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sur le continent furent beaucoup plus tar-difs. En 1616, il est vrai, des Pommes deterre furent servies en France sur la tabledu roi; mais ce fait même montre que c’é-tait alors dans notre royaume une raretéde haut prix; et l’on sait, en effet, quejusque vers le dernier tiers du xvm' siècle,la culture de cette plante se répandit à peinesur quelques points. En Allemagne , ce nefut qu’en 1650 que son introduction eutlieu, et les mêmes préjugés, les mêmes er-reurs populaires qui, chez nous, entravè-rent si longtemps sa marche, eurent deseffets analogues pendant longtemps au-delàdu Rhin . Enfin , vers la fin du xviii 0 siècle,un homme dont le nom est devenu célèbre,Parmentier, employa plusieurs années desa vie en efforts dont une énergie de volontépeu commune et une conviction profondepouvaient seules le rendre capable, pourpropager parmi nous une plante qu’il savaitêtre appelée à rendre les plus grands ser-vices. Cependant ses efforts et ses écritsn’auraient peut-être amené que partielle-ment les résultats qu’il désirait; mais ladisette de vivres qui suivit les premièresguerres de la révolution fit sentir toutel’étendue des ressources qu’offrait la plantepréconisée par Parmentier: la Morelle tu-béreuse se répandit presque instantanémentsur toute l’étendue de la France , et lorsqueses immenses avantages furent universelle-ment constatés, la reconnaissance publiquela nomma Parmenlière , pour rappeler lenom de l’homme de bien dont les généreuxelforts avaient enfin contribué à produirede si importants, résultats. Aujourd’hui, ilest inutile d’insister sur le mérite de cetteplante; aucune voix ne s’élèverait pour lecontester.
Depuis que sa culture a pris de l’extensionen Europe , la Morelle tubéreuse a donnéun nombre extrêmement considérable devariétés que distinguent des différences dansl’époque du développement, dans la grosseur,la forme, la couleur, la surface , etc. , destubercules, dans le mode de végétation ,dans les feuilles, les fleurs, etc. Beaucoupde ces variétés sont caractérisées par desNuances tellement délicates , qu’un œil trèsexercé éprouve souvent de la difficulté à lessaisir. Il ne peut entrer dans le plan de cetouvrage de signaler ces nombreuses variétés ;
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mais, d’un autre côté, il est impossible deles passer toutes sous silence, sans faireconnaître en quelques mots les plus con-nues et les plus utiles d’entre elles, cellesque l’on cultive le plus habituellement enFrance .
Parmi ces variétés, il en est que l’onqualifie de hâtives , comme donnant leursproduits de très bonne heure : elles sont engénéral médiocrement productives; maisles malheureuses circonstances qu’ont pré-sentées ces deux dernières années tendentà leur donner de l’importance, puisque leurrécolte a échappé entièrement au fléau quia sévi si cruellement sur les variétés tar-dives. Parmi elles, on distingue surtoutles suivantes : la Pomme de terre nainehâtive, dont les tubercules sont jaunes ,ronds et déjà bons à être récoltés au moisde juin, et la fine hâtive, à peu près aussiprécoce, mais de meilleure qualité et plusproductive. La Chave ou Schaw , un peumoins précoce, mais déjà mûre en juillet,et d’ailleurs plus productive ; ses tuberculessont plus gros, jaunes, de bonne qualité etde forme arrondie un peu ovoïde. La grossejaune hâtive l’emporte beaucoup sur les troisprécédentes pour l’abondance des produits;mais ceux-ci sont de qualité médiocre, etsont principalement employés, comme four-rages-racines, à la nourriture des bestiaux.A la suite des variétés hâtives, on peutranger celles qui arrivent plus tard et cellesqu’on qualifie de tardives; ce sont les plusnombreuses et aussi les plus répandues ;parmi elles, nous mentionnerons les sui-vantes : la truffe d'août, dont les tuber-cules sont mûrs en août, d’un rouge-pâleet de très bonne qualité; le Cornichonjaune ou Hollande jaune, à tubercules al-longés , jaunes, très farineux et des plusdélicats ; le Cornichon rouge ou rougelongue, très connu à Paris sous le nom devilelolte: tubercules de forme très allongée,rouges, fermes et très longs, fort estimés ;la descroizille , à tubercules rosés, de formeallongée, de très bonne qualité et très fécu-lents, se conservant très bien; la tardived'Irlande , qu’on nomme aussi Pomme deterre suisse , que distingue particulièrementsa propriété de se conserver presque sanspousser jusque vers le milieu de l’été qui asuivi la récolte. Dans cette même catégorie