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Tome cinquième.
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Noir ou Mouchet , VUredo carbo , qui consti-tue le charbon, et VUredo caries , cause dela carie, parasites dont la destruction de-mande une nouvelle étude.

Il reste à parler de la différence qui existeentre les Blés rouges et les Blés blancs , lesdurs et les tendres. Les Blés durs ne don-nent que 70 p. 100 de farine, tandis queles tendres et les blancs en donnent 90p. 100; mais ces derniers contiennent plusd’amidon et moins de gluten, et sont d’uneconservation moins facile que les premiers.Le pain fait avec la farine des Blés durs estmoins blanc, mais il est plus savoureux etplus nutritif. Il résulte de ces observationsque, tandis que les cultivateurs regardentles Blés blancs comme les meilleurs, lesmeuniers et les boulangers les décrient. Pourarriver à concilier ces différends, M. Des-vaux, auteur d’un excellent Mémoire sur cesujet, conseille de mêler la farine de Blétendre à celle de Blé dur, pour obtenir uneexcellente combinaison. En général, les Blésdurs sont du Midi, et les tendres du Nord.Cette régie présente néanmoins de nom-breuses exceptions.

Les usages économiques du Blé sont tropconnus pour que je les énumère longuement.Comme fourrage vert, son chaume sert a lanourriture du bétail ; sa paille concourt àleur alimentation et sert à faire de la litière,qui se convertit, après avoir été imprégnéede leur urine et de leurs excréments, en unfumier destiné à restituer au sol des élé-ments de fertilité. Les autres usages de lapaille sont multipliés, et l’industrie en a sutirer les produits les plus variés. L’Italie aété et est encore en possession de nous four-nir ces chapeaux si recherchés pour la finessede leur tissu. Mais ce qui constitue avanttout l’utilité réelle du Froment, c’est la fa-rine, dont l’analyse a donné pour résultats :

Amidon . 74,5

Gluten. 12,5

Extrait gommeux et

sucré.12

Résine jaune . . • 1

100

Les propriétés alimentaires de la farinede Froment, la plus nourrissante et la plusagréable de toutes, rendent cette cultured’une haute importance ; elle contient beau-

coup plus d eglulen que les autres céréales.Cette substance végéto-animale , de couleurgrise, visqueuse, élastique , insoluble dansl’eau et l’alcool, facilement putrescible, etbrûlant à la manière des substances ani-males en répandant une odeur de corne,s’obtient en lavant sous un filet d’eau unemasse de farine réduite en pâte, dont elleforme le résidu. C’est au gluten qu’on at-tribue sa supériorité dans l’alimentation.

En traitant le gluten par l’alcool chaud ,M. Taddei en a dissous une partie qu’il anommée gliadine , et qui est un réactif plussûr que la gélatine pour déceler l’existencedu tannin , ainsi qu’un excellent contre-poi-son des sels mercuriels , et une partie inso-luble ou zymôme , susceptible de fermenta-tion et répandant une odeur d’urine putré-fiée. M. Berzélius regarde ces deux substan-ces comme ne différant pas de la gélatine etde l’albumine végétale. La pharmacie s’estemparée du gluten en poudre pour rempla-cer la gélatine dans les capsules de copahu,et il convient admirablement à ce genred’emploi.

Je ne parlerai pas de l’amidon que ren-ferme la farine : il ne diffère en rien de ce-lui que produisent les autres céréales etbeaucoup d’autres végétaux.

L’unique espèce de Triticum sauvage quiprésente de l’importance est le Chiendent,T. repens y qui nuit aux terres cultivées parson accroissement rapide , et ne peut êtredétruit que par incinération. On en em-ploie en pharmacie les racines, dont la sa-veur est sucrée, dans les tisanes diurétiqueset rafraîchissantes : on en met de 15 à 30grammes par litre d’eau. Les bestiaux enmangent volontiers les racines ; et dans lestemps de disette on pourrait les mêler aupain après les avoir réduites en poudre àcause de l’amidon qu’elles contiennent.

La conversion du Froment en farine aumoyen de moulins d’un mécanisme fortsimple ne remonte pas à une haute anti-quité , et ce ne fut que six siècles après lafondation de Rome que l’art de la boulan-gerie prit naissance : des mortiers concas-sant grossièrement le grain, des moulins àbras mus par des esclaves et fournissant unefarine grossière, tels furent les premierséléments de la nourriture des maîtres dumonde.