FOU
FOU
701
rique méridionale. On cite aussi une es-pèce ( Myrmica rubra Sch.) qui, en Angle-terre , à Brigthon , avait particulièrementétabli son domicile dans des maisons oùelle incommoda beaucoup les habitants.
Quoi qu’il en soit, bien que la Fourmiait le malheur de déplaire à un si haut de-gré, son industrie , ses labeurs, son activitépresque incessante, méritent de fixer notreattention.
Outre les auteurs que nous avons déjàcités , et qui se livrèrent spécialement àl’étude des mœurs des Fourmis , il n’estpresque pas de naturalistes qui n’aient plusou moins observé ces laborieux Hyméno-ptères : aussi nombre de faits concernant leurhistoire sont-ils depuis longtemps acquis àla science ; mais il reste immensément à dé-couvrir encore, principalement pour les es-pèces exotiques : d’ailleurs les investigationsscientifiques sont sans bornes.
Comme chez tous les Hyménoptères ayanttrois sortes d’individus, comme les Abeilles,les Guêpes, etc. , les Fourmis construisentdes demeures*immenses, où sont constam-ment occupés des milliers d’individus.
Les espèces de Fourmis étant très nom-breuses, leurs habitations étant très variées,leurs mœurs n’étant pas semblables, à beau-coup près , nous devons, en tous points, si-gnaler d’abord les faits généraux qui sem-blent être communs à toutes les espèces,pour jeter en dernier lieu un coup d’œil surles particularités propres à chacune.
La manière dont les larves s’accroissent,aussi bien que la nature des soins dont ellessont l’objet de la part des ouvrières, nousParaît plus du domaine de la généralité,Quoique ces observations aient été faites surles espèces indigènes. Nous rapporterons d’a-bord tout ce qui appartient à ce genre d’oc-cupation.
C’est au bout d’une quinzaine de joursaprès la ponte, dit Huber, que la larve brisela coquille de son œuf ; son corps est d’unetransparence parfaite : on y distingue unetcte et des anneaux , mais aucun vestige ni
pattes ni d’appendices articulés.
Les ouvrières doivent s’occuper constam-me nt de ces larves. Dès les premiers mo-ments, une troupe d’entre elles semble pré-posée à les garder, toute prête à repousser! es agressions.
Mais à peine le soleil commence-t-il à dar-der ses rayons, que les Fourmis placées endehors de la fourmilière vont au plus viteen avertir celles qui pont restées dans l’in-térieur; elles les touchent avec leurs an-tennes, elles les entraînent avec leurs man-dibules pour leur faire comprendre ce dontil s’agit.
La scène la plus singulière et la plus ani-mée va commencer alors. En peu d’instantstoutes les issues sont encombrées par lesFourmis qui se pressent vers le dehors ; leslarves sont emportées en même temps parles ouvrières pour être placées au sommetde la fourmilière, et ressentir les effets de lachaleur du soleil. Les larves des femelles,plus grosses que celles des mâles et des neu-tres, sont transportées avec plus de difficul-tés à travers les passages étroits de l’habita-tion; mais on redouble d’efforts, et l’on par-vient toujours à les déposer près de cellesdes autres individus. Pendant quelques in-stants , on voit ordinairement les Fourmiselles-mêmes, réunies en groupes nombreuxà la surface de la fourmilière, jouir ausside la présence du soleil.
Cependant, elles ne laissent pas long-temps les larves exposées à une chaleur di-recte aussi forte. Elles les retirent bientôtpour les mettre dans des loges peu profon-des , où elles peuvent encore ressentir unechaleur pleinement suffisante.
Quand le moment de nourrir ces larvesest arrivé, chaque Fourmi s’approche del’une d’elles et lui donne sa nourriture.
Ces insectes ne préparent point de sub-sistances , comme le font les Abeilles et lesGuêpes. Chaque jour ils dégorgent par labouche les fluides qu’ils ont puisés sur diversobjets ; ils écartent leurs mandibules , etc’est dans leur bouche même que les larveshument la nourriture.
Les Fourmis, comme on le sait, s’en pren-nent à toutes substances ; on les voit se re-paître de viandes fraîches ou corrompues,de fruits, et particulièrement de tout ce quiest sucré. Elles sont aussi très friandes d’unliquide particulier, que les Pucerons sécrè-tent par deux petits tubes situés à l’extrémitéde leur corps.
Chaque fois qu’il existe des Pucerons surune plante , on y rencontre des Fourmis.Les Fourmis dégorgent dans la bouche des