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Tome cinquième.
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FOU

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sillon de feu simple ou double , dont la pro-pagation est horizontale, descendante ouascendante, selon le point d’où elle est sor-tie. La Foudre se présente en outre à nosyeux sous trois formes tellement différentesqu’il est nécessaire d’en reconnaître troisespèces distinctes.

Nous comprenons dans la première espèceles liserés de feu qui apparaissent tout-à-coup aux bords des nuages, dont ils ne seséparent pas : ces nuages paraissent alorslimités par un long sillon de feu, éblouis-sant de lumière. De ces liserés lumineuxs’échappent des milliers de rayons très dé-liés et phosphorescents, se dirigeant versune autre nue ou vers le sol humide, placéau-dessous, d’où l’on voit s’élever une va-peur continuelle. L’éclat de leur lumièren’est point toujours la même; on y distin-gue des ondulations qui donnent à ces lise-rés lumineux l’aspect d’un ruisseau de feuagité par les vents, et dont les vagues altè-rent l’uniformité de la lumière. Il n’est pasrare de voir des nuages orageux ainsi limi-tés par un sillon de feu s’étendre à plusieurskilomètres.

Lorsque des nuages interceptent leurVue, on ne voit plus qu’une longue illumi-nation réfléchie qui apparaît et s’éteint tout-à-coup; ce sont les éclairs les plus ordinai-res, parce que ces phénomènes se passentaussi le plus ordinairement entre les nuéesdu groupe orageux. Cette première classe seÜe en plusieurs points avec la seconde espèced’éclairs de la division de M. Arago, quel’on trouve dans sa Notice sur le tonnerre ,insérée dans Y Annuaire de 1838.

La seconde espèce comprend les sillons defeu qui se détachent complètement du nuageet s’élancent vers un autre point. Ils appa-r aissent comme un ruban de feu droit ou°ndulé, présentant la forme d’un zig-zag.Ces sillons atteignent le plus souvent le butVers lequel ils se lancent sans s’être divisés ;eependant on les voit quelquefois se bifur-quer en s’approchant du but, et même onen a vu se terminer par trois branches. Cesdivisions ne peuvent surprendre lorsqu’ones ! au courant des influences électriques ;° n peut même les reproduire dans le cabi-he t. On présente à quelque distance de las Phere, communiquant à une batterie char-> deux ou trois conducteurs médiocres

très rapprochés les uns des autres, chacunétant insuffisant pour donner un libre écou-lement instantané à la décharge de la bat-terie. L’étincelle sort de la sphère sous laforme d’un ruban unique ; mais, arrivéeprès du triple conducteur, elle se trifurque,et chaque branche va frapper une des extré-mités. Pour que la division ait lieu près dusol, il suffit que ce dernier présente deuxou trois points rapprochés d’une conducti-bilité supérieure à celle des surfaces inter-médiaires. La durée du sillon de cette se-conde espèce est en général très courte ;elle est presque toujours instantanée ; ce-pendant , dans les orages violents, j’en aivu qui ont duré plusieurs secondes. Dans cecas, on y remarque les mêmes ondulationslumineuses que celles que nous avons faitremarquer dans le liseré de feu de la pre-mière espèce.

La troisième espèce comprend les Foudresagglomérées en boule, en corps prismatiqueou en toute autre forme, et dont la durée esttoujours grande comparativement à celledes deux espèces précédentes. Toute déchargeélectrique nous impressionne de trois ma-nières , chacune ayant reçu un nom parti-culier. Si l’on ne considère que la vive lu-mière produite au moment de l’échangeélectrique, cette partie du phénomène senomme Éclair ; si l’on ne considère que lebruit éclatant qui l’accompagne, on luidonne le nom de Tonnerre ; enfin , si l’onconsidère la partie matérielle du phénomène,celle qui agit sur les autres corps en lesfrappant, les déchirant, les volatilisant,c’est alors la Foudre.

La première espèce de décharge a lieu lelong des nues orageuses, lorsque le nuageen regard qui reçoit ces décharges n’est passuffisamment conducteur pour donner unlibre écoulement instantané à ces massesd’électricité. L’électricité du nuage orageux,accumulée sur les bords, ne peut donc sedécharger tout à la fois, ni se décharger surun point de ce conducteur insuffisant ; ellene peut que s’écouler par des milliers derayonnements partiels partant le long dubord, et non par un sillon unique. Cepen-dant l’abondant écoulement électrique quis’exécute sur un long espace aurait bientôtdéchargé le liseré lumineux, si le reste del’électricité périphérique n’abondait pas ra-