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que dans les différents points de son trajetun même faisceau modifie beaucoup sesdimensions, sa consistance et sa structureanatomique. Dans sa portion supérieure ilprésente sa structure la plus complexe et enmême temps sa consistance la plus faible.A mesure qu’il descend , sa consistanceaugmente; enfin,à son extrémité inférieureil est réduit à l’état de filaments grêles,résistants, simples ou divisés. Il présente saplus grande épaisseur dans sa portion quiavoisine le centre de la tige.
D’après les belles observations de M. II.Mohl, trois parties bien distinctes entrentdans la composition d’un faisceau : I" leliber; 2° les vaisseaux propres; 3° le corpsligneux. Le liber occupe la portion la plusextérieure du faisceau. Il se compose decellules prosenchymateuses à parois épaisseset ponctuées, qui forment la partie la plusdure et la plus résistante du faisceau; or,comme ces cellules constituent tout le fais-ceau à son extrémité inférieure , et que leurquantité relative diminue à mesure que l’onconsidère un point plus élevé dans la lige ,on s’explique très bien la diminution gra-duelle de consistance du bas vers le haut dece même faisceau. Le corps ligneux occupe lecôté intérieur du faisceau. Il se compose decellules parenchymateuses allongées , à pa-rois assez minces , ponctuées, entourant desvaisseaux de deux sortes, les uns extérieurs,très grands, souvent assez larges pour êtrevisibles à l’œil nu, au nombre d’un oudeux, à parois ponctuées ou réticulées; lesautres beaucoup plus petits, plus nom-breux, et annelés ou spiraux; ces derniersforment de vraies trachées qui occupentle point le plus central. Enfin, ce queM. Molli nomme vaisseaux propres estsitué entre les deux parties précédentes, etse compose de cellules très allongées, dediamètre variable , et à parois minces.Comme le fait observer M. Schleiden, cen’est autre chose que le tissu le plus jeunedu faisceau, ou ce qu’on nomme le cam-bium. Dans sa portion inférieuregrêleet trèsrésistante, le faisceau est formé tout entierpar les cellules libériennes; plus haut, onvoit se joindre à celles-ci un commencementde corps ligneux, dans lequel il n’existeencore qu’un seul gros vaisseau entouré dequelques cellules; enfin, vers la partie su-
périeure, les trois éléments constitutifs dufaisceau existent simultanément, mais sonliber a considérablement diminué et neforme plus qu’une couche assez mince,en forme d’arc, tandis que son corps ligneuxa pris beaucoup de développement, et con-stitue la plus grande partie de la masse to-tale devenue par là beaucoup moins [ré-sistante.
En résumé, l’on voit qu’une tige deMonocotylédon est loin d’avoir ses partiesjeunes au centre, puisqu’au contraire sesfaisceaux de nouvelle formation se placenttoujours plus extérieurement que ceux quiexistaient déjà; que dès lors ces végétauxn’ont pas une végétation centrale, et quepar suite la division des végétaux phanéro-games en Endogènes et Exogènes reposesur une simple erreur d’observation et doitêtre abandonnée. Quelques mots achèverontde faire connaître l’organisation anatomiquedes Monocotylédons.
D’abord, le bois de ces végétaux étantformé simplement de faisceaux fibro-vascu-laires épars au milieu du tissu cellulaire,il en résulte que ce dernier ne s’agglomèrepoint en moelle dans un canal médullaired’organisation particulière, comme chez lesDicotylédons ; cependant dans certains casle centre même de la tige en présente uneagglomération assez considérable et asseznettement limitée pour que quelques bota-nistes aient cru devoir la qualifier de moelle.De plus, on n’observe dans la masse ligneuserien d’analogue aux rayons médullaires quiexistent chez la grande majorité des Dico-tylédons , mais non chez tous, comme lemontrent plusieurs exemples cités parMM. Ad. Ilrongniart, A. de Jussieu et parnous-mêrne. A l’extérieur, cette tige est re-vêtue d’un épiderme et d’une couche cor-ticale, cellulaire, mince et très simple,dont l’organisation ne ressemble pas à celledes Dicotylédons , et ne présente jamais decouches fibreuses superposées comme chezces derniers.
Quelques modifications généralement lé-gères à l’organisation que nous venons derapporter se remarquent chez divers Mono-cotylédons. La plus frappante est celle queprésentent les Liliacées, particulièrement
les Dracæna et Cordyline, par suite de la-quelle leur tige, au lieu de rester toujours