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Tome treizième.
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dont l’Océan n’entame pas la masse compacte, élevée en plateau sur sa plus grandeétendue, devait imprimer à sa populationun caractère général. En effet, tous les peu-ples de l’Afrique , à l’exception de ceux qui serattachent historiquement à des races étran-gères, portent une empreinte commune.Mais cette empreinte n’est pas partout éga-lement prononcée; elle se nuance beaucoup,se rapprochant tantôt du type caucasien,tantôt du type mongol. Déjà nous l’avonsyu apparaître en Égypte, chez la race égyp-tienne proprement dite, mais très dominéeencore par les caractères caucasiques. Ellese prononce davantage en Nubie , puis dansle Darfour, dans le Soudan , dans la Séné-gambie ; mais elle ne se complète réellementque chez les peuples plus méridionaux ,surtout chez ceux de la côte sud-ouest,toute part faite aux exceptions; enfin, dansl’Afrique australe , quelque chose de mongolvient modifier, dans un autre sens, les traitsafricains . Ces traits caractéristiques se trou-vent pleinement réalisés chez la plupart desnègres de la côte de Guinée. Le crâne estallongé, étroit aux régions temporales ; lemaxillaire supérieur s’incline et se projette,ses apophyses montantes sont très écartéesen bas, très rapprochées en haut, et laissentpeu d’espace pour les os propres du nez, quise trouvent ainsi refoulés vers le frontal.L’arcade zygomatique offre un écartementlatéral assez prononcé, ce qui tient en par-tie ici à la dépression des fosses temporales.Un nez écrasé à sa racine, épaté, jeté enavant par la projection de la mâchoire; degrosses lèvres couvrant des dents proclives;une mâchoire inférieure assez longue pours’accommoder à la supérieure; un œil brun,à sclérotique jaunâtre, bien découvert parles paupières; enfin des cheveux courts,crépus, feutrés comme une toison, peu debarbe, composent les principaux caractèresextérieurs de la physionomie nègre. Ajoutonsque le bassin, en particulier, et le tronc, engénéral, ont moins de développement enlargeur, dans ce type que dans les autres;il y a là comme une tendance vers les for-mes des quadrumanes, toutefois avec unedifférence marquée entre les deux sexes.Les membres supérieurs sont aussi propor-tionnellement longs; les inférieurs, un peuarqués en dedans, se font remarquer par

l’élévation et l’aplatissement des mollets,par le défaut de cambrure interne du pied.Enfin les nègres ont la peau douce, fraîcheet teinte de nuances plus ou moins brunesou noires. Leur sueur, dit-on, est d’uneodeur forte et spéciale, et leurs parasites se-raient différents des nôtres.

La plus grande partie de la populationafricaine est morcelée en petites peupladesplus ou moins sauvages, menant la vie declan ou de tribu, à peu près sans industrie,fétichistes, en guerre les unes contre les au-tres, tendant par elles-mêmes à descendre età s’amoindrir, plutôt qu’à s’élever et à gran-dir. Ici les senssont plus exercés que l’intelli-gence ; peu d’effort, peu d’initiative, beau-coup d’impressionnabilité et par conséquentde mobilité, donnent au caractère les quali-tés et les défauts de l’enfance; et cepen-dant on trouve chez ces hommes enfants desinstincts de soumission et de fidélité remar-quables, aussi bien que des haines profondeset opiniâtres.

Soumise à l’influence des races supérieu-res, l’intelligence et la nature morale dunègre se montrent capables, quoi qu’on enait dit, d’un développement qui ne permeten aucune façon de les soupçonner d’uneinfériorité native. Le mahométisme a créé ,dans le Soudan , des États assez civilisés ; ila relevé, partout où il les a atteintes, les tri-bus jusqu’alors sauvages de ces races, et lesCafres, qui ont conservé des traditions et descoutumes par lesquelles ils se rattachentaux peuples civilisés, jouissent d’un état so-cial plus avancé que les nègres de la côteoccidentale. Leurs campements sont des es-pèces de villes très populeuses; ils joignentla culture de la terre au soin des troupeaux ;ils dépassent le fétichisme et conçoivent unedivinité supérieure , croient à l’immortalitéde l’âme, offrent des sacrifices, pratiquent lacirconcision.

Les limites de ce travail nous interdisentd’entrer dans le détail de ces nombreusestransitions qui existent entre le type nègrele plus prononcé, entre certaines tribus de lacôte de Guinée, et les beaux noirs des rivesdu Sénégal et de la Gambie (Iolofs et Man-dingues), ceux du Soudan (Felatahs), ceuxde la Cafrerie et de Mozambique . Mais nousdevons une mention particulière à la race laplus méridionale du continent africain , à la