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longé dans l’estomac du Faucon ; tandisque de la viande placée au centre d’unepâtée de pois, disparut complètement sansque l’enveloppe ait été altérée le moins dumonde.
Sans la fantaisie qui prit à quelqueschasseurs d’utiliser un oiseau pour s’empa-rer du gibier qui leur échappait par la ra-pidité de sa fuite, ou plutôt de voir avecUne joie cruelle lutter deux animaux, dontl’un, avide de carnage, attaquait avec l’es-poir de vaincre, et l’autre cherchait à sesoustraire à la mort, les Faucons , regardéscomme des oiseaux nuisibles, eussent étépoursuivis comme des pirates ailés, détrui-sant pour vivre des animaux utiles, et l’onu’eût fait grâce qu’à ceux que leur fai-blesse empêchait d’attaquer de grosses proies.Mais le plaisir qu’on prit à la chasse àl’oiseau, qui fut sans doute apportée del’Orient par les Croisés, se répandit aumoyen-âge parmi la noblesse et fut engrand honneur dans toute l’Europe, surtoutAllemagne . Il y a soixante ans que legrand-duc de Hesse-Darmstadt s’amusaitencore à cette chasse. L’art de dresserc es oiseaux fut bientôt professé par deshommes qui y appliquèrent leur intelli-gence, et la fauconnerie prit place parmih?s industries humaines les plus prisées,c omme le sont toutes celles qui sont inu-tiles. Elle eut ses règles, ses lois, sa lan-gue, jargon barbare et ridicule. Aujourd’huiÇue les communes émancipées ne gémissentPlus sous la domination d’un grand sei-gneur et ne sont plus obligées de respecter1111 gibier dévastateur, l’art de la faucon-^erie, qui exigeait un grand train de maison,est tombé. L’invention de la poudre a éga-lent nui à la chasse à l’oiseau, car leWomb'va plus sûrement atteindre l’animalfuit que ne le pouvait faire la flèche.h*cs grands déboisements, le morcellementües propriétés, tout enfin a concouru à fairef°mber cette chasse en désuétude.
Sans entrer dans des détails fastidieux sur^cation des Faucons , je ferai connaître lesprin cipaux procédés de l’ancienne faucon-pour dresser un oiseau. On choisissaitsoin celui qu’on se proposait de dres-et qu’on se procurait soit à prix d’ar-eïlt , soit en s’emparant au moyen de pié--* es de Faucons adultes ou de petits surprisT. v.
dans le nid. On estimait surtout les jeunes,comme s’accoutumant mieux au régimeauquel on devait les soumettre.
On commençait par les habituer à rece-voir sur une table leur pât ou nourriture,qui consistait en chair de bœuf ou de mou-ton coupée en bandes longues et étroites,et dégagée de la graisse et des parties tendi-neuses. Pendant le repas on excitait lesoiseaux par un cri particulier, mais tou-jours le même pour qu’ils pussent le recon-naître. On ne commençait à dresser lesjeunes que quand ils avaient toutes leursplumes et volaient avec aisance.
Les adultes pris' au filet étaient immé-diatement enchaînés, et pendant trois jourset trois nuits lts chasseurs les portaientsur leur poing garni d’un gant, sans leurpermettre ni repos ni sommeil. Quand ilsétaient rendus, on leur couvrait la tête d’unchaperon qui leur dérobait la lumière dujour, et quand on les croyait suffisammentdomptés, on leur enlevait le chaperon, qu’onleur remettait souvent pour s’assurer de leurdocilité.
On accoutumait ensuite l’oiseau à sautersur le poing pour prendre le pât, t et de cetexercice on passait à celui du leurre, espèced’image d’oiseau sur lequel on plaçait lanourriture des Faucons . On ne lui présen-tait jamais le leurre sans un signal qui fai-sait partie de l’éducation de l’oiseau, etquand il fondait résolument dessus on ter-minait ses leçons par Yescop , exercice quiconsistait à le familiariser avec le genre degibier auquel il était destiné. Toutes ces in-structions se donnaient à la filière, et quandl’oiseau avait subi cette dernière épreuve,il était rendu à la liberté, ce qu’on appelaitvoler pour bon.
Il fallait environ un mois pour dresserun Faucon ; quinze jours seulement pourl’éducations des Niais (oiseau pris au nid);un peu plus longtemps pour le Sors (oiseauqui n’a pas subi la première mue) et pourle Hagard (Faucon qui a eu une ou plu-sieurs mues).
On dressait ainsi les Gerfauts , les Fauconspèlerins et le Lanier, qui chassaient le Héron,la Gigogne, la Buse, le Milan , le Lièvre ; etles petites espèces, telles que l’Émerillon etle Hobereau, parmi lesquels l’Émerillonétait le plus estimé à cause de sa docilité*
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