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Tome cinquième.
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l’Espagne, la Suède, la Pologne, la Hollande et la Prusse , nous figurons pour plus de lamoitié. Il en est de même de l'améliorationdes méthodes de mouture, qui pourraient,comme on l’a vu par ce qui précède, augmen-ter la quantité de farinede près d’un quart.

L’accroissement de la population et la dé-préciation toujours croissante du numéraireont fait constamment augmenter le prix duFroment. Aujourd’hui on peut évaluer à20 fr. le prix moyen de l’hectolitre ; tandisqu’il y a soixan te ans il ne valait que 18 livresle setierou!2 fr. l’hectolitre, et le marc d’ar-gent valait à cette époque comme aujour-d’hui 50 fr. Cet accroissement a été rapide ;car, vers le milieu du xvi e siècle, le setierde Blé ne coûtait que 1 livre 10 sous, et lavaleur du marc d’argent était de 14 livres.Plus on remonte vers les temps anciens,plus on voit baisser le prix du Froment.Ainsi, au xv e siècle, il valait 20 sous, 10 sousau xiv e , et 5 sous au xm e .

Aux époques de mauvaise récolte, la va-leur du Blé a quadruplé. En 1817, année dedisette causée par les pluies continuelles de1816 , le prix de l’hectolitre de Blé s’élevajusqu’à 80 fr. ; mais on a beaucoup exagéréle chilfre des mauvaises récoltes et celui desbonnes. Quand une année est favorable, onn’a un excédant de nourriture que pourvingt ou quarante jours, ce qui, avec l’étatactuel de notre population, représente de 3à 6 millions au plus d’hectolitres, chiffrebien moins élevé que celui répandu dansle public, qui croit qu’une année de ferti-lité produit du Blé pour une ou deux an-nées. Les mauvaises années sont dans lemême cas; et rarement, dans les plus mau-vaises , le déficit peut s’élever au-delà dequarante à cinquante jours. Cette propor-tion est encore énorme , si l’on pense quec’est une diminution de produit d’environun septième.

Il existe une telle solidarité entre le mou-vement de la population et celui des sub-sistances, que la première subit des fluctua-tions correspondantes à l’abondance ou à lapénurie des récoltes. M. Millot, à qui l’ondoit des travaux de statistique d’un grandintérêt sur cette matière, a prouvé numé-riquement que le nombre des soldats appe-lés chaque année sous les drapeaux variesuivant la fertilité de l’année correspondant

à leur naissance. Ainsi en 1817, époque dedisette, le nombre des naissances fut moin-dre , et en 1837, il ne se présenta au tirageque 295,732 conscrits; tandis qu’en 1834,année correspondant à 1814, époque <F a "bondance , les listes de conscription furentde 326,298. On remarqua , comme vérifi-cation de ce fait, que les départements q ulavaient le plus souffert furent ceux qui four-nirent le moins d’hommes. Le résultat deces recherches est que les années d’abon-dance fournissent de 5 à 6 pour 100 en plus,et celles de disette jusqu’à 17 pour 100 enmoins. Les mariages et l’accroissement dela population suivent la même loi, qui régi 1conséquemment la constitution médicale-Le docteur Méfier, qui s’est occupé de cettequestion, a constaté, d’après des calculs fai tssur une période de cent soixante années »que le nombre des malades et celui des décèsaugmententoudécroissent avec l’abondanceou la disette..Ces faits sont d’un immenseintérêt en économie sociale, et prouventjusqu’à quel point il faut se défier des éco-nomistes de l’école de Malthus -, qui croient al’accroissement indéfini de la population, etpensent qu’un jour, le globe étant habité « urtous les points par une population aussi près -sée qu’en Belgique , elle sera réduite à pé rIfde besoin ; de là ses théories pour empêche*le mariage et la propagation parmi les clas-ses indigentes, et ses doctrines barbares snfles établissements de bienfaisance. II ne fa ütpas perdre de vue que la nature organiq ueforme une chaîne continue présentant entoutes ses parties un équilibre parfait : l* ,n 'telligence de l’homme ne peut le soustraireà cette loi générale, et sa vie est intime'ment fiée à celle des autres organismes q ülnaissent et meurent autour de lui.

If esf une dernière question , d’unrêt national, sur laquelle les économiste 5sont peu d’accord : c’est* la liberté du com-merce des grains; et, en effet, il n’est riende plus complexe que cette question, fl ultouche à deux intérêts aussi précieux 1 unque l’autre : protéger l’agriculture contrel’envahissement des céréales étrangères, etassurer néanmoins la subsistance du penpie. C’est pourquoi*, depuis le xvi® siècle,époque des premiers règlements sur le commerce des grains-, on a tantôt favorisé, tantôt défendu l’exportation.