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Tome huitième.
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des Pommes de terre tardives rentrent lesvariétés que l’abondance de leurs produitsa fait adopter plus spécialement que lesprécédentes dans la grande culture , et quiservent principalement à la nourriture dupeuple des campagnes et à celle du bétail.Ce sont la grosse ronde Manche ou patraqueManche, qu’on cultivait surtout beaucoupil y a quelques années, et qui se distinguepar l’abondance de ses produits ; la grossejaune ou patraque jaune, la plus communeaujourd’hui, dont les tubercules sont gros,nombreux et ramassés, ce qui distingue cettevariété de la grosse jaune coureuse; onl’emploie beaucoup pour les féculeries.Enfin, pour ne pas trop prolonger cetteénumération , nous nous bornerons à citerencore la Pomme de terre Rohan , qui a ététant préconisée il y a quelques années , etqui, dans certains terrains, donne des tu-bercules énormes , mais bons seulementpour la nourriture des bestiaux; et, commesimple objet de curiosité, la Pomme delerreharicot, à tubercules remarquables parleurpetitesse, ainsi que des variétés marbrées,d’un violet très foncé et presque noir, etc.

L’une des qualités les plus précieuses dela Morelle tubéreuse consiste dans la faci-lité de sa culture et de sa multiplication.Elle s’accommode presque de toutes les na-tures de sol ; cependant, les terres argileu-ses compactes lui sont peu favorables. Pourles détails de cette culture, nous renverronsaux ouvrages d’agriculture et aux traitésou mémoires spéciaux. Sa multiplication sefait de diverses manières : 1° Par graines;c’est de cette manière qu’on obtient les va-riétés nouvelles ; mais jamais on n’a recoursaux semis dans la culture en grand, à causede la nécessité d’attendre les produits pen-dant deux ans. 2” Par les tubercules, cequi constitue de véritables boutures. A cetégard, tantôt on plante les tubercules toutentiers, tantôt on les divise par morceaux,dont chacun doit porter au moins un bour-geon ou un œil. On a cherché à reconnaîtrequel est le plus avantageux de ces deux der-niers moyens de multiplication, et les nom-breuses expériences comparatives qui ontété faites à ce sujet ont paru prouver qu’ilvaut mieux employer des tubercules entiersde grosseur moyenne que de simples frag-ments.

Nous n’essaierons pas d’énumérer tous lesusages de la Morelle tubéreuse et de sesdiverses parties. Ses tubercules rivalisentaujourd’hui d’importance avec les céréalespour la nourriture de l’homme et des bes-tiaux ; ils l’emportent même de beaucoupsur elles dans certains pays, comme la Bel-gique et l’Irlande , où ils jouent le mêmerôle dans l’alimentation du peuple que lemaïs dans quelques uns de nos départe-ments méridionaux. Ce n’est pas seulementen nature qu’on les consomme : l’extractionde leur fécule constitue une industrie im-portante; cette fécule devient la base denombreuses préparations alimentaires ; ellesert même à la fabrication d’un pain debonne qualité, soit pure , soit surtout mé-langée d’environ moitié de farine de fro-ment; enfin , par l’effet de la fermentationalcoolique, elle donne un alcool et une eau-de-vie qui, dans certains Tfays du nord del’Europe , et surtout parmi les classes infé-rieures de lasociété, sont consommés en trèsgrande quantité, concurremment avec lesalcools et les eaux-de-vie de vin. Les faneselles-mêmes de ce précieux végétal ne sontpas dépourvues d’importance : les bestiauxles mangent volontiers, et elles constituentainsi pour eux un bon fourrage; de plus,enfouies dans la terre, elles forment un ex-cellent engrais ; enfin il n’est pas jusqu’auxfleurs qui ne puissent être utilisées, puis-qu’on peut en extraire une matière colo-rante jaune.

Les usages médicinaux de la Pomme deterre sont très peu importants, et tout cequi a été dit à cet égard mériterait peut-être d’être l’objet d’un nouvel examen plusattentif et sans prévention; dans l’état ac-tuel des choses, ils se bornent à l’emploi desa fécule, principalement en cataplasmes:aussi nous ne nous y arrêterons pas; etnous terminerons ce que nous avons adire sur cette espèce par quelques mots surdeux maladies qui, dans ces dernières an-nées, ont fait des ravages affreux dans lescultures âe ce précieux végétal.

La première de ces maladies parait s’êtremanifestée pour la première fois, en 1830 ,dans plusieurs districts de l’Allemagne voisins du Rhin ; de là elle se répandit dansle Palatinat, entre Cologne et Neuwied , prèsd’Erfurtb, en Saxe, dans le Mecklembourg ,