ESP
ESP
émigrant avec l’homme, avoir subi de pro-fondes altérations.
» Quoi qu’il en soit, il se peut que le La-pin des Terres magellaniques ne soit qu’uneVariété du Lepus cuniculus de Linné , etc. »Ce que j’ai dit des Mammifères s’appliqueaux oiseaux. On en trouve peu qui présen-tent des différences fondées sur d’autres caictères que le systèmedecoloration, et, danstes êtres de cette classe, les différences des exe et d’âge sont encore bien plus grandes.Chez les oiseaux de proie , que de change-ments de plumage avant la livrée d’adulte !Tout est dissemblable; et, de plus, les mâ-tes différent des femelles par la petitesse deteur taille. Voyez le Gerfaut à ventre blancquand il est adulte, moucheté avant la troi-sième mue, flammé quand il est en plumagede première année, il présente des dissem-blances si considérables qu’il a été pris pourUne Espèce différente. Il faut donc te voirdans les fauconneries et l’avoir suivi dansses changements de plumage pour savoir quec ’est bien le même oiseau. Les Buses variente ntre elles d’individu à individu, au pointdu’on n’en trouve pas deux qui se ressem-blent complètement. Les Sansonnets , les^terles » les Colibris, dont les femelles et lesteunessont si ternes et les adultes si brillants,qui ont donné lieu à la création de tantd’Espèces nouvelles dans les collections ; les^ a ons , les Faisans, qui prennent si tard leurfumage d’adulte, et diffèrent tant entreeix x, témoin les femelles stériles du FaisanCommun qui ont une livrée en tout sem-bteble à celle du mâle, avec lequel on lesc °ufond ; puis la plupart des Échassiers,Parmi lesquels je citerai le Combattant, donte cou est muni, au temps des amours, d’unen orme collerette, différente à chaque mue,qui, dans sa livrée d’automne, ressemblea Un Chevalier; enfin certains Palmipèdes^ui présentent aussi des différences très ca-J ac téristiques. A part les erreurs commises,ute de connaître les changements d’âge ete se *e,il n’y a, pour distinguer les Espèces,que la couleur, quelquefois une forme par-olière de la queue et de légères modifica-l °us dans le bec ou la longueur des tarses.^ ujourd’hui qu’il suffit d’avoir une collée-,0n Pour se dire naturaliste, dès qu’il y as ans tes formes, outre la couleur, une dis-er ublance quelque peu frappante,on crée des
437
genres nouveaux, fondés sur des caractèresindescriptibles et insaisissables. Or, ces ca-ractères si importants , fondés sur les cou-leurs et les formes, nous les retrouvonsdans nos basses-cours et nos volières : nos pi-geons sont diversement colorés; ils ont lestarses nus ou garnis de plumes, la queuependante ou susceptible de se relever enroue, le bec court ou long , des caronculesautourdesyeux,ou le tour de l’œil emplumé,des collerettes, des capuchons, la propriétéd’enfler leur jabot en le gorgeant d’air, unvol normal ou capricieux ; enfin cette Espèceréunit à elle seule assez de caractères pourfaire des genres très multipliés. Nos Poulesprésentent des différences presque aussi frap-pantes , et, de plus, elles ont ou une crêteou une huppe ; tandis que presque toutesont cinq doigts, d’autres en ont six. On trouveune race privée de vertèbres coccygiennes,et c’est une particularité certes assez remar-quable ; une autre variété a la peau noire ,et ce mélanisme épidermique est un phé-nomène organique bien autrement importantqu’un simple changement de couleur dansle plumage. Nos Dindons domestiques ontperdu leur caractère primitif ; ils n’ont plusle plumage d’un bronzé métalliqu euniforme ;ils sont noirs roux ou blancs et de couleurterne. Enfin il n’est pas une modification queles Espèces primitives n’aient subie en chan-geant de conditions d’existence.
Plus nous descendons dans la série, moinsla constatation des Espèces est facile et plusles différences spécifiques sont muables.Dans les Reptiles , la taille et la couleur sontencore les caractères les plus ordinaires:pourtant on trouve aussi des caractères par-ticuliers pour différencier les espèces : telssont, pour les Seps et les Sirènes, la varia-bilité du nombre des doigts ; chez les Vi-pères des cornes ou des panaches ; chez lesCrapauds, des tubercules plus ou moins dé-veloppés, etc.
En ichthyologie, c’est encore la taille et lacouleur qui servent de caractères spécifi-ques ; mais pourtant certains groupes pré-sentent des caractères tranchés ; ils varientpar le nombre des rayons des nageoires, leurrapports réciproques, certaines disposi-tions des écailles, des filets, des épines.Nous trouvons aussi dans les êtres de cetteclasse des variétés persistantes ; telles sont la