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Tome cinquième.
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part des espèces, une coque soyeuse d’untissu très serré, d’une forme oblongue, d’unecouleur plus ou moins grise ou jaunâtre.Elles subissent alors leur transformation ennymphe.

Toutes les larves de Fourmis ne se filentpas de coques pour se métamorphoser ; cellesqui appartiennent à nos deux premiers grou-pes sont dans ce cas.

Les nymphes de Fourmis sont d’abordd’un blanc pur, mais elles changent succes-sivement de couleur ; elles passent bientôt aujaune pâle, ensuite au roussâtre, puis ellesdeviennent brunes, et enfin presque noires.

L’insecte parfait venant à éclore ne saitpas, comme le font parfaitement presquetous les autres insectes, rompre la coque desoie qu’il a filée à l’état de larve. Ses mâ-choires ne sont sans doute pas encore assezsolidifiées pour la déchirer. Ce sont les ou-vrières qui se chargent de cette opération ;et ce qu’il y a de remarquable, c’estqu’elles savent toujours quand l’insecte vaéclore : elles ne rompent jamais la coquequ’au moment convenable. Mais ce n’estpas sans difficultés que ces laborieusesouvrières parviennent à ouvrir la prisondes pauvres recluses. Plusieurs individusse mettent à la fois après la même ; ilscommencent par arracher, et c’est toujoursà la partie supérieure, quelques fragmentsde soie pour amincir l’étoffe. Ils parviennentainsi à la percer à force de la pincer et de latordre en divers sens, et à l’entamer com-plètement en passant leurs mandibules autravers. Mais il leur faut encore agrandirl’ouverture pour que l’insecte nouveauPuisse sortir. C’est quand cette opérationes t achevée qu’ils commencent à l’en tirere n prenant les plus grandes précautionsPour ne lui faire aucun mal. Le mal-heureux insecte n’est pas encore libre dePrendre son essor; son état exige d’au-bes soins de la part des ouvrières : il estencore revêtu de l’enveloppe de la nym-phe ; ce sont celles-ci qui doivent l’en débar-rasser. Peu à peu le nouveau-né, ayant sesAntennes et ses pattes dégagées, commence àtnarcher ; les ouvrières lui apportent aussitôtla nourriture, qui semble lui être fortn ^cessaire.

Pendant plusieurs jours encore, les habi-la nts de la fourmilière donnent une atten-

tion particulière aux individus qui viennentde naître ; ils leur apportent la subsistancequotidienne; ils les accompagnent partoutcomme pour leur faire connaître tous lescompartiments et toutes les issues de l’ha-bitation.

Les laborieuses ouvrières s’acquittent éga-lement du soin difficile d’étendre les ailesdes individus mâles et femelles qui viennentd’éclore, et elles s’en acquittent toujoursavec assez d’adresse pour ne pas rompre cesmembranes fragiles.

Enfin elles ne cessent de diriger tousleurs mouvements jusqu’à l’instant où ilsvont quitter la fourmilière pour satisfaireaux besoins de la reproduction.

Les nids des Fourmis, généralement plusconnus sous le nom de fourmilières, va-rient beaucoup, avons-nous déjà dit, quantà la forme et à l’emploi des matériaux, se-lon les espèces : cependant c’est toujours lebois ou la terre qui fait les frais du domicile.

Les Fourmis qui emploient la terre com-mencent par creuser et déblayer, de manièreà pouvoir établir des chambres et des corri-dors disposés les uns au-dessous des autres,et communiquant entre eux par des passagesquelquefois verticaux. Toute la terre qu’onretire à l’intérieur est portée au-dessus pourprotéger les étages souterrains. Différentsmatériaux sont ordinairement mélangés aveccette terre : ce sont des brins de paille, desfragments de bois , des feuilles desséchées ,même de petites pierres.

Certaines Fourmis, qu’on nomme mi-neuses, n’apportent point de matériaux étran-gers , et se contentent d’amasser au-dessusde leur fourmilière la terre qu’elles ont dé-blayée , et qui leur sert encore à former denouvelles chambres et de nouvelles galeries.

Les espèces construisant dans le bois s’é-tablissent fréquemment dans des arbres déjàcreusés par d’autres insectes ; et profitant dulocal, elles le disposent d’une manière com-mode, en établissant des galeries et des com-partiments avec les fragments ou la sciuredu bois. Elles les consolident avec la matièreagglutinante qu’elles ont la propriété de sé-créter.

Cette immense quantité de chambres etde galeries que l’on remarque dans une four-milière , est d’une véritable nécessité pourle service de l’habitation.