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Tome huitième.
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la Bohême et la Silésie . Dans ces diversescontrées ses ravages furent tels, que la ré-colte de la Pomme de terre en fut réduitedes deux tiers sur plusieurs points. Ses ca-ractères étaient fort remarquables. Les tu-bercules qui en étaient affectés n’en of-fraient d’abord extérieurement d’autre in-dice que des taches plus foncées et réticuléesà leur surface, dues à la dessiccation partiellede l’épiderme. Plus tard, la dessiccation deleur tissu faisait des progrès rapides, et leurintérieur présentait plusieurs parties d’uneteinte livide et'noirâtre. Enfin, l’altération,gagnant sans cesse, arrivait à un tel degré,que les tubercules entiers devenaient durscomme une pierre, au point de pouvoir êtrefrappés à coups de marteau sans se briser;leur dureté résistait même à l’action del’eau bouillante et de là vapeur, et l’on sentdès lors qu’il devenait absolument impos-sible de les utiliser. Cette maladie, qui s’estmontrée à des degrés variables d’intensitépendant plusieurs années, a été nommée enAllemagne Trockenfaüle , Sloclcfaüle , ougangrène sèche. Chargé par le gouvernementBavarois d’en étudier la nature, les progrèset les remèdes, M. de Martius l’a attribuéea un Champignon microscopique, qu’il anommé Fusisporium Solani, qui se seraitproduit en immense abondance au milieudu tissu cellulaire des tubercules, et quiaurait pu se propager par infection. On peutconsulter à ce sujet, soit le grand mémoirespécial de M. de Martius, soit la note qu’ila présentée à l’Académie des sciences deParis, le 16 août 1842, et qui a été repro-duite dans les Annal , des sc. nalur., 2 e sér.,t. XVIII, septembre 1842, pag. 141-148.

La seconde de ces maladies a produit deselfets bien plus déplorables encore et pluselendus. Elle a commencé de se manifestera la fin de juillet et au commencementd’août 1845, dans certaines parties de la^algique, de la Hollande, et de là elle s’estrépandue avec une désolante rapidité dansune grande partie de l’Allemagne , de la'■rance, dans la Grande-Bretagne,' etc. Son■utensité a été telle sur plusieurs points,fiu’elle a détruit entièrement la récolte dela Pomme de terre, ou que du moins elleI a réduite à une fraction très faible de sonc fiilTre moyen. Cette année même(l 846), etau moment où nous écrivons, elle s’est ma-

nifestée de nouveau, soit avec les mêmes ca-ractères , soit avec des modifications pro-noncées , sur un assez grand nombre departies de l’Europe , généralement avecbeaucoup moins de gravité, mais aussi, danscertaines localités, et particulièrement enIrlande , avec une intensité si désastreuse,qu’elle .a détruit totalement cet alimentfondamental et presque unique du peupledes campagnes. Cette maladie de la Pommede terre a donné matière à tant d’écritsdans les diverses parties de l’Europe , que,dans l’impuissance d’en présenter ici un ré-sumé, quelque succinct qu’il fût, nous ren-verrons à notre Revue botanique (I), danslaquelle nous avons publié un extraitétendu et détaillé de ces nombreux travaux.Nous nous bornerons à dire ici que cette ma-ladie, nouvelle aux yeux des uns, déjà an-cienne pour les autres, s’est manifestée pardes taches brunes sur les fanes qui n’ontpas tardé à périr, et dans les tubercules parla production d’une matière d’un jaunebrun qui s’est montrée d’abord vers l’exté-rieur pour pénétrer ensuite toute la masseet en amener la décomposition. Nous ajou-terons que deux opinions ont été publiées àcet égard : l’une soutenue par quelquessavants, qui , par analogie peut-être avecl’explication donnée par M. de Martius pourla gangrène sèche, ont attribué tout le malà un Champignon parasite microscopiqueagissant comme cause, qui même ont vouluvoir cette funeste Mucédinée dans la matièrebrunâtre des tubercules malades; l’autreprofessée par la grande majorité des obser-vateurs , qui ont vu dans cette matière bru-nâtre une simple altération des matièresazotées, albumineuses ou autres, contenuesdans le tissu des tubercules, altération quiaurait eu pour cause des influences météo-rologiques anormales. Nous ajouterons quecette maladie n’a pas empêché d’utiliser lesPommes de terre toutes les fois qu’on les aretirées de terre avant qu’elle eût atteint unhaut degré de développement.

2 . Moselle faux-piment, Solanumpseudo-capsicum Linn., vulgairement Ceriselte, petitCerisier d'hiver, Amome des jardiniers. Cette

(i) Vny. Revue botanique (j.nirnal mensuel consacré à labotanique et à scs applications; Paris , chez Frank, rue Ri-chelieu, 69), t rC année, pages I.Î7, 223 , 226, 227,250, 375,56 i, 5 G 5 , 568 .