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occipitale. Chez les Tartares civilisés de laRussie , ce caractère n’existe pas. Doit-onattribuer cette transformation du type mon-gol en type caucasien , aux alliances desOsmanlis avec des femmes de cette dernièrevariété, ou doit on y voir, comme M. Pri-chard, un effet de la civilisation? La pre-mière opinion me paraît au moins aussiplausible que la dernière, malgré l’objectionque M. Prichard lui oppose, en faisant re-marquer qu’en Turquie les grands seulspeuplent leurs harems d’esclaves géorgien-nes ou européennes; les alliances desTurcsne se réduisent pas à celles qui ont lieudans les harems. Conquérants d’une popu-lation caucasienne nombreuse, tant en Asie qu’en Europe , les Osmanlis se sont modifiésdepuis qu’ils sont mêlés à cette populationet qu’ils en disposent. Je crois que M. Pri-chard accorde trop d’influence à la civilisa-tion des Turcs ottomans ; elle est relative-ment récente, et je ne vois pas qu’en Chine la même cause , qui agit depuis bien pluslongtemps, ait fait disparaître le type mon-gol.
Il faut compter au nombre des nationsqui paraissent avoir habité très ancienne-ment la haute Asie , les peuples ongres ouhugriens, nommés quelquefois race oura-Uenne. Leurs hordes s’étendaient autrefoisjusqu’au sud de la Scandinavie et ont laissé,dans la mémoire des races voisines, des sou-venirs de haine et de frayeur qui attestentdes luttes longues et terribles. Refoulés parles peuples germains, ces Hugriens occiden-taux se retirèrent d’abord dans les monta-gués Scandinaves, d’où ils inquiétèrent long-temps encore, par leurs incursions et leursbrigandages, les habitants de la plaine. Au-jourd’hui ces terribles Iotuns ou Titans dessagas du nord , ces ennemis des dieux etQes hommes, se réduisent aux Lapons ,descendants des Lapps, et aux Finois, dontles ancêtres, sous le nom de Finns , ontlaissé leur nom attaché à plusieurs localités,et composent en Finlande , en Esthonie eten Livonie , le fond de la population. Lestnêmes peuples se retrouvent ou nomadesc °mme les Lapons , ou sédentaires commeles Finlandais, dans la Russie septentrio-nale, puis nous atteignons au delà de l’Ou-ral les Ostiaks et lesYogules, nomades assezmisérables, dont paraissent s’être détachés
à des époques très différentes, d’abord lespeuples précédents , puis plus récemmentles Madgyars ou Hongrois , descendant desOstiaks de l’Oby.
Le type mongol est plus reconnaissablechez les hordes nomades que chez les popu-lations civilisées de cette famille hugrienne.Il n’est toutefois jamais aussi prononcé quechez les nations précédentes, et, selon Pallas,les Ostiaks nomades ressemblent plus auxFinois civilisés qu’aux Samoyèdes de l’Oby,qui ont, dit-il, beaucoup de rapport avecles Tongouses . La petite race qui nous oc-cupe paraît avoir quitté de très bonne heurela patrie mongole, comme ses idiomes l’in-diquent, et avoir perdu, loin du centre, unepartie de ses traits asiatiques, sans cepen-dant se confondre, civilisée ou non , avecles races dont elle partage maintenant lesterritoires et, jusqu’à un certain point, lesmanières de vivre. On peut se faire une idéedes modifications auxquelles elle a été sou-mise par les différences de climat et d’ha-bitudes, en comparant les Lapons aux Finois.Anciennement ces deux peuples n’en fai-saient qu’un , et rien n’indique qu’ils diffé-rassent physiquement l’un de l’autre. Au-jourd’hui ce sont comme deux rameaux trèsséparés, ou pour mieux dire, très divergents,car, on trouverait encore entre eux des in-dices de commune origine, en tout cas destransitions, certains Lapons se rapprochantdes Finois et réciproquement. Soumis àl’action d’un climat extrême, condamnés àune vie difficile, précaire, les Lapons sontmaigres, petits, assez forts néanmoins etsurtout très agiles. Leur tête est proportion-nellement grosse ; elle offre avec le crânerond, les pommettes écartées, le nez largeet plat des Mongols , un front avancé, desyeux couverts.
Le teint des Lapons est d’un jaune brun,leurs cheveux sont généralement noirs. LesFinois qui jouissent des avantages de la vieagricole sous un climat par cela même moinsrigoureux que celui de la Laponie , prennentles belles proportions de leurs voisins lesSuédois ; ils sont grands, bien faits, et leurstraits, tout en conservant un caractère derace , se rapprochent beaucoup du type eu-ropéen . En même temps, mieux abritéscontre les intempéries du ciel, les Finoisprennent le teint clair des Scandinaves;