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Tome cinquième.
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ou telle couleur, parce qu’elle est ainsi envertu d’une combinaison déterminée : maiselle ne reste immobile que tant que sa loid’organisation et les influences ambiantesdemeurent les mêmes ; pour peu que l’équi-libre soit troublé , il en résulte nécessaire-ment une combinaison nouvelle.

Toutes ces opinions bâtardes, enfants dela timidité ou de la peur, sont sorties de l’é-cole finaliste, qui explique tout ce qu’ellene comprend pas par le moyen de cette doc-trine ; et nous sommes au xix e siècle, et nospères ont souffert pour la vérité!

Les causes finales, ne reposant sur aucuneidée solide et philosophique, démenties parles faits, désavouées par la raison, sont pour-tant encore, pour quelques naturalistes ,1 ’ultima ratio de toutes choses. Progressezdonc avec de telles idées ! Admirez, courbezle front, et enfilez des mouches ou faites sé.-cher des plantes dans du papier, et vous se-rez naturaliste.

Cuvier avait bien senti la faiblesse decette partie de la science quand il disait,dans son Mémoire sur les Téthys , que lamultitude de genres etd’Espèces qui encom-brent la science ne sert qu’à augmenterle désordre et la rendre plus difficile à dé-brouiller.

Si, maintenant, nous examinons les végé-taux, nous verrons que les caractères spé-cifiques ne sont pas établis sur le crité-rium solennellement reconnu, mais sur descaractères empiriques essentiellement va-riables. Ainsi les caractères spécifiquessont *• la tige et sa nature ligneuse ou her-bacée , simple ou rameuse, sa durée ,son glabrisme ou sa villosité , ce qui serapporte à toute la plante; ses feuilles ,leurs formes, leur position, leur couleur, l’ab-sence ou la présence du pétiole, le moded’inflorescence , la forme, le nombre des di-visions , la couleur du calice ou de la co-rolle , le nombre des étamines, celui desstigmates , la forme du fruit, le nombre deses divisions, la nature de la graine, etc.

Or, voyons si ces caractères sont réelle-ment des formes fixes, et si les mêmes cau-ses qui font varier les animaux n’agissentpas sur les végétaux. Nous ne prendronspour exemple que les Phanérogames ; quantaux Cryptogames, ils ont des formes moinsfixes encore : témoin les travaux si co n-

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tradictoires des naturatistes qui s’occupentde cette partie de la botanique, leur confu-sion et leur embarras.

Les variations que présentent les végétauxsont bien plus nombreuses que chez l esanimaux, parce qu’étant privées delocomoti-lité, elles ne peuvent se soustraire aux in-fluences qui les impressionnent.

Sans prendre un à un les exemples quicontredisent la valeur des caractères spécifiaques, je me bornerai à prendre les faits bienconstatés de modification profonde. Quoi-que ces modifications affectent les organesappendiculaires plutôt que les organes a**'les , on voit les caractères varier dansdes limites inconnues. On sait que, dansles terrains maigres et stériles, les tiges sechargent de rameaux courts et divergents »tandis que dans un terrain gras ou humide,elles se dressent, se développent et devien-nent d’autant plus simples qu’elles sont plu*vigoureuses. La durée et la consistance de latige dépendent également de circonstancesambiantes : ainsi beaucoup de végétaux vvaces dans tes pays tropicaux sont annuelsdans notre climat. Le Ricin, annuel et ber-bacé chez nous, est déjà un arbre dansnos départements méridionaux ; le Résédaest dans le même cas. Cette plante , q u,fchez nous, est un végétal à tige grêle etcouchée, que tuent tes premiers froids , de -vient ligneux en serre tempérée et forme unarbuste. En Angleterre on trouve des 'sédas hauts de 2 à 3 mètres, et qui durendix ans : on sait qu’on peut, en suppri rr,aDtes fleurs d’une plante annuelle , la rendr^bisannuelle ou trisannuelle. Certaines torsions axillaires accidentelle^ sont p er P ^ruées et ont fini par former une variété con-stante témoin l’Orme tortillard. .

La taille des végétaux dépend encorel’influence des milieux; l’Oseille des neig eS jRumex nivalis , trouvée en J 836 par M*ritzi sur les montagnes de la Suisse , à l amite des neiges, était haute à peine epouces dans son pays natal, et est de * cn ^ egrande de plus d’un pied dans les jardin 8Soleure . Mais cette espèce, qu’on avait P rd’abord pour le Rumex aceiosa est dioiqtandis que la dernière est dicline. *

Les racines sont dans le même cas ; _

changent surtout de volume et de cou e ^quelques unes, comme la Rave tortillée, s