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Tome huitième.
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blir que les travaux de l’homme à la surfacede la terre peuvent notablement changer etmodifier la température d’un lieu. D’aprèsles relations des anciens, on est porté àcroire que le froid en Europe était jadisplus intense qu’aujourd’hui. Nous savonspositivement que le climat d’Amérique estdevenu plus chaud depuis qu’on a diminuéla vaste surface de ses forêts. En effet, lesforêts d’une grande étendue, dit le célèbrede Humboldt, empêchent les rayons solairesd’agir sur le sol ; leurs organes appendicu-laires (les feuilles) provoquent l’évaporationd’une grande quantité d’eau, en Vertu deleur activité organique, et augmentent lasuperficie capable de se refroidir par voiede rayonnement. Les forêts agissent doncde trois manières : par leur ombre, par leurévaporation, par leur rayonnement.

Dans son beau travail sur la chaleur cen-trale du globe, M. Cordier pense que laplupart des différences de température qu’onobserve sur un même parallèle pourraientprovenir de la plus parfaite conductibilitédes couches géologiques qui enveloppent lecentre incandescent de la terre. On sait quele globe a une température qui lui estpropre, et qu’à une certaine profondeurcette température , indépendante de l’actiondu soleil, demeure constamment invariable.Les expériences démontrent qu’elle s’élèveà mesure qu’on descend à des profondeursplus grandes. La loi de celte progression està peu près d’un degré par 32 mètres.

Dans l’atmosphère, la température suitune progression inverse à celle du sol, c’est-à-dire qu’elle diminue à mesure qu’on s’é-lève au-dessus du niveau de la mer. Ontrouve que la température décroît égalementavec la hauteur, dans tous les climats , lors-qu’on part d’une même température infé-rieure ; mais la loi de la progression changeavec ce point de départ, de sorte que dansles zônes tempérées, par exemple, d’aprèsles observations de Saussure, elle est enhiver de 230 mètres par chaque degré duthermomètre centigrade, et de 160 en été.Il y a donc une hauteur où le refroidisse-ment progressif atteint le terme de la glace.De là l’existence des neiges éternelles surles hautes montagnes, et l’inégale élévationdu point où elles commencent dans les dif-férents climats. Non seulement le décrois-

sement vertical de la températur varie sui-vant les climats et les saisons, mais aussisuivant l’exposition , et même l’état plus oumoins transparent du ciel.

On doit à M. Al. de Humboldt la précieuseapplication de la géographie des plantes à lamesuredela lempératuremoyennedes lieux.Cet illustre voyageur a déterminé d’une ma-nière générale l’élévation et la températuredes zônes où chaque plante semble se com-plaire. Chaque végétal ne peutvivrequ’entrecertaines limites déterminées de tempéra-ture, et la proximité de ces limites est in-diquée par sa végétation plus ou moins ché-tive. Ainsi, l’aspect des végétaux qui sub-sistent dans chaque contrée oITre comme unesorte de thermomètre vivant, qui indiqueau voyageur la moyenne des températuresannuelles et leurs extrêmes.

Une des questions les plus intéressantesque l’on puisse se proposer de résoudre estde savoir si l’état lhermométrique du globea changé depuis les temps historiques. Voicila manière ingénieuse dontM. Arago se sertpour trouver la solution de ce problème :Pour que la Datte mûrisse, il faut au moinsun certain degré de température moyenne.D’un autre côté, la Vigne cesse de donnerdes fruits propres à la fabrication du vin,dès que la température dépasse un certainpoint du thermomètre également déterminê-Or, la limite thermométrique en moins dela Datte, diffère très peu de la limite ther-mométrique en plus de la Vigne; si doueon trouve qu’à deux époques différentes, J aDatte et le Raisin mûrissent simultanémentdans un lieu donné, on doit en conclure q uedans l’intervalle, le climat n’y a pas sensi-blement changé.

La Bible nous apprend que, dans les tetnP 9les plus reculés, on cultivait le Palmier enmême temps que la Vigne, au centre desvallées de la Palestine. Les Juifs mangeaien®des Dattes et buvaient du Vin. Le Rais ,nfigurait comme symbole sur les monnaie*hébraïques, tout aussi fréquemment quePalmier. Pline, Théophraste, Tacite , J®sèphe, Strabon , etc., font également mention de ces faits. Voyons maintenant d uedegrés de chaleur la maturation de la D aet celle du Raisin exigent. A Palerme ( ‘cile, côte nord), dont la tempêr a ® u . ÿmoyenne surpasse 17°, le Dattier croit, m