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Tome cinquième.
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sur le milieu de la longueur des tentacules,et c’est en cela que ce g. se rapproche nota-blement des Pourpres. Comme on le voit,si ce caractère conserve par sa constance unegrande valeur zoologique, il faudrait obser-ver un grand nombre des animaux des genresFusus , Fasciolaria et Turbinella, pour pou-voir classer définitivement les espèces, puis-qu’il se pourrait que dans un même g. na-turel, il se trouvât des espèces ayant la co-quille chargée de varices , comme dans lesMurex , ou sans varices, comme dans les Fu-seaux ; ou bien présentant à la columelle,soit quelques plis très obliques, comme dansles Fasciolaires , ou des plis médiocres ettransverses, comme dans les Turbinelles. Ilpourrait également résulter de cette nou-velle manière d’envisager les genres quinous occupent, que l’on serait égalementobligé de ranger parmi les Murex des co-quilles sans varices, les unes à, columellesimple, les autres à columelle plissée. Il estencore une autre difficulté à la classificationd’un certain nombre d’espèces qui flottent,pour ainsi dire , entre les Fuseaux et lesBuccins ; lorsque nous avons traité de cedernier g. , nous avons fait voir qu’il fallaiten détacher les Trilonium de Muller, qui,par leurs caractères , établissent un passageentre la famille des Murex et celle des Buc-cins. On concevra sans peine que pour dé-cider définitivement de la place que doiventoccuper les diverses espèces des genres dontil vient d’être question, il ne suffit pas deconnaître les animaux de quelques unesd’entre elles, il faudrait que l’observationd’un plus grand nombre permît de généra-liser les caractères zoologiques , et d’appré-cier enfin leur valeur.

Le g. Fasciolaire de Lamarck, dont nousavons déjà dit quelques mots , a un animalqui ne diffère en rien de celui des Fuseaux,d’après MM. Quoy et Gaimard . Les coquilleselles-mêmes sont fusiformes, et ne se dis-tinguent des Fuseaux proprement dits quepar quelques plis très obliques et inégaux ,se montrant constamment à la base de lacolumelle. Ces plis vont en décroissantd’avant en arrière, et leur constance leur afait attribuer une valeur générique par La-marck. Il paraît cependant que cette valeurest à peu près nulle : aussi pensons-nousqu’il est convenable de faire rentrer les Fas-

ciolaires parmi les Fuseaux , en formantpour elles une petite section particulière.On est d’autant plus porté à amoindrir lavaleur de ce caractère, -que l’on en voit unemodification dans le g. Fulgur de Montfort,dans lequel il n’existe plus qu’un pli co-lumellaire, au lieu de trois qui sont dans lesFasciolaires. L’adjonction de quelques Tur-binelles au g. Fuseau pourrait se justifieraussi par quelques espèces établissant unpassage entre les deux genres ; c’est ainsique, parmi les fossiles des environs de Pa-ris , Lamarck avait signalé depuis longtempsdes Fuseaux qui ont un ou deux plis trans-verses sur le milieu de la columelle ; enajoutant un troisième pli, ces Fuseaux de-viendraient des Turbinelles, et l’on convien-dra que ce caractère des plis columellaires aréellement peu de valeur. En adoptant lesvues nouvelles que nous venons d’exposer,on pourrait caractériser le g. Fuseau de lamanière suivante :

Animal gastéropode, rampant sur un piedpetit, épais, ovale ou subquadrangulaire ;tête petite, aplatie, étroite, terminée enavant par deux tentacules courts, coniques,portant les yeux à la base, du côté externe;manteau court, se prolongeant en avant enun canal étroit, un peu plus long que celuide la coquille; la tête percée en dessousd’une fente buccale étroite, en forme de bou-tonnière, et par laquelle l’animal fait sortirune trompe plus ou moins longue ; coquilleallongée, fusiforme , généralement étroite,ayant la spire au§si longue ou plus longueque le canal terminal ; ouverture ovalaire ,à columelle tantôt simple, tantôt plissée ,soit à la base, soit vers le milieu; canal ter-minal, allongé, étroit, sans échancrure ter-minale ; ce canal est droit, et non renversévers le dos de la coquille ; opercule corné ,onguiforme, à sommet terminal.

Tel que nous venons de le caractériser ,le g. Fuseau renferme un très grand nombred’espèces répandues dans presque toutes lesmers ; cependant le plus grand nombre, etcelles qui acquièrent la plus grande taille,proviennent des mers les plus chaudes, oùelles sont en grande abondance. On en con-naît aussi à l’état fossile un nombre presqueaussi considérable que de vivantes. Ces fos-siles appartiennent aux terrains tertiaires,et c’est dans les terrains parisiens qu’on en