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Les Fourmilions sont assez nombreux enespèces; on en a déjà décrit plus de soixante-dix, et assurément il en reste encore, dansles collections, un certain nombre d’inédi-tes. Ces Névroptères paraissent répanduesdans toutes les régions chaudes du globe.En Amérique , ils sont assez abondants ; ilsle sont également dans le midi de l’Eu-rope ; tandis qu’ils viennent en quelquesorte finir dans le centre de l’Europe , oùnous n’en rencontrons plus qu’une seuleespèce. C’est cette espèce de notre pays qui,ayant été particulièrement étudiée dans seshabitudes, est considérée par tous les ento-mologistes comme le type du genre. Elle estdésignée sous le nom de Myrmeleon formi-carium dans tous les ouvrages traitant del’histoire des Névroptères . Cet insecte, longde 4 centimètres , est noirâtre , avec quel-ques taches jaunâtres, et les ailes diaphanes,parsemées de points ou taches noirâtres.
Nous trouvons sa larve en abondancedans les endroits sablonneux, les plus expo-sés à l’ardeur du soleil. Elle est d’un grisrosé un peu sale, et munie, sur les partieslatérales du corps, de bouquets de petitspoils noirs. Ses pattes sont assez longues etgrêles; les antérieures dirigées en avant,aussi bien que les intermédiaires, tandis queles postérieures, plus robustes que les au-tres, demeurent très serrées contre le corps,ne pouvant servir à l’animal qu’à se dirigeren arrière. Ceci est, du reste, le seul mou-vement qu’exécutent les larves des Four-milions. Les crochets des tarses sont plusforts que ceux des pattes antérieures, et leurstarses, comme M. Westwood le fait bien re-marquer , sont soudés avec les jambes,tandis qu’ils restent libres aux autres pairesde pattes.
Ces larves se tiennent constammentdans les sables exposés au midi. Chacunese construit dans le sable mouvant unesorte d’entonnoir en marchant à reculonset décrivant à l’aide de ses pattes des toursde spire dont le diamètre diminue gra-duellement. Elle charge sa tête de sable, etpar un brusque mouvement le lance auloin. Tout le travail est ordinairementachevé dans l’espace d’une demi-heure. Lalarve se blottit alors au fond de son trou ;î’abdomen enfoncé dans le sable, la têteseule en dehors. Elle attend ainsi patiem-
ment, et souvent pendant plusieurs jours,qu’un insecte en passant vienne à se laisserglisser le long des parois de son entonnoir.Dès que le Fourmilion s’aperçoit de sa pré-sence, il lui jette aussitôt du sable avec satête pour l’étourdir, et le faire tomber aufond du précipice, ce qui ne manque pas delui arriver en peu d’instants. A peine s’est-ilemparé de sa victime- qu’il la suce avec sesmandibules, qui lui servent si bien de si-phon ; il hume toutes les parties liquidesqu’elle contient, et ensuite il en rejette ladépouille hors de sa retraite.
Les Fourmis étant très nombreuses, etayant plus l’habitude de courir à terre queles autres insectes, sont surtout exposées àservir de pâture aux Fourmilions ; c’est cequi a valu à ces derniers le nom sous lequelils sont généralement connus. Ils se nour-rissent parfaitement, du reste, de mouches,d’araignées et d’autres insectes.
Les excréments rejetés par les larves deFourmilions étant très petits et se perdantdans le sable où elles se trouvent, et Ie uranus étant aussi très petit et un peudifficH eà apercevoir à la vue simple, Réaumur adit que ces larves étaient dépourvues decet orifice; et qu’en conséquence tous les h"
quides absorbés profitaient à l’accroissement
de l’animal, le superflu s’échappant proba-blement par la transpiration.
Sur la foi de Réaumur, cette assertion futreproduite par nombre d’auteurs ; mais, de-puis, l’erreur a été pleinement reconnue, etl’on a bien constaté que le Fourmili° D al’état de larve offrait, comme tous les * u 'très insectes, une ouverture anale.
Les larves de Fourmilions ont acquis toutleur développement vers le mois de juillet oud’août; elles se forment alors un petit coco 11soyeux, mêlé de grains de sable et parfaitement rond comme une petite boule, danslequel elles se métamorphosent en nymphes-Ces dernières, dont la forme rappellebeaucoup celle des insectes parfaits, viennà éclore à la fin d’août et dans le connue*^cernent de septembre; il paraît t oute ^que certains individus n’éclosent q uprintemps suivant.
On assure que diverses espèces demilions ne forment pas d’entonnoirs et P 6 ^vent se diriger en avant, entre au J r ^ S .,Fourmillon libelluloïde (Myrmeleon < e