuse en appa-rence qu’elle échappe à toutes nos tentativesde méthode. Quelles sont les causes initialesde ces formes typiques? c’est ce que nousignorons; mais en interrogeant les archivesanciennes de notre globe, nous retrouvons,dans les couches profondes, des êtres diffe-rents de ceux que nous voyons aujourd'hui,etles types augmenter en nombre et en modifi-cations de formes à mesure que nous appr®'chons de l’époque moderne , çe qui contreditformellement l’opinion des partisans de f e 'ternité des Espèces,el vient, au contraire, cor-roborer celle des philosophes qui y trouventdes formes premières, répondant à un UU'lieu et à des circonstances différentes et mo-difiées suivant de nouvelles nécessités d’exis-tence. Il ne faut donc pas s’étonner des va-riations que présentent les êtres; mais onne peut se refuser à voir dans les formesplus ou moins incomplètes dont nous avonsencore tant d’exemples sous les yeux, etforment l’ensemble des corps vivants, d eSrestes nécessaires de la chaîne organiq ue >

dont l’évolution, si elle est achevée aujour-d’hui et que l’homme en soit l’expression laplus élevée, ont eu pour cause initiale desnécessités en vertu desquelles le dernierêtre d’une période était le plus parfait ou lemieux approprié à l’état d’évolution de lavie ooganique sur la surface du globe. Hn’y a donc plus, en se plaçant à ce pointde vue, d’échelle ascendante et continue,sans interruptions, sans hiatus, mais àesgroupes quelquefois parallèles, d’autres fo* 8sans analogues et formant dans une série