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rien de fixe. Nos Moutons ont la laine courteou longue, dense et crépue , ou seulementondoyante ; ils sont hauts ou bas de jambes ;nos Chèvres varient non seulement pour lacouleur, mais encore elles ont des corneslongues ou courtes, ou elles en sont pri-vées; des oreilles droites ou pendantes ; ellesont des caroncules ou point, ce qu'on netrouve pas à l’état sauvage, où elles n’enont jamais. Nos chevaux diffèrent pourla taille, la couleur et la finesse du poil ; lesuns sont petits et cagneux, comme les Che-vaux russes; d’autres, tels sont ceux desOrcades , sont grands à peine comme desChiens de garde, tandis que, de l’autre côtéde la mer, le Mecklembourg et le Holstein nourrissent des chevaux d’une taille gigan-tesque ; les Chevaux arabes ont la jambefine et le sabot délié, et les flamands ontla jambe grosse et le pied lourd et plat; lepoil du cheval anglais est ras et fin ; celuidu Baskir est laineux. Nos Porcs présententencore plus de différences : on trouve enSuède et en Hongrie des Porcs solipèdes, lesnôtres sont fissipèdes; les Porcs monstrueuxde Cubagua ont des pinces d’un demi-pied delong, et l’on en trouve dont les sabots sontdivisés en cinq parties. Sous le rapport de laforme du corps etdes oreilles, ils différent en-core prodigieusement entre eux. Nos Bœufsvarientsurtoutparla taille, la couleur du poilet la forme des cornes, leur absence ou leurprésence ; enfin nos races domestiques pré-sentent de ces caractères fortunés qu’on aimetant à trouver chez les animaux sauvagespour en faire des Espèces réelles. A cela, lesdéfenseurs de l’Espèce absolue répondentque ces modifications sont le résultat de ladomesticité ; or, je demanderai de quelsagents l’homme fait usage pour modifier lesanimaux qu’il a réduits en esclavage. Il nepeut les pétrir dans sa main ; il n’emploie,donc, comme la nature , que les agents am-biants , que les modificateurs internes et ex-ternes, et, au lieu d’accouplements faits auhasard, il choisit les races avec soin, pondèreles défauts et les qualités ; car il sait, lors-qu’il n’est pas naturaliste et n’a pas de doc-trine à défendre, que les qualités même ac-quises se transmettent par voie de généra-tion (V. Part, dégénérescence), et il obtient,pour son utilité ou son plaisir, des animauxgrands, beaux, forts ou élégants, La re-
production constante des races domestiquessous des formes identiques est certes un puis'
. pe-
sant argument contre les défenseurs
de PE* -
péce absolue ; elle démontre à posteri ° rl *c’est-à-dire par des faits répétés, par des ex-périences de chaque jour, la puissance mo-dificatrice des agents extérieurs sur les q ua ~lités physiques des êtres.
Il a bien des fois été répété, et cela esvrai pour les métis accidentels ou certaiu eSEspèces domestiques , qu’elles retournent al’état sauvage, et c’est un des plus grands ar-guments en faveur de la doctrinedes imm ütabilistes ; mais alors pourquoi nos Chien 5 *nos Chevaux , nos Moutons, nos Bœufs*dont le type originel nous est inconnu, sereproduisent-ils toujours sous des formesconstantes tant qu’ils sont soumis aux memes influences, puisqu’ils sont sollicités P arles forces naturelles à retourner vers le° rtype primitif? C’est que, répond-on, ^ eSraces sont des variétés qui ne varient pl uS *Et alors comment les distinguer des Espè ceS *Par l’expérience du croisement, répond-on*Soit .* c’est ce que j’examinerai plus loin*
Cette incertitude perce si bien dans tonles écrits des naturalistes, que M. Lesson( Zool . du oy. de la Coq., 168) dit eu P ar
lant du Lapin de Magellanie : « La nature «en créant les animaux , a donné à plns* eUd’entre eux des caractères généraux qui fl opermettent d’en former des genres, etcaractères particuliers qui servent à * s °les Espèces entre elles. Mais les nuances qpeuvent servir à distinguer ces Espèces aquelques familles sont si peu précise 5 ^sont si évasives qu’il est presque imp osSIde les rendre sensibles par une descrip 11 ®Soumettant ensuite à la domesticité P^sieurs animaux utiles ,
apporter parmi eux des causes
l’homme e* 1
nombre
de variations qu’on ne remarque point c ^les individus sauvages ; et c’est ainsi q ^des croisements de races , avec l’éducabou l’influence du climat, ont donné
la
même Espèce des couleurs différentes ou ur ^livrée étrangère. Si, par exemple, des cara ^tères zoologiques nets et précis manq uef ^Pour isoler le Lièvre de nos contrées à aV^le Lapin, on conçoit combien il est pl llS ‘ficile encore de tracer la différence de ce enier avec les espèces qui vivent surpoints du globe, où elles sembleraient,