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abstraite, dès l’instant qu’elle a son exis-tence isolée par une appellation, devienttout aussi apte à s’unir aux autres idées par-lées pour former un nouveau tout, pourformer une idée plus relevée encore que sielle ressortait immédiatement d’une idéeconcrète. C’est là l’immense avantage quel’homme retire du don précieux du langage;il en est encore un autre tout aussi impor-tant, plus important peut-être, qu’il retirede la parole, c’est de traduire en une seuleespèce de sensations , toutes dépendantes dumême appareil vocal, les cinq espèces desensations que nous produisent les impres-sions des corps extérieurs , et qui sont com-plètement isolées les unes des autres, étantperçues par des organes indépendants etsans aucune connexité dans leur organi-sation.
L’avantage de transformer ainsi les cinqespèces de sensations isolées les unes des au-tres en une espèce unique, soumise à notrevolonté, est une des plus puissantes causesde notre supériorité, de l’étendue de notreintelligence et de notre perfectibilité ulté-rieure. Et, en effet, pour tout homme privédu langage parlé ou écrit, les idées ne sontplus que des réminiscences détachées, ap-partenant à l’une des cinq sortes de sensa-tions qui nous viennent du monde extérieur ;il n’y a pas possibilité de réunir l’idée d’unson à l’idée d’une saveur , à celle d’une per-ception visuelle; toutes les idées abstraitesun peu complexes disparaissent ; il ne resteque celles provenant des qualités physiques,patentes , immédiates, comme la couleurd’un objet, ou sa progression , ou le timbredu son qu’il rend ; il n’y a que les sensa-tions de cette simplicité qui peuvent se re-présenter à notre souvenir ; mais aucune deces abstractions complexes, provenant dugroupement des abstractions simples, pro-venant de la îéunion des abstractions issuesdes sens différents , de la création nouvelleque ces unions produisent, et ainsi de suite ;aucune de ces abstractions, disons-nous,ne peut se produire sans langage, sanscette matérialité que leur donne l’impositiond’un nom.
L’idée de Force ne pouvant provenir d’au-cune qualité visible, ne pouvant naître qu’àla suite de la conception abstraite des causesdu mouvement, l’idée de Force , par l’éten-
due de sa généralisation, ne peut avoir d’a u 'tre définition que celle que nous avons don-née plus haut, celle qui indique Yexisten 00d’une cause inconnue qui meut un corps ontend à le mouvoir : aussi, toutes les f° lSqu’on a voulu mieux définir cette idée, d afallu la spécialiser, l’appliquer à la causeinconnue d’une sorte d’action bien définie »de là cette multitude de définitions spécialesappliquées aux causes les plus abstraites »comme aux causes les plus matérielles.
On conçoit que, pour traiter de toutes eesForces , il faudrait faire un article encyclo-pédique qui ne peut appartenir à un D lC 'tionnaire d’histoire naturelle. C’est dans le*Traités de mathématiques, de mécaniquede physique, de chimie, de météréologi e etde physiologie, qu’il faut recourir pour cofl'naître avec détail les forces spéciales à cha-cune de ces sciences. Cependant, quelle fl uesoit la diversité des applications qu’on a ^du mot Force , leur ensemble peut se gr° ü 'per en trois classes principales : les Force*mécaniques, les Forces physiques et chin 1 ^ques , et les Forces physiologiques.
Les Forces mécaniques sont celles q u ° napplique à faire mouvoir des machines con^struites par l’homme dans le but d’un P r °duit utile : telles sont les Forces motrice* »les Forces vives, celles d’inertie, les Force*mortes, les Forces dynamiques, statiqu eS .’absolues, accélératrices , retardatrices,rectrices, parallèles, tangentielles, etc.
Les Forces physiques et chimiques *°
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dé
celles qui agissent par elles-mêmes , sans
secours de la main de l’homme pour le* ^riger : leur résultat est la productionphénomènes nouveaux ou de corps n° uveaux. Ce sont les Forces de la gravita** 0 * 1 /les Forces centrales, centrifuges, cerf* 1pètes ; les Forces attractives, répxil 5 *^^élastiques; celles de torsion, de flexion,Forces inhérentes , virtuelles , calorifi<l u ’coercitives, expansives, électriques, éïec ^motrices, magnétiques, d’agrégation,cohésion, d’affinité, de solution, de ^if 50tion ; ce sont les Forces capillaires , r®gentes, réflectives, etc. u j
Les Forces physiologiques sont celle 5 ^appartiennent exclusivement aux corps rSvants, soit végétaux, soit animaux, ^
d’entre elles se confondent avec lesphysiques et chimiques, quoique le P