FRO
à faire bouillir dans 124 litres d’eau 15décalitres de gros son, et d’employer le pro-duit à convertir en pain 160 kilog. de farine.Ce pain est plus savoureux que le pain ordi-naire et se conserve plus longtemps frais.Beaucoup d’agronomes l’ont indiqué dansleurs ouvrages.
Un de mes parents, M. Bourlet d’Am-boise , avait importé d’Orient une machineau moyen de laquelle il détachait le péri-carpe du grain, et diminuait ainsi la quan-tité de son ; mais comme il lui manquait àla fois les lumières et les ressources indis-pensables pour arriver à un bon résultat,il fit en petit des essais qui réussirent, etne put jamais arriver à pratiquer en grand.11 tomba entre les mains de spéculateurs de-mandant avant tout des bénéfices, et quine voulurent pas continuer des expériencesdispendieuses.
On comprend d’après ce qui précèdequel avantage il y aurait à répandre le per-fectionnement des méthodes de mouture :car la consommation journalière de la France étant de 20 millions de kilog. de Froment,qui fournissent 5 millions de kilog. de son,on pourrait en retirer, en en extrayant toutela farine, d’après les calculs de Pourche ,2 millions de kilog. de farine de plus, et 4d’après ceux de M. Herpin.
En 1838, M. Robineau adressa à l’Aca-démie des sciences un procédé au moyenduquel il prétend mettre la farine à l’abride l’action de l’humidité et des attaques desinsectes, en la soumettant, non séparée duson , à une forte pression dans des moulesrectangulaires, dont elle conserve la forme.
En thérapeutique, on emploie la décoctionde mie de pain comme une boisson légère-ment substantielle , et l’on en prépare ladécoction blanche ; cuite avec du lait, elledevient la base de cataplasmes adoucissants.La croûte légèrement torréfiée sert à la pré-paration de l’eau panée, boisson acidulétrès rafraîchissante, et par la carbonisationon en obtient un charbon léger, excellentcomme poudre dentifrice.
On prépare avec le son des lavementsémollients ; les arts s’en servent pour net-toyer , en les lustrant, les étoffes de soie,et les ménagères en nourrissent leurs vo-lailles et autres animaux domestiques.
On peut fabriquer, avec le grain , de lat. v.
FRO 737
bière et de l’eau-de-vie ; mais son prix élevéfait employer à cet usage d’autres céréales.
A ces considérations , qui touchent à unepartie importante de l’économie sociale, àla nourriture du peuple, je joindrai unestatistique abrégée de la production du Blé en France .
La nulture du Blé occupe, en France , plusde 5,500,000 hectares ou 2,800 lieues car-rées , c’est-à-dire plus des 2/5 de l’étenduedes terres cultivées. La quantité de semencesabsorbées chaque année par ces 5 millionset demi d’hectares est de plus de 11 mil-lions d’hectolitres, et la production est de70 millions d’hectolitres ; ce qui donne, entrela récolte et la semence, un rapport approxi-matif de 6 1/3 : 1, ou à peu près 1 3/4hectolitre de Blé par individu, quantitécertes bien insuffisante pour l’alimentationde notre population. La cause de cette faibleproduction vient des mauvaises méthodessuivies en agriculture, et en dépit desquellesla production du Blé a cependant doublédepuis moins d’un siècle.
On a vu par ce qui précède les avantagesqui résulteraient d’une amélioration dansles procédés de culture qui, en prenant mo-destement les essais de Grignon pour base,triplerait la production de Froment, c’est-à-dire qu’au lieu de 70 millions d’hectolitres,on en aurait 200 millions, sans compterl’économie d’au moins 5 millions sur lasemence, et dont le résultat serait de porterà plus de 4 milliards de francs la valeurmoyenne des céréales, qui, dans l’état ac-tuel de notre production , est de 1 milliard2 à 300 millions. Il en résulterait un autreavantage : c’est qu’au lieu d’être les tribu-taires des États voisins, nous pourrions leuren fournir. Depuis 1829 jusqu’en 1840,l’importation du Froment en grain et en fa-rine s’est élevée à 270,892,447 fr., et nousn’en avons exporté que pour 43,129,114francs, ce qui fait 22,574,370 francs paran, ou un peu plus de moitié du chiffre d’ex-portation. Au prix moyen de 20 francs,l’importation équivaut à 1,128,718 hecto-litres, ce qui donne en poids 90,297,440 ki-logrammes , ou quatre jours et demi denourriture. Pourtant nous sommes le paysle plus producteur de l’Europe , puisque sur137 millions d’hectolitres de Blé produitspar la France j l’Angleterre, la Belgique ,
93