Band 
Tome huitième.
Seite
763
JPEG-Download
 

OEST

763

Mammifère, et choisit pour placer ses œufsla partie du corps qui peut seule convenir àses larves, soit qu’elles doivent y rester, soitqu’elles doivent passer de là dans l’endroitfavorable à leur développement. Le Bœuf,le Cheval, l’Ane, le Renne , le Cerf, l’Anti-lope , le Chameau, le Mouton et le Lièvre,sont jusqu’ici les seuls Mammifères connussujets à recevoir des larves d’OEstres. Tou-tefois, il paraîtrait que des larves d’une espèceparticulière de ce genre, nommée OEstrushominis, attaqueraient l’Homme lui-même ;mais malgré les recherches de plusieurs na-turalistes, ce fait n’est pas encore démontréd’une manière tout-à-fait certaine. Ungrand nombre de personnes se sont occupéesde ce sujet important, principalementMM. Say, Ilowsley , de Ilumboldt, Roulin ,Guérin - Méneville , Justin Goudot , ét sur-tout M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire , qui,dans un rapport présenté en 1838 à l’Ins-titut de France , a résumé d’une manièrecomplète tout ce qui avait été publié sur cesujet, et qui conclut que quoiqu’on n’aitfait aucune observation qui vienne démon-trer, d’une manière directe, la présence delarves d’OEstres dans l’Homme, on ne peutcependant pas, sans outrer le scepticisme ,se refuser à admettre l’existence d’OEstrescutanés dans l’Homme. Enfin , tout récem-ment , M. Joly a lu un travail important àce sujet à l’Académie des sciences (septem-bre 18-16); mais ce mémoire n’étant pasencore publié, nous ne pouvons en par-ler ici.

Les animaux craignent beaucoup l’OEslrelorsqu’il cherche à faire sa ponte. Le séjourdes larves est de trois sortes, qu’on peutdistinguer par les dénominations de cuii-coles, cavicoles et gaslricoles, suivant qu’el-les vivent dans les tumeurs ou bosses for-mées sous la peau, dans quelques parties del’intérieur de la tête, ou dans l’estomac del’animal destiné à les nourrir. Les œufsd’où sortent les premières sont placés par lamère sous la peau qu’elle a percée avec unetarière écailleuse, composée de quatre seg-ments rentrant l’un dans l’autre, armée aubout de trois robustes crochets et de deux au-tres pièces. Les œufs des autres espèces sontsimplement déposés et collés sur quelquesparties de la peau, soit voisines des cavitésnaturelles et intérieures où les larves doivent

OEST

pénétrer et s’établir, soit sujettes à être lé-chées par l’aniinal afin que les larves soienttransportées avec la langue dans la bouche,et qu’elles gagnent de la le lieu qui leurest propre. C’est ainsi que la femelle deI’OEstre du Mouton place ses œufs sur lebord interne des narines de cet animal, quis’agite alors, frappe la terre avec ses pieds,et fuit la tête baissée ; la larve s’insinuedans les sinus maxillaires et frontaux, et sefixe à la membrane interne qui les tapisse aumoyen de deux forts crochets dont la boucheest armée : nous avons dit que c’était aumoyen de la langue du cheval que VOEslrusequi faisait parvenir les larves dans son es-tomac; il en est de même de VOE. hœmor-rhoidalis. C’est généralement autour du py-lore que l’on trouve ces larves parfois engrand nombre, et ce n’est que rarement quel’on en rencontre dans les intestins.

Chez les OEstres, l’accouplement se faitcomme chez la plupart des Diptères , etM. Joly a vu que la femelle reçoit le mâle ,et n'est pas au contraire reçue par lui, ainsiqu’on l'avait prétendu. Toutes les especesdoivent être ovipares, quoique le contraireait été dit : M. Joly a fait des observationsà ce sujet sur l’OEstre du Cheval ; il a re-cueilli des œufs qu’il a placés avec soin dansun bocal, et il a vu naître de jeunes larves.Quant à la forme des larves , nous ne ladécrirons pas ici, toutes celles des OEstridesse ressemblant beaucoup , étayant déjà ditquelques mots de celles des OEstres propre-ment dites à l’article œstre , auquel nousrenvoyons. C’est ordinairement en juin etjuillet que les métamorphoses s’opèrent: leslarves parvenues à toute leur croissance sontrejetées à l’extérieur par l’anus des animauxqui les ont nourries ; elles se transformenten terre en chrysalides, restent quelquetemps dans cet état, puis se métamorphosentenfin en Insecte parfait.

L’anatomie des OEstrides est encore assezpeu avancée , et nous nous bornerons à ci-ter à ce sujet quelques passages du travailde M. Joly. Quoique ces Insectes aient étéquelquefois désignées sous le nom d\ds-tomes ( à, privatif ; avépa , bouche ), ilexiste, au moins dans un assez grand nom-bre d’espèces à l’état adulte, une ouverturebuccale le plus souvent accompagnée de deuxpalpes rudimentaires. Le canal intestinal est