trouvons certains caractères morphologiques*et autres plus ou moins prononcés; ilsreprésentent aux yeux du naturaliste, etavant tout autre information, une variétéphysiognomique déviant dans une directiondéfinie , et à des degrés très divers, du typeque nous avons rencontré au point de con-tact des trois continents de l’ancien monde.
L’ovale de la tête caucasienne s’altèredans la tête mongole, et donne pour le con-tour de ta face une sorte de losange. Cecitient au développement et à la direction desos rnalaires et de toute l’arcade zygomati-que, qui donne beaucoup de saillie aux pom-mettes et relève les joues vers les tempes.C’est là le trait le plus caractéristique dutype que nous étudions. La courbure del’arcade est telle, que la partie de la tête quidomine celle-ci en prend une apparencepyramidale; en même temps l’angle externedes yeux est relevé et les paupières sontcomme bridées et demi-closes parl’étirementqu’elles éprouvent. Du reste, les dimensionsdu crâne varient : d’un ovale sensiblementmoins long que celui de la variété caucasi-que, le contour vertical contraste sous cerapport avec celui de la tête nègre. Le front,l’espace interoculaire, sont aplatis ; le nez estplus large, surtout inférieurement, que cheznous ; la mâchoire supérieure offre souventun prognathisme plus ou moins manifeste,et, en général, le système de la face présenteun développement proportionnel plus consi-dérable chez les races mongoles que chez lesraces caucasiennes. Les teintes de la peausont généralement jaunâtres, plus ou moinsclaires ou rembrunies, selon les circonstan-ces. Les poils, à quelques exceptions près,sont peu abondants sur le corps, la barbeestfrare; les cheveux, droits, grossiers, sontuoirs , ainsi que l’iris. On rencontre plusrarement ici qu’en Europe des yeux bleusHt des cheveux blonds.
Les peuples qui nous offrent les caractèresde la variété mongole forment trois groupesplus ou moins naturels et occupent trois po-sitions géographiques assez bien limitées.Ce sont : |° le groupe essentiellement conti-nental qui a pour patrie principale le grandPlateau compris entre l’Altaï et l’Himalaya ;2° le groupe des terres boréales; 3° le groupedes régions qui descendent du plateau vers1 est et vers le sud, et qui se terminent par
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les péninsules et les îles baignées par lesmers des Indes et de la Chine .
Groupe du centre.
Les peuples du plateau et ceux qui s’yrattachent, ont peu d’établissements fixes.La plupart sont comme condamnés à la viepastorale et nomade par la stérilité du paysqu’ils habitent; leurs hordes, plus qu’à demibarbares, parcourenten tous sens des steppesimmenses ou des déserts interrompus pardes lacs salés et par quelques oasis. Deleurs demeures primitives, plusieurs deces peuples sont descendus dans les plainesdu nord et de l’ouest, qui ne leur offraientpas de meilleures conditions de vie. Quelquesuns ont, à diverses époques, poussé leurs in-vasions vers le sud, où ils se sont rendusmaîtres de l’Iran ; ils ont fondé plus loinl’empire des Turcs osmanlis; ils ont, enfin,laissé, dans l’occident, de nombreux témoins,ici de leurs conquêtes éphémères, là de leursantiques établissements. Passons rapidementen revue les principales nations de ce groupe,telles que nous les donnent leurs idiomes.
Mongols. Ce sont d’abord les tribus mon-goles. Ces peuples qui se sont rendus célèbreset terribles sous Attila, Gengis et Tamerlan ,sont retirés aujourd’hui sur le plateau et dansles montagnes de l’Asie centrale où ils pro-mènent leurs campements. Les Kalmouks,qui représentent très bien l’ensemble de lanation mongole, nous ont été dépeints parPallas, dans le passage suivant: « Les traitscaractéristiques de la physionomie kalmou-que sont des yeux obliques, déprimés versl’angle interne, et très peu ouverts ; des pau-pières charnues; des sourcils noirs, peu four-nis et formant un arc surbaissé ; un nezgénéralement court et aplati vers le front;des pommettes saillantes ; un visage rond etun crâne approchant de la forme sphérique.L’iris est très brun , les lèvres sont épaisseset charnues, le menton court; les dents,fort blanches, se conservent belles et sainesjusque dans un âge avancé. Les oreilles sontdémesurément grandes et détachées de latête. » Pallas ajoute que, malgré la généra-lité de cette physionomie, il se trouve desindividus des deux sexes qui ont un contourde visage et des traits d’une régularité eu-ropéenne .