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Tome cinquième.
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rante ans que ce dernier pays l’a introduitedans son agriculture.

On rentre ensuite le Blé dans les greniers,où il ne faut d’abord l’amonceler qu’à peu dehauteur. Ainsi, l’on a calculé que le Blénouveau ne peut être entassé qu’à 40 ou50 centimètres; à un an, à 60 cent.; à deuxans, à 70 cent., et, passé cette époque, à80 cent, au plus. Il convient que l’air ar-rive incessamment renouvelé dans le gre-nier à Blé et en rafraîchisse constamment lamasse. Depuis longtemps on s’occupe deperfectionner les moyens de conservationdes grains, et chaque année on propose desprocédés nouveaux. Duhamel, Dartigues,ClémentDesormes, MM. Cadetde Vaux, Ter-rasse-des-Billons, le comte Dejean, se sontsuccessivement occupés de cette question ;mais leurs appareils reposant sur des moyensdifférents de ventilation ou d’étuvage n’ontjamais complètement réussi. En 1838, M.Val-lery a soumis à l’examen d’une commissionun nouvel appareil à ventilation, au moyenduquel il force les Charançons à abandon-ner le grain. Les expériences faites en pré-sence des commissaires ont prouvé que laventilation avec rotation n’empêche pas ledéveloppement de la larve, sa métamor-phose en nymphe, et sa transformation eninsecte parfait. Le problème de conservationn’est donc pas encore résolu, et l’on a plusd’avantage de recourir aux silos, dont l’u-sage remonte à la plus haute antiquité, etpermet de conserver les Blés pendant untemps assez long pour qu’on ait trouvé desgrains mis en réserve par les anciens.

Varron dit que le Blé peut être conservépar cette méthode pendant cinquante an-nées ; mais on a des exemples d’une con-servation bien plus longue: car, en 1707, ondécouvrit, dans la citadelle de Metz, du Bléconservé depuis 1552 , et l’on en put fairedu pain qui ne différait en rien de celuipréparé avec des farines nouvelles. Ce quiprouve qu’on peut conserver les grains pres-que indéfiniment, c’est que, lors de notreexpédition d’Égypte , on rapporta des grainsrecueillis dans les hypogées, et qui n’avaientrien perdu de leur fraîcheur. Il faut avouerque l’influence du climat est pour beau-coup dans la conservation des grains , etle climat de l’Égypte est un des plus con-servateurs. Il a même été semé des grains

de Blé trouvés dans le cercueil d’une momie,et ils ont parfaitement germé. Sous notreclimat, il n’en est pas de même : au boutde cinq ou six ans, un grand nombre devariétés de Blé ont perdu leur puissancegerminative, qui ne va pas plus loin quehuit ans. Au reste, c’est une semence trèsréfractaire, capable de supporter sans alté-ration des différences de température, dontles extrêmes , d’après des expériences ré-centes, sont de — 40° c., et —|— 45* c.

Les conditions indispensables d’une bonneconservation sont de soumettre préalable-ment le grain à une dessiccation complèteen le privant de ses facultés germinatives,et en détruisant les larves des insectes aumoyen de la chaleur.

Telles sont les diverses opérations que né-cessitent la culture du Bléet la conservationdes grains. Ses principaux ennemis sont, outreles petits Rongeurs, le Taupin strié, qui, àl’état de larve, cause de grands ravages dansles cultures de Froment, en dévorant les ra-cines de cette céréale ; plusieurs Diptères desgenres Oscina , Tephrilis et Sapromyza , quis’insinuent dans les chaumes verts et endévorent la moelle; la Calandre, ou Cha-rançon, Calandra granaria , qui dévore legrain , et qu’on ne détruit à l’état d’insecteparfait que par une ventilation fréquente ;la Cadelle, Tenébrio mauritaniens; l’Alucitedes grains ou Teigne des Blés , dont on nepeut délivrer le grain que par son expo-sition à une chaleur de 45 à 50 degrés cen-tigrades , et en le remuant pour en fairesortir les larves qu’on ramasse et détruit*La larve du Tenébrio molitor , commune dansles moulins, et recherchée pour la nourri-ture des rossignols, dévore la farine et 1®son; celles de la Blaps mortisaga , du Plin^ 8Fur et de la Pyralis farinalis vivent de l amême manière.

Dans le règne végétal, les plantes nui-sibles aux Froments sont : le Coquelicot , 1®Uhinanthus crista-galli , une espèce d’Érîge-ron, et l’Ivraie, la Nielle, la Moutardesauvage et le Muscari, dont les graines, mê-lées au grain, lui communiquent, par la mou-ture , un goût désagréable, et donnent sou-vent au pain des propriétés délétères. Enfin,parmi les Cryptogames, VUredo rubigo , véri-table cause de la rouille, YUredo linéarisé^Puccinia graminum , auquel on attribue I e