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Tome huitième.
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MU II

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jolie espèce, si communément cullivéecomme plante d’ornement, est originairede Madère. D'après De Candolle {Fl. franç.,V, p. 417), elle est aujourd’hui naturaliséeau bord des murs, dans le village d’Aretteen Béarn. C’est un joli arbuste sans épines,d’environ un mètre de haut, dont les feuillessont oblongues, lancéolées, péliolées, per-sistantes; ses fleurs sont petites, blânehes,solitaires sur des pédoncules extra-foliacés,et se succèdent pendant tout l’été. Le fruitqu’elles produisent est une jolie baie d’unrouge vif, de la grosseur et de la formed’une Cerise, qui, persistant sur l’arbustependant tout l’hiver, en forme le principalornement et lui a valu ses divers noms vul-gaires. Cette espèce est d’Orangerie ; on lamultiplie de graines.

3. Morelle faux-quinquina , Solanumpseudoquina Aug. St.-Hil., plante très re-marquable par l’amertume extrême et parles propriétés éminemment fébrifuges de sonécorce, que les Brésiliens emploient avecbeaucoup de succès en place, du Quinquina.Elle forme un petit arbre sans épines; sesfeuilles sont oblongues-lancéolées, étroites,aiguës, entières, glabres à leur face supé-rieure, munies à leur face inférieure depetits faisceaux de poils dans les angles for-més par la ramification des nervures.M. Auguste de Saint-Hilaire n’a pu voir sesfleurs; il l’a vue seulement pourvue de sesfruits, baies globuleuses, d’environ 13 mil-limètres de diamètre , réunies en petitnombre en grappes courtes, extra-axillaires.Vauquelin a analysé l’écorce de celte Mo-relle, et il y a reconnu l’existence d’un prin-cipe amer, dans lequel réside probable-ment la propriété fébrifuge , et qui entredans sa composition pour 1/12; de mêmequ’une matière résineuse ou résinoïde ,amère, dans la proportion de 1 /30 ; diverssels, etc.

4. Morellenoiue, Solanumnigrum Linn.,vulgairement Morelle , Mourelle , Crève-chien. Cette plante est extrêmement répan-due dans les lieux cultivés, le long desenclos, etc. Elle est glabre dans ses diversesparties, d’une teinte générale vert sombre.Sa tige est herbacée, rameuse, anguleuse,et s’élève à 3 décimètres environ ; sesfeuilles sont ovales, dentées-anguleuses ,pétiolées; ses fleurs sont petites, blanches,

presque ombellécs, pendantes; il leur suc-cède des baies d'environ 6 ou 8 millimètresde diamètre, noires à leur maturité. LaMorelle noire est une de ces espèces liti-gieuses au sujet desquelles les botanistessont loin de s’entendre; les uns en séparent,en elTet, surtout d’après la couleur desbaies mûres, la villosité, etc., des plantesque d’autres y rattachent comme de simplesvariétés ou comme des formes tranchées, ilest vrai, mais trop faiblement caractériséespour en être séparées. Elle sent le musc d’unemanière très prononcée. Depuis l’antiquité,elle est usitée comme plante alimentairedans certaines contrées , où ses feuillesremplacent celles de l’Epinard et leur sontmême quelquefois préférées. Cependant enFrance elle est négligée presque partout. Sesfeuilles perdent par la cuisson les principesnuisibles qu’elles renferment, et deviennententièrement inoffensives. Ses fruits sontgénéralement regardés comme suspects, oumême comme décidément vénéneux : cepen-dant les observations consignées par M. Du-na], dans son histoire des Solanum, sontloin de confirmer cette croyance populaire ;ce botaniste en a mangé une assez grandequantité sans en être incommodé; il en adonné 40 à un Cochon de mer, 30 à unCoq, sans que ces animaux en aient éprouvéle moindre accident. Il a été reconnu ce-pendant par l’analyse chimique (Desfosscs)que ces baies renferment une certaine quan-tité de Solanine à l’état de rnalate. En mé-decine, les usages de cette plante sont limi-tés à cause de sou peu d’énergie ; cependanton l’emploiecomme narcotique léger, commesédatif, surtout en cataplasmes.

5. Morelle douce-amère , Solanum dul-camara Linn., vulgairement Douce-arncre,Loque, Vigne de Judée. Cette espèce estcommune dans les haies de toute l’Eu-rope. Sa tige est ligneuse, sarmenteuse etflexueuse; ses feuilles sont glabres, ovalesen cœur, aiguës, les supérieures avec deuxlobes basilaires; ses fleurs sont violacées,avec taches verdâtres vers la gorge, et blan-ches dans une variété, en corymbes à peuprès opposés aux feuilles ; il leur succédédes baies ovoïdes, rouges à leur maturité.Le nom de Douce-amère a été donné à cetteplante, parce que son écorce parait d’aboi ddouce au goût et devient ensuite amère. Son