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Candolle, que nous n’avons voulu indiquerqu’en dernier lieu, parce que nous auronsà discuter la valeur dos bases sur lesquelleselle repose, et que cet examen nous con-duira naturellement à exposer l’organisa-tion anatomique des végétaux compris dansl'embranchement des Monocotylédons. Ap-puyée du grand noin de son auteur, cetteméthode a pris une haute importance; ellea introduit dans la science deux dénomina-tions nouvelles, que plusieurs auteurs adop-tent, même aujourd’hui, préférablement àcelles de Monocotylédons et de Dicotylédons .En effet, nous les voyons conservées l’uneet l’autre par M. Lindley, dans son Vege-table Icingdom, qui vient de paraître il y apeu de mois; malheureusement nous mon-trerons bientôt qu’elles reposent sur unegrave erreur anatomique, erreur déjà re-connue et démontrée depuis plusieurs an-nées, et qu’on est surpris de voir partagéede confiance par des botanistes éminents,mais sans doule peu au courant des travauxmodernes sur l'anatomie végétale.
Dans sa Théorie élément, de la botanique,ouvrage remarquable à tant d’égards, etqui constitue l’un de ses plus beaux titresde gloire, A.-P. De Candolle divisa les vé-gétaux vasculaires ou colylédonés en deuxgrandes sections, qu’il nomma et caracté-risa de la manière suivante: I. Exogènes,dans lesquels les vaisseaux sont disposés parcouches concentriques, dont les plus jeunessont en dehors; II. Endogènes, dont lesvaisseaux sont disposés par faisceaux, parmilesquels les plus jeunes se trouvent au centrede la lige. Dans les Endogènes entraient :1° les Monocotylédons proprement dits ,sous le nom d'Endogènes phanérogames ;2° les Acotylédons vasculaires, sous le nomü'Endogènes cryptogames. Or, nous allonsmontrer maintenant par l’examen anato-mique de la tige des végétaux qualifiés d’En-dogènes par De Candolle , que leur organi-sation est tout autre que ne l’avait admisele botaniste gcnévois , sur l’autorité deDesfontaines et Daubenton. Cet exposé ser-vira en même temps à résumer les princi-paux travaux qui, depuis quelques années,ont eu pour objet cette importante portiondu règne végétal.
Depuis bien longtemps déjà l’on avaitremarqué une différence frappante entre le
bois d’un végétal Monocotylédon , d’un Pal -rnier, par exemple, et celui d’un de nosarbres dicotylédons, tels qu’un Chêne, unOrme ou un Pêcher; on avait vu que cedernier se compose de couches solides etconcentriques, se recouvrant l'une l’autre,et dont les plus dures occupent le centre ,tandis que les plus jeunes se trouvent à lacirconférence; que le premier, au contraire,est formé de faisceaux fibro-vaseulaires dis-tincts et séparés les uns des autres, nonréunis en couches concentriques, mais épars,rares et espacés vers le centre, nombreuxet serrés vers la circonférence, qui en de-vient beaucoup plus dure; mais cette ob-servation, faite comme en passant et sansvue générale , avait été stérile pour lascience. Pendant ses voyages dans l’Afrique septentrionale, Desfontaincs porta son at-tention sur ce sujet; il examina la structurede divers Monocotylédons, et il consigna lesrésultats de ses recherches et les conclusionsqu’il crut pouvoir en déduire dans un mé-moire qui fit époque dans la science. ( Surl'organisation des Monocotylédons ; Mém. deVInst., an vu; Journ. dephys. de Delame-therie, pluviôse an vu, p. -141.) D’après lui,la tige d’un Monocotylédon ligneux estbeaucoup moins consistante à son centre ,parce que là se continuent incessammentla végétation et la formation de nouvellesfibres qui refoulent sans cesse celles déjàexistantes; de là celles-ci finissent par être« tellement serrées les unes contre les au-« très, qu’elles ne paraissent plus cédera» l’effort de la végétation qui tend sans» cesse à les rapprocher, en les portant du» centre à la circonférence.» Ces idées furentadoptées par les botanistes, qui, sans lesappuyer sur de nouvelles observations, ,esmodifièrent encore et les généralisèrent plusque ne l’avait fait Desfontaines lui-même :ainsi plusieurs Traités élémentaires repro-duisirent cette assertion dénuée de fonde-ment, que la lige d’un Monocotylédon secompose d’une foule de faisceaux simple-ment juxtaposes et parallèles, dont les plusnouveaux occupent le centre et, à mesurequ’ils se forment, repoussent les plus auciens vers la circonférence. Par là fut mtroduite dans la science cette théorie selonlaquelle les Monocotylédons végètent et sedéveloppent par leur portion centrale, theu