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Tome huitième.
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comme faisant partie de la tige même.Ainsi encore, sans parler du S. slolonife-rum, rapporté récemment du Mexique parMM. Schiede et Deppe, ni du Solanum que,d’après M. Alcide d’Orbigny , les Bolivienscultivent sous le nom de Papa Usa, et quiparaît l’emporter, à certains égards, sur laPomme de terre elle-même, nous mention-nerons une espèce que Manuel Blanco , danssa Flore des Philippines (Flora de Filipinas,in-S", Manille , 1837) décrit sous le nom deSolanum sinense. Cette plante est, dit-il,originaire de la Chine ; on la cultive auxPhilippines pour ses tubercules, qui ressem-blent à ceux de la Pomme de terre, dontla grosseur égaleau plus la moitié du poing,et qui sont estimés par les habitants de ceslies (1).

La Morelle tubéreuse est cultivée trèsabondamment et depuis une haute antiquitédans les parties un peu élevées de la Colom-bie, au Pérou , où elle porte le nom dePapas, etc. ; elle forme l’aliment principaldes habitants de ces contrées. Il paraîtmême démontré qu’elle est originaire duPérou , quoique la détermination du lieuprécis où elle se trouve à l’état sauvage soitentourée de difficultés , de même que pourles autres végétaux alimentaires les plusimportants. Son introduction en Europe re-monte à moins de trois siècles ; c’est seule-ment à une époque bien plus rapprochée denous qu’elle a commencé de se répandrepartout et que son tubercule est devenuune matière alimentaire de la plus hauteimportance. Les auteurs ne sont pas d’ac-cord relativement à celui à qui revientl’honneur d’avoir doté l’Europe de cette pré-cieuse acquisition. Au milieu de cette diver-gence d’opinions , nous croyons voir plus deprobabilité en faveur de la version repro-duite par le docteur Putsche ( Vcrsuch einerMonographie der Karloffeln, in-4, Weimar ,1819), et nous croyons dès lors devoir l’a-dopter. Selon ce savant, le capitaine John

(i) Planta orimida d<* China, de la altura de dos pics, y quese planta en este pais por sus raices que son estimndiis, fgnorosi esta planta se potlra perpettiar, ya de por si, sin necesidad«R* traiter anualmente las raîces de China Estas se parrren alas patatas de Espngnn , y la coïtera es bianquerina como enoti as que vi yo en Vallatlolid... Se multiplican plantando lasrtmirs, o derrrhas o lierhadas o por los yemas de la rairedtvidieudolas estas. El gitintlor de los mnyores raices es romola midad dcl puguu. Illunt o, 1. r., p. i3-.

Hawkins est le premier qui ait essayé d’in-troduire en Europe la culture de cette plante;en 1503, il en rapporta en Irlande , deSanta-Fé de Bogota , quelques 'tubercules,qui furent entièrement négligés. Aussi lenom de Hawkins ne peut il figurer que pourmémoire dans l’histoire de l’importation dela Pomme de terre en Europe . Le célèbrenavigateur Franz Drake, qui avait d’abordnavigué sur les vaisseaux de Hawkins, re-connut toute l’étendue des services quepourrait rendre à l’Europe la culture de ceprécieux végétal. A son retour de son expé-dition dans la mer du Sud , il en porta destubercules en Virginie, où ils furent cul-tivés avec succès. Ce fut en Virginie qu’ilprit ceux qu’il porta en Angleterre en 1586,et qu’il remit à son propre jardinier, en luienjoignant de donner tous ses soins auxplantes qui en sortiraient. On s’expliquepar ce fait pourquoi la Morelle tubéreusefut regardée d’abord comme originaire de laVirginie. Drake donna également quelquestubercules de cette plante au botaniste an-glais Gérard, qui les planta dans son jardinà Londres , et qui, à son tour, en envoyaà quelques uns de ses amis, et particulière-ment à Clusius : aussi ce dernier botanisteest-ii le premier qui ait fait mention del’espèce qui nous occupe. Tout porte à croireque vers la même époque il arriva des Pom-mes de terre dans le midi de l’Europe , parl’intermédiaire des Espagnols ; mais les do-cuments historiques ne sont pas très précisà cet égard , et de plus, on n’apprécia pasplus en Espagne et en Italie qu’en Angle-terre l’importance de la nouvelle acquisi-tion , qui resta dans la catégorie des raretés,et qui fut même bientôt oubliée, puisquel’on regarde assez généralement cette con-quête si importante pour l’Europe commedue à l’amiral Walter Raleigh , tandis quece célèbre marin n’eut en réalité d’autremérite que de rapporter de nouveaux tu-bercules de Virginie en Irlande , au com-mencement du xvii 0 siècle. Cette fois, ce-pendant, l’acquisition fut définitive, ellescultivateurs de la Grande-Bretagne, en ap-préciant la haute valeur, commencèrent aen faire l’objet de tous leurs soins : aussicette nouvelle culture ne tarda-t-elle pas aprendre de l’importance dans les tics Britan-niques ; mais son introduction et ses progrès