Band 
Tome cinquième.
Seite
733
JPEG-Download
 

FRO

FRO

733

à la fertilité du sol, aux circonstances am-biantes et au mode de culture. On a vucombien de différence il y a sous le rap-port des produits, entre les diverses mé-thodes. En général, on peut fixer le pro-duit entre 8 et 16 hectolitres à l’hectare.D’après M. Morel de Yindé, le terme moyendoit être de 720 bottes de paille, ou envi-ron 3,500 kilog. à l’hectare; mais, d’aprèsThaër, le Froment ne donne, en paille,que le double de son poids en grain, ce quiest près de moitié moins.

Le mode de récolte est différent : on coupele Blé à la faucille , à la sape ou à la faux .La première méthode est la plus désavanta-geuse. La faucille laisse le chaume plus long,et un moissonneur ne peut guère scier que20 ares de céréales ; le seul avantage qu’elleprésente, et qu’on retrouve dans la faux,c’est qu’elle permet d’employer les bras desenfants et des vieillards. Avec ce -dernierinstrument, on peut faucher 60 ares en uneseule journée ; mais il faut au faucheur unaide pour ramasser le grain et le rangerderrière lui. Quant à la sape , elle ne per-met, il est vrai, d’employer que des brasvigoureux; mais elle est facilement maniéepar des femmes, et réunit, à une vitesse de40 ares par jour, l’avantage de couper et deformer en même temps les javelles, et decouper les Blés versés, sans aucun obstacle,ce qu’on obtient difficilement à la faux.

La récolte du Blé a lieu, sous notre cli-mat, à des époques entièrement soumises auxcirconstances climatériques, et souvent endehors des conditions de maturité. Il a étéconseillé à toutes les époques, et les an-ciens partageaient cette opinion , de couperle Blé quelques jours avant sa maturitécomplète. Les agriculteurs sont encore di-visés d’opinions sur ce point : tandis queles uns veulent que le Blé soit récolté avantla maturité, d’autres attendent, pour fairela moisson, que le grain soit complètementmûr. Cette dernière opinion semblerait lameilleure, car elle présente pour avantagesS à 10 p. 100 de bénéfice en grain ; maisce qu’on peut lui opposer, c’est la perte quirésulte de l’égrenage, laquelle va bien au-delà , et dépend souvent de la manière defaire la moisson.

Je ne parlerai ni du javelage ni dela formation des meules, opération qui se

pratique pour toutes les céréales; je diraiseulement que les cultivateurs donnent lapréférence aux simples meules sur terre,comme étant les moins dispendieuses. Maisles meules ne sont bonnes qu’à la conditiond’établir au pied des supports qui les défen-dent contre l’humidité et l’attaque des rats etdes souris ; c’est pourquoi on en a proposéplusieurs modèles, qui ont l’inconvénientd’être d’un prix très élevé. Tandis qu’unemeule de 3,000 gerbes, avec soutrait en fa-gots, coûte, aux environs de Paris , 60 fr.,et dans les départements, 36 fr; les meu-les perfectionnées à l’américaine coûtent130 fr. ou 80, et celles à la hollandaise ,432 ou 258.

Après la rentrée des blés, on effectue l'é-grenage qui a lieu : 1° au fléau, et équivaut à50 ou 80 gerbes par jour pour le travail d’unhomme, ce qui fait de 2 hectolitres 1/2 à 4hectolitres, le produit moyen de 100 gerbesétant de 5 hectolitres ; 2° au moyen du pié-tinement des animaux , ce qu’on appelle ledépiquage : l’inconvénient de cette opéra-tion est la cherté de la main-d’œuvre , etla perte du grain qui reste dans l’épi, etvarie de 1 à 10 p. 100 , 3° l 'égrenage aumoyen de machines : ce sont des rouleauxsimples ou des espèces de fléaux méca-niques, opérant, suivant leur perfection,avec une grande vitesse, et ménageant lamain-d’œuvre; mais qui ont, comme toutesles machines, l’inconvénient de nécessiterune dépense première , le plus souvent au-dessus de la portée du cultivateur.

Les frais du dépiquage sont le double deceux du battage au fléau , et les machinesoffrent sur ce dernier moyen un avantagede 12 à 14 pour 100. La machine écossaise,dont l’usage mériterait de se répandre, estcelle qui réunit le plus d’avantages : aussiconviendrait-il que chaque ferme produi-sant plus de 5,000 gerbes ou 250 hectoli-tres en possédât une. Son travail moyen estde 54 hectolitres par jour, y compris levannage et le nettoyage. Le prix de revientd’une semblable machine est d’environ2,000 francs, et le prix du battage variede 90 centimes à 65, l’hectolitre , suivantl’importance de l’exploitation. Les paysétrangers sont plus avancés que nous sousce rapport ; car en Suède et en Pologne l’u-sage en est habituel, et il y a pins de qua-