732
FRO
FRO
Il y a pourtant plus de quatre-vingts ansqu’on a proposé l’emploi de cette méthode,et M. Tull, célèbre agriculteur anglais ,avait fait sur ce sujet des expériences nom-breuses suivies des succès les plus heureux.Malgré ses efforts, il a fallu plus d’un demi-siècle pour que ses compatriotes commen-çassent à comprendre qu’il avait raison; età cette époque Miller s’étonnait qu’en pré-sence de résultats si. évidents les fermiers serefusassent obstinément à tenter ce mode deculture.
Les avantages du semis en lignes sont doncincontestables ; mais il faut avouer que leprix des semoirs est encore fort élevé, puis-que celui de M. Hugues , le meilleur sanscontredit, ne peut être livré à moins de 250à 400 francs, suivant les dimensions et larapidité de travail qu’on en obtient.
3° Au plantoir. D’après les expériences deM. Devrède, ce mode de semis donne desproduits considérables ; mais il a l’inconvé-nient d’exiger un nombre considérable debras et de coûter près de dix fois plus cherque le semoir à la volée. En revanche , ilfaut 36 litres de semence au lieu de 120 li-tres , et le rendement est de 3,915 litres aulieu de 2,610, c’est-à-dire que 120 litres se-més au plantoir produiraient, au lieu de2,610 litres, plus de 13,000. Cette opérationa lieu de la manière suivante : Un hommetenant de chaque main un plantoir à deuxbranches fait, en suivant la trace des sillons,quatre trous distants ehtre eux d’environ10 centimètres; il est suivi par une femmeou un enfant qui met dans chaque trou unou deux grains de Blé ; un autre qui suit re-couvre la semence au moyen d’un petit bo-tillon de branches. Il faut, par cette mé-thode , quatre jours, à cinq personnes ( unhomme et quatre aides), pour ensemencerun arpent. Il reste à dire sur ce sujet l’opi-nion de Tessier , le patriarche de l’agricul-ture : « L’ensemencement au plantoir a del’avantage sur celui à la volée quand le Bléest cher, dans un pays où les bras sont nom-breux et les salaires à bon marché. »
Pour prouver les avantages d’une cultureperfectionnée , je citerai deux expériencesconcluantes faites à un demi-siècle de dis-tance. En 1802 , M. Poulet cultiva du Blé par la méthode de transplantation, et obtint400 pour 1. Le célèbre Philippe Miller, di-
recteur du jardin de Cambridge, fit une ex-périence dont les résultats sont extraordi-naires. Au mois de juin 1776, il sema ungrain de Blé ; au commencement d’août, ül’arracha , le divisa en dix-huit parties , etrepiqua chacune d’elles séparément ; dumilieu de septembre à la mi-octobre, il lesarracha de nouveau , les divisa en 67 par-ties et les replanta ; au printemps , ces 67pieds furent divisés en 500, et le produit futde 21,109 épis, qui donnèrent 47 livres 7onces de grain (poids anglais ), et le totalfut de 576,840 pour 1.
Les soins à donner au Froment, depuis l’é-poque du semis jusqu’à celle de la récolte,sont : les roulages , pratiqués au moyen derouleaux destinés à plomber le sol soulevépar l’action des gelées, et à rechausser le Blé ;les sarclages , dont le but est d’extirper lesplantes nuisibles, et de donner au sol pl uSde consistance. Dans les régions du Centre,cette opération doit être faite dans le cou-rant d’avril, et il conviendrait avec unequantité de bras suffisante de la répéterplusieurs fois pour extirper les végétauxnuisibles à la croissance du Blé . Le hersdù e \espèce de binage économique donné audans le courant de mars, et le binage à h*houe , opération dispendieuse qui n’est j a "mais praticable que dans les cultures en h'gnes, mais qui compense amplement p arle produit, les frais qu’il occasionne. 0^ne doit donner le binage que lorsque leest sur le point de couvrir le sol, pour em-pêcher les mauvaises herbes de repousser, amoins que le Blé ne soit assez fort pour I e5étouffer.
II faut ajouter à ces opérations le f aü "chage en vert, qui n’est praticable Q nedans les terrains très fertiles, et quand l adouceur de l’hiver a développé le ebaum 0trop vigoureusement : on a soin de fauchersans attaquer le collet du Blé , et c’est versla fin de l’hiver qu’a lieu cette opératio 11.En Beauce, on coupe à la faucille la s0lT1mité des Blés . .
Les Blés de printemps, dont le succèstoujours bien moins certain que celuiFroments d’automne , exigent be«uc°moins d’entretien, et le sarclage de m a ide juin est, le plus souvent, la seulequ’on leur donne. *
Le produit de la récolte est subord° n