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YAR
VAR
lie, dans toute la Sibérie orientale, depuis leJennissei jusqu’à la mer d’Okhotsk, on ren-contre la nation des Tongouses , race distincte,dont la patrie est la Daourie, et qui parle unelangue spéciale, rapportée toutefois aux idio-mes turcs et mongols. Une partie de ce peu-ple conserve ses mœurs barbares et noma-des, tandis qu’une autre, connue plus par-ticulièrement sous le nom de Mandchoux,conquérante et maîtresse de la Chine depuisdeux siècles, s’est civilisée et compte dansson sein de nombreux lettrés. Les Tongousesnomades ont, au rapport de Pallas, le visageencore plus aplati et plus large que celuides Kalmouks, peu ou point de barbe, etressemblent un peu aux Samoyèdes. EnChine et sous l’influence de deux sièclesde civilisation, les traits de cette race con-servent leurs caractères, toutefois à un moin-dre degré et avec plus d’exceptions indivi-duelles. « Nous avons observé, dit J. Bar-row, plusieurs individus, hommes et femmes,qui avaient la peau très blanche et le teinttrès fleuri; quelques uns avaient les yeuxd’un bleu clair, le nez droit ou aquilin, lescheveux bruns ; les hommes avaient la barbetrès forte et très touffue, et ressemblaientbeaucoup plus à des Grecs qu’à des Tarta-res. » On se demande, en lisant cela, si levoyageur anglais s’était bien assuré que cesbeaux individus mandchoux fussent deshommes de race pure, de vrais Tongouses .
Turcs. Les Turcs composent une famille depeuplesdistinctedesMongols,etquise trouverépandue aujourd'hui depuis le nord de laChine jusqu’en Europe . La plupart des Turcssont encore nomades, et ce sont les tribuserrantes de cette grande nation qu’on dési-gne communément sous le nom de Tarlares ,désignation que Klaproth , Rémusat, Balbietd’autres ethnographes recommandent de nepas confondre avec celle des Tatars , laquelleappartient à des peuples rattachés aux Mon-gols. Parmi les Turcs nomades, on compteles tribus orientales, telles que les Yakouts ,les Turcs sibériens, les Kirghiz, les Turco-mans, les Usbeks. Les Osmanlis, fondateursde l’empire turc et conquérants de Constan-tinople , ont des établissements fixes et unecivilisation qui remonteà peu près à l’époquede l’hégire. Plusieurs peuplades tartares desgouvernements russes, sont également civi-lisées depuis quelques siècles. Or on remar-
que une différence considérable entre lesTurcs nomades et les Turcs sédentaires. Lespremiers ont conservé le type mongol et enportent quelquefois les caractères jusqu’àl’exagération; tels sont, par exemple, lesKirghiz, hordes barbares qui errent dans lesplaines salées et la région ouralienne, aunord du Turkestan . Un front saillant, desyeux allongés et couverts , un nez très aplatià sa racine, des joues renflées et commebouffies, une barbe généralement rare,souvent frisée, une petite^stature, des formespeu musculeuses font des Kirghiz une nationdes plus laides. Les femmes, dit-on, sontbeaucoup mieux que les hommes, et mêmed’une physionomie agréable.
Les Usbeks , qui parlent la même langueque les Kirghiz et paraissent leur cire alliésde près , mais qui vivent sous un climattempéré, sont grands et bien faits. Tandisque les tribus nomades, depuis les Cosaquesaux Yakoutes, nous offrent dans les carac-tères du crâne et des traits de la face le typemongol, les Turcs civilisés, tels que les Tar-tares de Casan, les Osmanlis se distinguentpar des formes plus ou moins caucasiennes.Les auteurs qui, à l’exemple de Cuvier,font des Turcs un rameau caucasien sous lenom de rameau scythe ou tartare , attri-buent les traits mongols des tribus noma-des à des mélanges avec les peuples de laMongolie , et pensent que le vrai type turcest celui des Osmanlis de l’empire ottoman.Mais le petit nombre des vrais Mongolscomparé à celui des Turcs nomades qui leurressemblent plus ou moins par les traits ,rendrait cette opinion bien difficile à sou-tenir, si, indépendamment de la différencedes langues , l’on ne savait que les Turcssont, comme les Mongols et les Tongouses ,originaires de la haute Asie. Us descendentd’un peuple puissant et très ancien , celuides Hiong-nu, bien connu des historienschinois.
Le type mongol s’est corrigé, avons-nousdit, chez les Osmanlis. En effet, la tête apris une forme sphérique, le front s’estélevé et élargi, le nez est droit, sans dé-pression à sa racine, sans épatement à sonextrémité. Toutefois ces têtes turques neressemblent pas complètement aux têtes eu-ropéennes; elles s’en distinguent surtoutpar le relèvement assez brusque de la région