464
ETH
sortes de matières, qui diffèrent entre ellesjusque dans leur nature la plus intime. Eneffet, la rapidité de la propagation de la lu-mière et de la chaleur, par rayonnement, àtravers les espaces célestes ; celle de la pro-pagation de l’électricité à travers les corps ;celle de l’influence de l’électricité et du ma-gnétisme à travers le vide, et enfin la rapi-dité de l’influx nerveux dans les corps vi-vants, ne permettent pas de reporter à lamatière pondérable, telle que nous la con-naissons, des effets aussi grands, aussi éten-dus, et dans un temps aussi limité.
Les changements qui s’opèrent dans lamatière pondérable ne se font qu’avec len-teur, de molécule à molécule; la propaga-tion la plus rapide qui s’exécute par son in-tervention directe est celle de l’onde sonoredans l’air, qui ne parcourt cependant que331 mètres par seconde, tandis que l’ondelumineuse, l’onde calorifique et l’onde élec-trique parcourent environ 32,000 myria-mètres dans le même espace de temps. Il ya donc une autre substance que la substancetangible, pesante ; il y a donc une substanced’une nature essentiellement différente danssa nature intime et dans sa prodigieuse élas-ticité. Telle est la conséquence où nous mè-nent forcément les phénomènes naturels,mieux connus et mieux appréciés ; c’est cettesubstance d’une parfaite élasticité, intan-gible, insaisissable, mais dont l’existence nepeut pas plus être révoquée en douteque l’existence des phénomènes qui n’onteu lieu que par son concours ; c’est cettesubstance, disons nous, que Ton nommeÉther.
Ainsi, il y a dans la nature deux sortesde matières : l’une, qui est intangible, im-pondérable, c’est l’Ether , que Ton nommeaussi, à cause de sa qualité négative , ma-tière impondérable ou impondérée; l’autre,qui est tangible, saisissable, pondérable,c’est celle que nous voyons agglomérée encorps définis, celle qui forme la partie visi-ble et tangible du nôtre, et que Ton nommepour cette raison matière tangible ou pondé-rable.
La première remplit l’immensité des cieuxet tous les interstices moléculaires des corpspondérables ; elle ne nous est jamais dévoi-lée immédiatement ; elle ne nous est révéléeque par les nombreux phénomènes qu’elle
ETH
produit, soit seule, soit dans son union avecl’autre substance.
La seconde n’est point disséminée dansl’espace comme la première , du moins rie* 1ne nous Ta démontré jusqu’alors ; et lesopinions émises sur ce sujet sont de puresinductions, que rien n’autorise encore à ad-mettre. Elle est groupée en corps distincts,limités, jetés à de grandes distances les un*des autres dans l’étendue infinie que la sub-stance éthérée remplit. Aucun corps n’e®*formé d’atomes pondérables seuls; tous sontdes combinaisons des deux substances : ceSatomes , quoique constituant les corps vi sl "blés, ne peuvent jamais se rapprocher jus~qu’au contact; tous sont séparés et tenus*des distances variables , soit dans des posi'tions fixes, rigides ; soit à l’état de demi-* 11 'dépendance les uns des autres ; soit enfi°dans une liberté complète par la substanceéthérée qui les enveloppe, et par les mouve-ments concordants ou discordants qui s° Dfcexécutés dans cette dernière. Ces distances »maintenues entre les atomes pondérables,ressortent directement de la dilatation et dela condensation des corps, de la propagatio aà travers leur épaisseur de la lumière, de l achaleur et de l’électricité ; c’est ce que prou-vent aussi la réfraction, la réflexion et la P°"larisation des rayons lumineux, calorififl ueSet tithoniques (chimiques). Ainsi la secondesubstance , la substance tangible, ne nousest pas plus connue isolée que la premte re ’et tous les corps inorganiques et organiq ueSsont la résultante de l’alliance de ces deu*substances si différentes pour nous.
Dans les corps , la substance éthérée n Test point répartie uniformément ; elle n 1est point à l’état de libre expansion , comiu eon la retrouve dans les espaces céhestes; el ^y est au contraire divisée en autant de spb e
res distinctes, individuelles, qu’il ytomes, de groupes d’atomes nommés
a d’ a "tnolé'
cules , de groupes de molécules formant I e5particules , de groupes de particules formailes corps ; de telle sorte que depuis Ta touteinsécable jusqu’au corps le plus compi e,;e ’il y a autant d'individualités dans ia ruasseéthérée des corps qu’il y a d’unités atoudmoléculaires et particulaires qui eficornp° se
ques,
trent dans la constitution de chaque
ou de chacun des corps. ^
Cette division de la masse éthérée