de ia peau peut avoir sa place, mais uneplace très subordonnée dans la caractéris-tique des grands types de variétés. Les teintesnoires se montrent presque immédiatementaprès la naissance et persistent au moinspendant plusieurs générations, et surtoutchez les noirs prognathes, sous les ciels lesplus divers. Ces teintes semblent en outrepénétrer bien au delà de la peau; le sang,les muscles, mais non le sperme comme lecroyaient les anciens, ont une nuance plugfoncée chez les nègres que chez nous.M. Flourens a cru même un moment que lapeau, chez les races colorées, offrait un élé-ment spécial, une couche propre à ces racesetqui manquait à la nôtre, même aux indi-vidus et aux peuples de notre type dont lapeau se fonce plus ou moins ; chez ceux-ci,M. Flourens plaçait le siège de la colorationdans une couche épidermique. Mais plustard il reconnut que l’organisation de lapeau est la même chez tous les hommes,et que lorsqu’elle se colore c’est à l’aided’un même procédé , à savoir par le déve-loppement de la couche pigmentale. C’est,en effet, à des différences dans la quantitédu pigment qui se forme , se dépose et serésorbe que sont dues les teintes variées quenous offrent et la peau et le sang.
Nous prendrons note ici d’un fait dontnous ferons ressortir plus tard l’importance:c’est que, quelle que soit la couleur de la peau,cette couleur est uniforme , sauf quelquesdifférences d’intensité qui rentrent dansune même règle pour toutes les races ; iln’y a pas, en un mot, dans le genre Homme ,ce qu’on appelle en zoologie des livrées, dessystèmes de coloration.
Ajoutons enfin qu’une teinte foncée dela peau entraîne presque toujours, nonseulement les teintes noires des poils, descheveux, maisaussicelles de l’iris; tandis queles teintes claires, grises ou bleues de cettepetite membrane ne se voient guère, commeles cheveux blonds ou roux, que chez lesHommes à peau blanche. Chez ceux-ci lescouleurs des cheveux et de l’iris varient,en effet, passablement : l’iris est générale-ment bleu quand les cheveux sont blonds,plus rarement quand ils sont noirs.
Les différences que présentent entre ellesles diverses populations du globe sous lerapport de leurs aptitudes, de leur dévelop-
pement intellectuel et moral, et par suitesous celui de leur état social, sont dans unecertaine corrélation avec les différences phy-siques , sans qu’on puisse saisir entre lesunes et les autres la raison étiologique decette correspondance. Aux grandes différencessociales, par exemple, à la civilisation spon-tanée et progressive , à la vie nomade etplus ou moins barbare, enfin, à l’état sau-vage, répondent, en général, de grandesdifférences physiques. La diversité des apti-tudes se retrouve aussi à côté de la diver-sité nuancée des caractères nationaux d’unemême race. Mais il est temps que nous pas-sions de cette revue préliminaire et en quel-que sorte abstraite des caractères qui diffé-rencient les principaux types humains àl’étude de ces types eux-mêmes.
11 en est trois qui ressortent au milieu etau-dessus de tous les autres; ce sont troistypes de variétés de premier ordre. Je ne dispas trois races, car la race est une lignée,une famille, au sens historique du mot , etil se pourrait que quoique marquée, engénéral, d’une seule et même empreinte,elle ne fût cependant pas nécessairementet toujours renfermée dans les limites devariation d’un type unique, tandis que d’unautre côté plusieurs races pourraient bienrevêtir les caractères de la même variétégénérale; c’est ce que la suite de ce travailnous dira; mais cette réserve était néces-saire pour ramener à la seule significationque nous puissions accepter en ce moment.dans notre rôle de naturaliste, les grandesdivisions établies par les auteurs dans legenre Homme , et notamment les troisgroupes principaux que Blumenbach , Cu-vier et leurs successeurs ont admis , en yrattachant, comme dérivés ou comme in ter-médiaires, plusieurs types d’un caractèremoins saillant.
Ces trois groupes sont connus générale-ment aujoud’hui sous les noms de variétécaucasique , variété mongole , et variété éthio-pienne ou nègre. Voyons quels sont leurscaractères et quelles populations leur appar-tiennent, quelles se rattachent de près oude loin à chacun d’eux.
I. TYPE OU VARIÉTÉ CAUCASIQUE.
Une tête à forme arrondie, dont le crâne,assez régulièrement ovoïde, domine com-