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Tome cinquième.
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venues des faisanderies entretenues à grandsfrais par les princes allemands. En Corse,ils sont communs dans les plaines de Cam-poloro et d’Aleria ; mais il ne s’en trouvepas en Sardaigne . On a vainement tenté surplusieurs points de les naturaliser, et le ducde Penthièvre fit inutilement lâcher pendantplusieurs années dans les bois de sa terre dela Ferté-Yidame jusqu’à 500 Faisandeaux ;ils ne multiplièrent point, quoiqu’en état deliberté.

La chasse des Faisans est facile ; ils sontassez stupides pour donner dans tous lespièges, et on peut les tuer en se tenant àl’affût au pied des grands chênes, où ilsviennent se percher pour passer la nuit. Usse laissent approcher sans défiance quand lanuit est venue , et essuient même plusieurscoups de fusil sans quitter l’arbre.

Sonnini dit que les Turcs de Salonique chassent les Faisans sauvages à l’oiseau deproie , et que le Faucon se posant au-dessusdu Faisan lui inspire une telle frayeur qu’ilse laisse prendre en vie. Il donne aussi dansles filets que l’on tend sur les chemins où ilpasse pour aller boire, et on le prend avecdes lacets semblables à ceux dont on se sertpour les Perdrix. Buffon a nié qu’on pûtprendre les Faisans au gîte en les suffoquantavec du soufre, et l’auteur des Ruses dubraconnage y La Bruyère (1771, in-12),a prétendu que c’était un conte populaire ;pourtant Magné de Marolles ( Chasse au fusil>pag. 291) raconte une anecdote d’enfumeursde Faisans qui prouve qu’au moyen d’unemèche soufrée fixée au bout d’une longueperche, on peut facilement les asphyxier.

La chair du Faisan est très prisée desgourmets, et les jeunes Faisans gras sont unmorceau très délicat. Pour les personnesnon prévenues, et qui ne prisent pas unmets à cause de son prix élevé et de sa répu-tation , la chair du Faisan est celle d’unebonne Poule fine, avec un petit goût sauvaginqui n’est pas désagréable, et qui se trouve sur-tout près des os ; mais elle est bien inférieureà celle des jeunes Paons. Mais un Faisancoûte plusieurs fois le prix d’une Poule, ettout le monde n’en peut pas manger. Il enest de ce gibier comme des Truffes , qu’ondonnerait aux Porcs si elles ne coûtaient que3 fr. l’hectolitre, et qu’on recherche parcequ’elles valent 12 fr. le kilogramme.

On élève aujourd’hui des Faisans dans unassez grand nombre de maisons d’amateurs,et les procédés d’éducation se sont sirop! 1 'fiés. Les Faisans dorés et argentés s’y voientaussi bien que les Faisans communs, et cen’est plus que dans les châteaux royau*qu’on entretient des faisanderies dispen-dieuses, où l’on ne réussit souvent P aSmieux qu’ailleurs , et où chaque oiseau re-vient à un prix fort élevé.

Une faisanderie bien organisée est unvaste enclos fermé de murs élevés, et dontla contenance est de plusieurs arpents. Cetteétendue est nécessaire pour tenir éloignéles bandes de différents âges, le voisinédes forts étant toujours dangereux pour lesfaibles ; l’on y doit ménager un grand n® rïl "bre de buissons pour servir de refuge àque bande.

Pour se procurer des œufs de Faisan, on tient

renfermées des Poules-Faisanes avec un

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au nombre de sept, dans des parquets séparéet disposés de manière que ces oiseaux ne sevoient pas réciproquement, ce qui exciteraitchez les mâles, dont le caractère est très J a "loux, une rivalité nuisible à la propagati° n *On les y nourrit, comme les Poules coiU"munes, d’orge et de blé ; seulement, au m® 15de mars, époque de la pariade, il faut l« urdonner du sarrazin pour les exciter à pondre*On couvre les parquets d’un filet P° u /soustraire ces oiseaux à la voracité des Fou*nés et des Chats ; ou bien l’on éjointe e ^Faisans, c’est-à-dire on leur enlève le f° ü

de l’aile pour les empêcher de fuir.

ond üS

On ramasse chaque soir les œufs pon u *^dans la journée pour éviter qu’ils ne s®*^mangés par les pondeuses mêmes, et 1 ° afpeut évaluer cette ponte à vingt œufs PPoule. Comme les Faisans ne couvent ë ^néralement pas en captivité, on les c0 °^ e ^ eune Poule bonne couveuse au norobr®^dix-huit. C’est encore à tort qu’on a dit ^solument que les Faisanes ne couventcaptivité. Quand elles sont dans un el0p j eScernent convenable, elles couvent coiTO® 1 ^Poules ; mais leur naturel étant plus saU> ^ g ;elles s’effraient du bruit et ne couvent Pjj^aussi, dans les basses-cours, pondent-®^,partoutoù elles se trouvent. Aubout de > ^

quatre ou vingt-sept jours, les Faisanéclosent, et on les laisse pendant quinze J ^enfermés avec la Poule dans une caisse